‹ Cours de littérature celtique (volume 2)Chapitre 46 sur 108 · CICÉRON · texte numérisé non relu

CICÉRON

viiice romaine, à Cenabum, Orléans, où les insurgés les massacrent (1).

Six ans après le discours joro Fonteio, c'est-à-dire en l'année 63 avant notre ère, dans la troisième harangue de Cicéron contre Catilina, on voit reparaître le nom des Allobroges. Leurs députés, envoyés à Rome pour demander à être mieux traités par le gouverneur de la province, sont sollicités d'entrer dans la conjuration de Catilina dont ils livrent les secrets au gouvernement régulier (2).

En l'année 56, dans son discours sur les réponses des haruspices, § 18, Cicéron dit que les Romains sont plus pieux, plus religieux que les autres peuples , mais il reconnaît que les Gaulois l'emportent sur eux par la force physique, robore ; les Carthaginois, par la ruse ; les Grecs, par le sens artistique, et les autres italiens par un certain sens naturel (3). Ce discours est un des textes à consulter sur les Galales Brogitaros et Dêiotaros.

La même année, Cicéron prononça son discours : De provinciis consularibus, doni le résultat fut de conserver à Jules César le gouvernement des deux Gaules, l'une Cisalpine, l'autre Transal-

(1) De hello gallico, 1. VII, c. 3, g 1.

(2) Edition C. F. W. Mûller, partie II, vol. II. p. 275 et suiv.; Nobbe, p. 424 et suiv.; D. Bouquet, t. I, p. 657. Cf. à ce sujet Salluste, De conjuratione Calilinae, c. 40, 41, 44, 45, 50, 52; édition donnée en 1887 chez Teubner par R, Dietsch, p. 20, 21, 22, 25. .31 ; D. Bouquet, t. I, p. 300.

(3) Edition C. F. W. Mûller, partie II, vol. II, p. 522, 1. 21-26; édition Nobbe, p. 494; D. Bouquet, t. I, p. 657 E.

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pine. On y voit clairement apparaître aussi la distinction entre les Germains et les Gaulois, inconnue encore au temps où Marius vainquit les Cimbres et les Teutons. Mais Cicéron a beau savoir que les Gaulois et les Germains sont deux peuples différents, il croit toujours que les Cimbres et les Teutons sont gaulois. « C. Caesar, dit Cicéron au » § 32, a été faire la guerre aux Gaulois, dont » avant lui nous nous étions bornés à repousser » les attaques. Nos généraux croyaient qu'il fallait » se contenter de résister aux agressions de ces » peuples et ne pas les aller chercher; C. Marius, » lui-même, dont le divin et excellent courage » releva le peuple romain abattu par des pertes » douloureuses, ne lit autre chose que de vaincre )) les innombrables troupes des Gaulois envahis- » sant l'Italie, il ne pénétra ni dans leurs villes, » ni dans leur pays (1). »

La victoire de Marius sur les Cimbres date de l'année 101 avant J.-C. C'est seulement vingt-huit ans plus tard, en 73 que nous voyons apparaître dans l'histoire romaine la distinction des Gaulois et des Germains. Une révolte d'esclaves menace l'état romain de ruine; parmi ces esclaves on distingue deux partis : l'un a le Thrace Spartacus à sa tête, et veut éviter le combat ; l'autre, commandé par Crixus, est composé de Gaulois, compatriotes

(1) Edition C. F. W. Millier, partie II, vol. III (188G), p. 126; édition Nobbe, p. 535-536; D. Bouquet, t. I, p. 658.

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de Crixus, et de Germains; il prétend livrer bataille : Crixo et geniis ejusdem Gallis et Germanis obviam ire et ultro off erre pugnam cupientibus, contra Spartacus (1). Salluste a écrit ces mots dans le troisième des cinq livres de ses Historiae, dont le dernier se termine en l'an 67 avant J.-C.

Vingt ans après la révolte des esclaves, Jules César ayant pour la seconde fois passé le Rhin, 53 avant J.-C, crut avoir saisi une idée nette de la distinction entre les Gaulois et les Germains; il l'exposa dans son sixième livre rédigé deux ans plus tard, comme le reste des « Commentaires de la guerre des Gaules, » vers l'an 51 avant notre ère. Mais cette distinction était connue de Cicéron,dès l'année 56, quoique bien moins nettement. César en effet savait que les Cimbres et les Teutons étaient Germains, Cicéron les croyait Gaulois. »

Dans le môme paragraphe du discours de provindis consular ibiis , Cicéron parle de la révolte des Allobroges en 61 et de leur défaite par C. Pomptinius (2). Il dit aussi un mot des batailles livrées avec succès par Jules César aux Germains et aux Helvètes, en l'année 58, la première année de la guerre des Gaules. Le premier passage du Rhin

(1) Rudolfus Diotsch, Gai Sallusli Crispi quae supersunt {1859), t. II, p. 87, 1. IG, '20 {Hisioriarum reliquiae, I. Ill, c. 67); cf. MûllenhofF. Deutsche Aliertumskunde, t. II, p. 155.

(2) Cf. Cassius Dio, 1. XXXVII, c. 47, 48; Cougny, t. IV, p. 226- 227; Mommsen , Rômische Geschichte, 6' édition, t. III, p. 224.

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par Jules César est postérieur à ce discours, il date de l'année suivante 55.

En 53, trois ans après ce discours, de nouveau Cicéron, dans le troisième livre, § 15 et 16, de sa République, reproche aux Gaulois leurs sacrifices humains. Il dit aussi que, considérant comme honteuse la culture du blé, les Gaulois vont, les armes à la main, moissonner les blés des autres peuples; il ajoute que Rome empêche les Transalpins de cultiver la vigne et l'olivier, le but de cette prescription étant de rendre plus profitable cette culture en Italie (1).

De l'année 45, celle qui précéda la mart de Jules César, date le plaidoyer de Cicéron pour le roi Galate Dêiotaros (2), personnage dont il est aussi question dans d'autres écrits du célèbre orateur.

Passons à celle des œuvres de Cicéron qui ont été composées après la mort de Jules César, 15 mars 44.

De l'année 44 et du 6 juin, date une lettre de L. Munatius Plancus à Cicéron, insérée dans les œuvres du fameux orateur, Epistolae ad diversoSj ou ad familiares, 1. X, ep. 23. La date du lieu est Cularo dans le territoire des Allobroges, c'est Grenoble (Isère) (3).

(1) Edition Nobbo, p. 1191; C. F. W. MûUer, partie IV, vol. II (1898), p. 337.

{'2) Edition Nobbe, p. 594-598; C. F. W. Mûiler, partie II, vol. III (188G), p. 344-358.

(3) Edition Nobbe, p. 740; C. F. W. ]\Iùllcr, partie III, vol. I (189G), p. 283-'?85; D. Bouquet, 1. 1, p. GGO E.

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En 44 aussi fut écrit le premier livre du De divinatione, au §90 duquel Cicéron nous apprend que Dêviciacos était druide (1), fait de haute importance dont Jules César avait négligé de parler. Dans le même passage, Cicéron rappelle le voyage de Dêviciacos à Rome, voyage mentionné par Jules César, en son 1. VI, ch. 12, § 5, du Z)e bello Gallico.

Au § 20 de la troisième philippique (2), prononcée le 19 décembre de l'an 44 avant J.-C, Cicéron se moque d'Antoine qui serait arrivé par la mine des Gaulois, per Gallorum cuniculum, au Capitole où était convoqué le Sénat. C'est une allusion au siège de l'année 390.

La cinquième philippique a été prononcée le 1" janvier 43. Aux § 8-9, Cicéron parle du danger qu'offrirait Antoine, s'il était investi du gouvernement de la Gaule, et il félicite D. Brutus de l'avoir empêché d'entrer en Gaule (3).

Pythéas est le premier des Grecs qui ait été en Grande-Bretagne, Jules César est le premier écri-

(1) Edition Nobbe, p. 247; C. F. W. Miiller, partie IV, vol. II (1898), p. 179; D. Bouquet, t. I, p. 662 CD.

(2) Edition Nobbe, p. 618; C. F. W. MûUer, partie II, vol. III (1886), p. 423, 1. 33-35; cf. D. Bouquet, t. I, p. 658 E.

(3) Edition Nobbe, p. 621 ; C. F. W. Muller, partie II, vol. III (1886), p. 433-434; cf. D. Bouquet, t. I, p. 659 B.

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