‹ Cours de littérature celtique (volume 2)Chapitre 90 sur 108 · PANÉGYRIQUES · texte numérisé non relu

PANÉGYRIQUES

gentilice Esuvius est dérivé du nom divin gaulois Esus que j'ai proposé de considérer comme le nom primitif du liéros irlandais Cûchulainn. Il est question des Tetricus dans d'autres vies que les leurs, dans celles de Lollianus (1), de Claude (2), d'Aurélien (3). On voit dans la dernière que Tetricus vaincu figura à Rome dans le triomphe d'Aurélien; il y portail un manteau rouge sur une tunique jaune et sur des culottes à la mode gauloise, bracae gallicae. Il devint ensuite correcteur de Campanie, et son fils sénateur de Rome. Ainsi Aurélien les traita mieux que Jules César n'avait agi à l'ésard du malheureux Vercingétorix.

La collection des panégyriques date des règnes de Dioctétien et de Constantin, sauf le premier adressé à Trajan par Pline le jeune, l'an 100 de notre ère, et sauf les deux derniers adressés aux empereurs Julien et Théodose, l'un on 362, l'autre eu 389 (4). Les indications historiques sur la Gaule,

(1) Tyranni triginta, c. 5. §3,5; Hermann Peter, t. II, p. 94, I. 10, 11, 20, 21 ; D. Bouquet, t. I. p. 539 B.

(2) Claudius, c. 7, g 5; Hermann Peter, t. II, p. 127, 1. 2S-29.

(3) Aurelianus, c. 32, g 3, 4; c. 32, g 2; c. 39, g 1 ; Hermann Peter, t. II, p. 159, 1. 9-15; p. 160, 1. 12-15; p- 1C3, 1. lC-17; D. Bouquet, t. I, p. 540 B.

(4) Teuffel-Schwabc, g 391, p. 983-987; g 401, 6. p. 1012; g 417, 7, p. 1052-1053; g 42C, 5, p. 1086; Schanz, 3« partie, g 578-591,

§ 113. PANÉCrYIUQUES. 311

les lies Britanniques y sont très nombreuses.

Citons le discours adressé par le rhéteur Eumène au praeses provinciae Lugdunensis primae, en 297, pour la restauration des écoles d'Autun (1) qui, comme on l'a vu plus haut, existaient déjà sous l'empereur Tibère, en l'an 21 de notre ère (2).

Sur les invasions des Pietés et des Irlandais dans la partie romanisée de la Grande-Bretagne, il y a un passage intéressant dans le panégyrique adressé à Constance Chlore par un auteur inconnu, probablement le même Eu mène, aussi en 297, où il est dit que les habitants de la Grande-Bretagne n'ont pas d'autres ennemis que les Pietés et les Irlandais encore à demi nus et qu'ils sont habitués- à leurs hostilités (3).

p. l'21-13S; I). Bouquet, t. I, p. TlO-îîî; Pctrie et Thomas DufTus Ifardy, Monumentu hislorica irilannica, t. I, p. LXVI-LXX.

(1) Edition donnée chez Tcubner, en 1874, par Emile Baehrens, p. 117-131 ; D. Bouquet, t. I. p. 711-712.

(2) Tacite, Ab excpssu Axtgusli, 1. III, c. 43; édition donnée chez Tcubner par C. Ualm, t. I, 1884, p. 105; D. Bouquet, t. I, p. 4-:î3 D.

(3) » Solis [Britanni) Pictis modo et Hibernis assueta hostibus adliuc scminudis; » édition Baclircns, p. 140, I. 10-11; Pétrie et Thomas Duffus Hardy, Monumenta liislorica brilannica , t. I, p. LXVII.

POST-SGRIPTUM.

C'est du commencement du quatrième siècle que parait dater l'itinéraire dit d'Anlonin, si important pour la géographie de l'empire romain ; l'itinéraire de Bordeaux à Jérusalem remonte à l'année 333(1).

Julien l'Apostat, 'louXtavoç, né en 331, eut de 356 à 360 le gouvernement de la Gaule avec le titre de César et fut empereur de 360 à 363 date de sa mort (2).

(1) Teuffel-Schwabe, g 41^. 1, "2, t. II, p. 1039-1040; D. Bouquet, 1. 1, p. 102-1 1 1 ; Petric et Thomas Duffus Hardy, Monnmenta hislorica Britannica, t. I, p. xx-XXil. Pour la Galatie, voir dans l'édition Parthey et Pindcr, Berlin, 1848, les p. 91-95. Sur les régions celtiques d'Europe, on peut consulter surtout, dans la même édition, les pages 103-lOG, 108-142, 162-190, 197-234, 241, 249, 261- 267, 272, 289, 290.

(2) Christ, § G03, 604, p. 809-813; Croiset, t. V, p. 895-902; D. Bouquet, t. I, p. 722 731; Pétrie et Thomas DufTus Hardy, Monumenla hislorica Britannica, t. I, p. lxx, lxxi; Cougny, t. VI, p. 122-123.

314 §§ 115, 116. JULIEN l'apostat, libaxios.

Il f3St soavenl question de la Gaule et des Gaulois dans ses écrits.

Ainsi, dans le livre intitulé Mtaoïrojyojv , « Ennemi de la barbe », il parle de la petite ville, -i^oki/yri des Parisii, cette Lucetia qu'il aime, w cpiXr,v Aouxertav: c'est une petite lie dans un fleuve, cette île est entourée d'un mur. et on y pénètre des deux rives du fleuve par des ponts de bois; l'eau de ce fleuve est excellente à boire ; dans cette ville il ne fait pas froid l'hiver, le voisinage de l'Océan en est cause ; on y a de la vigne et des figuiers, qu'on empaille en hiver (1).

Dans sa lettre seizième, adressée à son ami le philosophe Maxime, il lui parle d'un usage celtique mentionné aussi dans l'anthologie grecque : quand le mari dont la femme vient d'accoucher craint de n'être pas le i)ère de l'enfant qui vient de naître, il met cet enfant sur un bouclier et pose le bouclier sur le Rhin. Si le bouclier et l'enfant surnagent, l'enfaut est déclaré légitime (2).

Le rhéteur Libanios 314-393 (3) était lié avec Ju-

(1) Edition donnée chez Teubner, 1875-187fi, par F. C. Hertlein, t. II, p. 438; D. Bouquet, t. I, p. 728 DE.

(2) Edition Hertlein, t. II, p. 495; D. Bouquet, t. I, p. 730 DE; cf. Anlhologia palatina, IX, lib, edition donnée cliez Didot par F. Diibner, t. II (1872), p. 24-25.

(3) Christ, g 599, 600, p. 803-809; Groiset, t. V, p. 87G-S83; D.

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