‹ Cours de littérature celtique (volume 2)Chapitre 21 sur 108 · ÉPHORE · texte numérisé non relu

ÉPHORE

étendue. Les Celtes habitent à partir du couchant d'été et jusques au couchant d'hiver (1).

Suivant le même Ephore, les Celtes possédaient la plus grande partie de la péninsule ibérique jusques à Cadix (2). Strabon, écrivant trois siècles et demi plus tard, constate, en son livre IV, c.4,.^6 (3), que de son temps les Celtes détenaient dans la péninsule un territoire moins grand. Il en conclut qu'Ephore se trompe. C'est une des nombreuses circonstances où Strabon se montre dépourvu de sens critique. Entre la date où écrivait Ephore et celle où Strabon tenait la plume, deux faits importants avaient changé la situation politique de la péninsule : le premier avait été la conquête carthaginoise, sous lesBarcides, de l'an 237 à l'an 219 avant notre ère ; le second était la conquête romaine, commencée immédiatement après le départ d'Annibal pour l'Italie et terminée par l'empereur Auguste quelque temps avant l'époque où écrivait Strabon. Le principal effet de ces deux conquêtes avait été de réduire beaucoup l'influence des Celtes dans la péninsule ibérique. Il n'y a donc aucune raison pour rejeter la doctrine d' Ephore sur l'étendue considérable du territoire occupé par les Cel-

(1) C. et Th. MùUer, Frufpnenla hisloricoi-um graeconim, t. I, p. "243, 244. fragment 38.

(2) C. et Th. Miiller, ibid., p. 245, fragment 43; cf. t. III, p. 457, fr. 104, 105.

(3) Edition donnée clioz Didot par C. Millier et F. Diibner, p. 1G5, 1. 37-40; Cougny, t. I, p. 144-145.

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tes dans la péninsule ibérique au quatrième siècle avant J.-C.

Strabon, au même endroit, ajoute que. suivant Ephore, les Celtes aiment les Grecs, sont ^tXéXXr,v£ç (1) et qu'ils punissent d'une amende les jeunes gens trop gros, quand leur ceinture dépasse une longueur déterminée (2). Le tout est exact comme peinture de la Celtique au quatrième siècle avant J.-C.

Ephore savait aussi que les Celtes habitaient une région sujette à être inondée par la mer : ce sont les Pays-Bas de la géographie moderne. Une inondation comme celle qui, au moyen âge, a produit le Zuyderzée, avait eu lieu, paraît-il, au temps d'Ephore, puis la mer s'était retirée et les Celtes avaient rebâti les maisons détruites par les flots. Les Celtes, dit Ephore, n'ont peur de rien ; ils attendent que les eaux aient submergé leurs maisons, puis ils rebâtissent. Les eaux leur enlèvent plus de monde que la guerre (3) (cf. ci-dessus, p. 55).

(1) Strabon, 1. IV, c. 4, g H, édition donnéo chez Didot, par G. Millier et F. Diibner, p. 105, 1. 40; Cougny, p. 144-145; C. et Th. Mùllor, Franmanln hisloricorum graecovum , t. I, p. 245, fragment 43; cf. Scymnos de Ohio, vers 183-186; C Mûller, Geographi graeci miiwres, t. I, p. Wl.

(2) Strabon, I. IV, c. 4 , g (], édition donnéo chez Didot par C. Mûller et F. Diibner, p. 1G5, 1. 37-40; et les autres éditions citées dans la note précédente.

(3) Strabon, 1. VII, c. 2, g 1, édition donnée chez Didot par C. Mûller et F. Dûbner, p. 243, 1. 33-30; Cougny, t. I, p. 210-211; C. et Th. Mûller, Fragmenta historicorum graecorum , t. I, p. 245, fr. 44.

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