IV, ch. III
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JUGEMENTS
Dans ses descriptions, M. de Butibn cherclie toujours ce qu'iî y a de plus ^particulier dans le caractère des animaux; il le fait ressortir, et chacun de ses portraits a de la physionomie; il y mêle toujours quelque allusion à l'homme, et riiomme, qui se cherche dans tout, lit avec plus d'intérêt l'histoire de ces êtres dans lesquels il retrouve ses passions, ses qualités et ses faiblesses. »
Sai.nt-Lambert, Réponse au discoun de Vicq-d'Azyr, 11 déc. 1788.
Heureux le philosophe systématique à qui la nature aura donné, comme autrefois à Épicure, à Lucrèce, à Aristote, à Platon, une imagination forte, une grande éloquence, l'art de présenter ses idées sous des images frappantes et sublimes! L'édifice qu'il aura construit pourra tomber un jour; mais sa statue restera debout au miheu des ruines, et la pierre qui se détachera de la montagne ne la brisera point, parce que ses pieds ne sont pas d'argile. Didehot.
Une si longue suite de descriptions semblait devoir être monotone et ne pouvoir intéresser que les savants. Mais le talent a su triompher de ces obstacles. Esclaves ou ennemis de l'homme, destinés à sa nourriture ou n'étant pour lui qu'un spectacle, sous le pinceau de Buifon, excitent alternativement la terreur, l'intérêt, la pitié ou la curiosité. Le peintre philosophe n'en appelle aucun sur cette scène toujours attachante, toujours animée, sans marquer la place qu'il occupe dans l'univers, sans montrer ses rapports avec nous.
CoNDORCET, Eloge de Buffon.