‹ Cours de littérature à l'usage des divers examensChapitre 29 sur 94 · C. de Litt. — coRNEiM-E (Le Cid · texte numérisé non relu

C. de Litt. — coRNEiM-E (Le Cid

Jns'iifier ce jugement de Corneille clans YExamen du Cid : « Bien que ce soit celui de mes ouvrages réguliers où je me suis permis le plus de licence, il passe encore pour le plus beau auprès de ceux qui ne s'attachent pas à la dernière sévérité des règles. »

Comparer les deux entrevues de Rodrigue et de Chimène, en faisant ressortir Tutililé dramatique de la seconde, et réfuter ainsi ce jugement de l'Académie sur l'entrevue de l'acte V : « L'entretien qu'ils y ont ensemble est si ruineux pour l'honneur de Chimène, et découvre tellement l'avantage que sa passion a pris sur elle, que nous n'estimons pas qu'il y ait guère de chose pkis blâmable en toute la pièce. »

Faire dans le Cid la part des idées contemporaines, et expliquer ainsi en partie son succès.

Comparer les caractères du vieil Horace et de Géronte {Mmtcur), au caractère de don Diègue, en faisant ressortir les traits communs, modifiés par la différence des situations.

Opposer Chimène, la jeune fille espagnole, à Pauline, la femme romaine. N'y a-t-il rien de commun entre elles?

Discuter ce jugement du prince de Conti, dans son Traite de la comédie (1659) : « Le récit même de la défaite des Maures est

LE CID Tô

fort ennuyeux et peu nécessaire à l'ouvrage, étant certain qu'il n'y avait nulle rigueur en ce temps-là contre les duels, et n'y ayant pas d'apparence que la sévérité du roi de Castille fût si grande en cette matière, contre la coutume de son siècle, qu'il n'en pût bien pardonner deux par jour, même sans le prétexte d'une victoire aussi importante. »

Ètes-vous de l'avis de l'abbé d'Aubignac qui, en rendant justice aux beautés du Cid, affirme pourtant que « la pièce n'est pas finie »?

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Dans son Projet d'un traité sur la tragédie, Fénelon raille le désespoir ampoulé et fleuri des amants de tragédie et cite comme exemple les strophes de Rodrigue : « Percé jusques « au fond du cœur... ■> Jamais douleur sérieuse, ajoute-t-il, ne parla un langage si pompeux et si affecté. » Qu'y a-t-il de vrai, qu'y a-t-il de contestable dans ce jugement?

Villrfr.iii.'lii-.l.' Itou.-i-n,'. — ,1. Mai.l.Miv im|,r.

Coiumcut Corneille a imité Tite Live. — I^'esyrît de l'antiquité clans Horace.

S'il est une tragédie qui appartienne en propre à Corneille, c'est assurément Horace. Aucune n'est mieux faite pour montrer à quel point, au xvn« siècle, l'imilalion n"était pas un esclavage. Nous ne savons s'il est vrai que Corneille ait voulu répondre aux détracteurs du Ckl, en prouvant qu'il élait capable d'inventer; mais il est certain qu'ici, en suivant Tite Livo, il a eu beaucoup à tirer de son propre fonds. Dans le Cid, inimitable sans doute à celui dont il est imité, il n'y a guère qu'une situation qui soit tout à fait originale, celle de la seconde entrevue des deux amants; pour Horace, au contraire, l'histoire ne lui donnait qu'une situation fort simple et, en apparence, fort insuffisante au développement d'un drame : celle d'un combat dont il était difficile de renouveler le récit, suivi d'un assassinat dont il était plus difficile encore de pallier l'odieux.

L'étude de la narration oratoire, déjà toute dramatique, de Tite Live, est une préface nécessaire à l'étude du drame de Corneille. On peut lemarquer qu'elle s'ouvre par un rapide exposé des causes qulfirent éclater la guerre, une guerre piesque civile, entre les Albains et les Romains. Si l'on oubliait celte commuiKuité d'origine, ces liens de tout genre qui unissaient deux peuples voisins et parents, on comprendrait mal une tragédie dont le principal intérêt vient précisément de là. Horace et Curiace ne pi'rsonnilîent-ils pas Rome et Albe? Lt si Horace semble avoir tout oublié pour ne plus voir que Rome, Curiace ne se souvient-il pas de « cette douce lelii^'ion de la •communauté des villes latines »? Avant lui, le ilictaleui' d"AII>e

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