VALÈRE MAXIME
nent l'an 30 après J.-C. (1). Velleius Paterculus est cependant, au point de vue celtique, très intéressant à consulter. Par exemple, il est le plus ancien auteur qui nous donne la date à laquelle a été fondée la colonie de Narbonne, an 636 de Rome, 118 avant J.-C. (2); il parle, quoique en termes un peu courts, des révoltes en Gaule sous Tibère (3).
Nous serons également très brefs sur Valère Maxime, dont les neuf livres, Factorum et dictorurn memorabilium , ont été achevés postérieurement à la mort de Séjan, 31 après J.-C. (4); c'est un ouvrage de rhétorique, mais où l'on trouve cependant des indications bonnes à recueillir, tel l'usage gaulois de prêter de l'argent à charge de le rendre dans l'autre monde, apitd inferos^ dit le
(1) Tcuffel-Schwabc, g 278; t. II, p. Gfi5-G69; Schanz, 1' partie, 2« section, g 420 b-'ai n, p. 18f.-i;)5.
(2) Velleius Paterculus, 1. I, c. 15, g 4 ; 2° éd. flonnée chez Teubner par Fr. Haasc, en 1874, p. U ; cf. Corpus inscriplionum latinariim, t. XII, p. 521.
(3) L. II, c. 121, g 1, 3 ; c. 129. g 5; éd. Ilaase, p. 88, 93, 94. Voir des extraits de Velleius Paterculus chez D. Bouquet, t. I, p. C09, et chez Pétrie et Thomas Duffus Hard}', MoTiumenla hislorica brilannica, t. I, p. xxxv.
(4) Tcuffel-Schwabc, g 279; t. II, p. GG9-G73 ; Schanz, 2° partie, 2* section, g 423, p. 195-201. Dos fragments de Valère Maxime concernant les Gaulois ont été réunis par D. Bouquet, t. I, p. G65-G66; cf. Pétrie et Thomas Duffus Hardy, Monnmenta hislorica brilannica, t. I, p. xxxiv-xxxv.
texte de l'auteur latin (1); mais non, ce n'était pas dans les enfers, sous terre, c'était au grand jour, dans le royaume mystérieux des morts, à l'extrême occident, que se devait faire la restitution.
Il y a dans la Chorographia de Pomponius Mela (2), qui semble avoir été écrite en 40 ou 41 après J.-C, des détails historiques d'une haute importance pour ceux qui conçoivent l'utilité de la chronologie.
Un sénalusconsulte rendu sur la proposition de l'empereur Tibère, par conséquent entre les années 14 et 37 do J.-C, avait supprimé les Druides, sustulit Druidas (3); c'est-à-dire les avait déclaré supprimés.
Le résultat de ce sénatus-consulte ne fut que la suppression du culte public et de l'enseignement au grand jour. Les Druides se cachèrent dans les cavernes et au fond des forêts, aul in specii, aut in
(1) Valerius Maximus, 1. II, c. 6, g 10; édition donnée chez Teubner par Cliarles Ilalm (1865), p. 81 , 1. 19-24; cf. Pomponius Mela, 1. Ill, g 19; édition donnée chez Teubner par Ch. Frick (1880), p. 60, 1. 3-5.
(2) Sur Pomponius Mêla, voyez Tcuffol-Schwabe, g 296, p. 720-722 ; Schanz, 2° partie, 2» section, g 443, p. 362-364; cf. Préface de Charles Frick, édition précitée, p. v; D. Bouquet, t. I, p. 49-52; Pétrie et Thomas Duffus Hardy, t. I, p. vii-viii, civ.
(3) Pline, 1. XXX, g 13; édition Jan, t. IV (1859), p. 235, 1. 7-10; D. Bouquet, t. I, p. 06 CD.
abditis saltihus; c'était là que sous Tibère et Caligula, 14-41 après J.-C, ils donnaient leur enseignement, un enseignement celtique , en concurrence avec l'enseignement officiel romain que recevaient à Autun, dès l'an 21 de notre ère, les jeunes nobles gaulois appartenant aux familles romanisées (1). Les Druides n'osaient plus sous Tibère et Caligula mettre à mort des victimes humaines : un sénatus-consulte del'année de Rome 657, avant J.-C. 97, rendu exécutoire en Gaule, prohibait les sacrifices humains ; en conséquence, vers l'an 40 de notre ère, et probablement quelques années plus tôt, les Druides se contentaient de faire à leurs victimes humaines une petite saignée dont elles ne mouraient pas (2).
Mais l'empereur Claude, 41-54 après J.-C, interdit aux Druides toute cérémonie du culte, Dryidarum religionem... poiitus abolevit (3). Leurs élèves constatant que leur enseignement ne menait à aucune fonction publique , les abandonnèrent; aux Druides il ne resta que la médecine (4)
(1) Tacite, Ab excessu Avgusti, 1. Ill, c. 43, g 1 ; 4° édition donnée chez Teubner par C. Ilalin, t. I (1884), p. 105; D. Bouquet, t. I, p. 423 D.
(2) Pomponius Mela, 1. Ill, g 18-20; édition de Charles Frick, p. 59; D. Bouquet, t. I, p. 51 B.
(3) Suétone, Divus Claudius, c. 25; édition «lonnce chez Teubner, en 1875, par Charles-Louis Rotli, t. II, p. 1G1 ; D. Bouquet, t. I, p. 372 B.
(4) Pline, 1. XVI, g 249-251; édition L. Jan , t. III (1857), p. 45, 1. 1-21 ; D. Bouquet, t. I, p. 02 AB.
et leurs prétentions prophétiques (1). Les Druides sont une espèce de prophètes et de médecins, dit Pline vers l'an 77 de notre ère , ge7ius vatiim medicorumque{^). Que valaient leur médecine et leurs prophéties? Tel était le rôle misérable auquel ils étaient réduits, après avoir cumulé les fonctions de prêtres, sacrificateurs, professeurs et juges, et avoir ainsi tenu un rang supérieur à celui des rois.
(1) Tacite, Hisloriae, 1. IV, c. 54; 4* édition donnée par C. Halm chez Teubner, t. II (1885), p. 182; D. Bouquet, t. I, p. 439 E.
(2) Pline, ). XXX, § 13; édition L. Jan,l. IV (1859), p. 235, 1.7- 10; D. Bouquet, t. I, p. 66 CD.