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Dans VÊpUrc dédicatoire d'Horace, Corneille se félicite de 1 honneur qu'il a d'('//'t' à Son Éminence. Que pensez-vous de celte expression? N'en peut-on pas expliquer et excuser l'humili'.é apparente? En jetant un coup d'ceil sur la situation des hommes de lettres au xvii« siècle, montrer que pour eux « être à (|uclqu'un » c'était le seul moyen d'être quelque chose, et que leur indépendance n'en soulfrait pas autant qu'on pourrait le croire.
Comment Corneille a-t-il su tirer parti du récit de Tile Lire dans les Uoraccs ?
Difficulté que bravait Corneille en prenant pour fond de sa tragédie un simple récit historique, assez dramatique d'ailleurs, mais qui ne semblait pas devoir lui fournir la matière de cinq actes.
Comment il a su tout à la fois conserver ce récit et le rajeunir en le coupant, en prolongeant l'intérêt par les péripéties qu'il en fait sortir. Comparer au récit de Tite Live, vraisemblable et brillant, le récit beaucoup plus fort de Corneille, et montrer comment Corneille lui a donné la forme dramatique.
Après les ressemblances et les dilférences de détail, signaler la différence capitale qui est dans la situation des personnages, et surtout dans la création du personnage de Sabine ; prouver ainsi que le caractère de Sabine, si critiqué, a sa raison d'être, et que la famille apparaît chez Corneille auprès de la patrie, tandis que la patrie apparaît surtout chez Tite Live.
Conclure en faisant remarquer que le récit délite Live et la tragédie de Corneille sont au fond inspirés du même esprit, et que ce qui y domine, c'est, d'une part, l'autorité paternelle toute-puissante à Rome, de l'autre la puissance divine, qui est ù toute heure invoquée.
« Notre versification trop gênante engage souvent les meilleurs poètes tragiques à faire des vers chargés d'épithètes pour .'ittraper la rime. Pour faire un bon vers , on l'accompagne d'un autre vers faible qui le gâte. Par exemple, je suis charmé quand je lis ces mots :
Qu'il mourût;
mais je ne puis souffrir le vers que la rime amène aussitôt :
Ou ([u'un beau désespoir alors le secourût. »
Que penser de ce jugement de Fénelon dans sa Lettre à l'Acadéiirie?
Villifranche-de-lîouergiie. — J. fclardouï, impr.
La date et le succès de « Cînna >.
La première représentation de Cinna est de 1640, et non de 1639, comme on l'a cru longtemps, d'après le témoignage des frères Parfait : celle d'Horace, qui est évidemment antérieure, se place en effet au 9 mars 1640. Horace et Cinna sont d'ailleurs deux pièces sœurs, inséparables l'une de l'autre, et remplissant tout Tentre-deux entre le Cld et Polyeucte. Corneille les a rapportées de Rouen, où les dégoiits de la querelle du Cid l'avaient contraint à chercher un repos, d'abord découragé, puis laborieux et fécond. 11 semble abandonner l'Espagne pour Home, mais pour une Home encore espagnole, « castillane », selon le mot de Sainte-Beuve, et vue à la lumière de Sénèque et de Lucain, ces Homains d'Espagne.
Ici encore, il crée plus qu'il n'imite : une page du traité de Sénèque sur la Clémence lui suffit pour écrire Cinna, comme quelques pages de Tite Live lui avaient suflî pour écrire Horace. Home était alors à la mode au théâtre aussi bien qu'à l'hôtel de Hambouillet. Balzac surtout avait prêté aux Romains un caractère et un langage un peu tendus, dont l'élévation conlinait à l'emphase. L'éclatant succès de Cinna ne sera donc pas dû seulement à des beautés supérieures , mais aussi à des beautés plus oontcstablos, faites pour plaire aux contemporains de Balzac et à Balzac lui-même. Il ne faut donc pas s'étonner si, dans une lettre célèbre, dont on trouvera un extrait plus loin, Balzac salua les Romains de Corneille, fièrc postérité (les siens. Déjà il était intervenu en faveur du Cid : mais le souvenir de la grande bataille est déjà loin. Corneille règne l>aisiblement au théâtre ; plus dallaques et de ripostes pas-