PÉRIPLE DE SCYLAX
séquence l'âne n'y peut nailre. On trouve la même assertion dans VHistoire des animaux, 1. VIII, c, 28, S 5 (i) : en Celtique, il ne naît point d'âne, parce qu'il y fait trop froid. L'âne originaire d'Afrique, importé d'abord en Italie, plus tard au nord des Alpes (2), n'était pas encore complètement acclimaté en Celtique au quatrième siècle avant J.-C.
D'Aristote est contemporain le périple dit de Scylax, SxuXa?, qui parait dater du milieu du quatrième siècle avant J.-C. On y voit, § 18, que les Celtes n'avaient atteint la mer intérieure que sur un point, au fond de l'Adriatique (3).
Les côtes françaises de la Méditerranée étaient en la possession des Ibères et des Ligures entre les Pyrénées et le Rhône, des Ligures seuls entre le Rhône et l'Italie, sauf les colonies grecques dont la principale était Marseille, § 3, 4 (4). Ici le périple s'accorde avec Aristote qui, dans les Météoro-
(1) Edition Didot, t. III, p. 169, 1. 32-33; Cougny, t. V, p. 8-9.
(2) O. Schrader, Reallexicon dcv indogermnuischcn Allerlumskunde, t. I, p. 206.
(3) C. Millier, Geographi graeci minores, t. I, p. 25; Cougny, t. I, p. 312-313; D. Bouquet, t. I, p. 90. On suppose que le Périple dit de Scylax date de l'an 356 av. J.-C. Christ, g 258, p. 365; cf. Croiset, t. II, p. 549.
(4) Geographi graeci minores, t. I, p. 17-18; Cougny, t. I, p. 310-311; D. Bouquet, t. I , p. 96 B.
§ 18. KPHOUE. 57
logiques, 1. I, c. 13, § 30 (1), met en Ligurie, frepl T>,v Aty'^^Ttxr^v, et iiou en Celtique, la perte du Rhône, à son entrée en France au sortir de Suisse. Aristote savait que ce fleuve était navigable ; les commerçants de Marseille le remontaient en barque jusqu'à kl perte. C'est par eux que la connaissance de ce phénomène naturel est arrivé jusqu'en Grèce et aux oreilles d'Aristote.
Au teuqis où écrivait Aristote, Ephore, 'Kcpopoç, composait ses 'I<jTop(at ([ni se toruiinaient en 340 (2). Cet ouvrage est perdu, mais nous en avons des extraits conservés notamment [lar Strabon (premier siècle après J.-C.) et par le Byzantin Cosmas Indicopleustes qui écrivait au sixiému siècle de notre ère. Ephore, en son quatrième livre, disait que quatre peuples occui)aient les extrémités du monde, à l'Orient les Indous, au midi les Ethiopiens, ù l'occident les Celtes, au nord les Scythes. Le pays des Indous et celui des Celtes qui lui fait vis-à-vis sont, dit- il, moius grands que le [lays des Ethiopiens et que celui des Scythes, tous deux d'égale
(1) Eilition Didot, t. III, p. J70, 1. 47-50; Cougny, t. I , p. 312-
(2) Sur Ephore, consulter Christ, g 255, p 3G0-3G1, et Croiset, t. IV, p. 655-662.