‹ Cours de littérature, conforme au plan d'études des LycéesChapitre 10 sur 109 · P0B8IB · texte numérisé non relu

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durée varie sensiblement. Un critique italien a remarqué que la prononciation française allonge constamment la dernière syllabe des mots masculins et la pénultième des mots féminins^ Cette règle souffre peu d'exceptions , et il en résulte que presque toutes les autres syllabes de nos mots sont brèves. La première conséquence a tirer de ce principe , c'est qu'un nombre égal de syllabes peut fournir des mesures fort inégales , et qu'un vers français , composé exclusivement de syllabes chargées de l'accent temporel, serait réellement beaucoup plus long qu'un vers qui n'en contiendrait que trois ou quatre sur douze. Ceci va devenir plus clair par des exemples. Prenons le vers suivant :

La raison du plus fort est toujours la meilleure.

Selon le principe posé , ce vers est composé de quatre anapestes, c'est-k-dire de huit brèves et de quatre longues. Fabriquons maintenant un vers composé de monosyllabes accentués :

Lac, prés, bois, moûts, ifs, pins, eaux, mers, flamme, airs»

[tout fuit.

Voilà un vers qui , sous le rapport de la durée , est au précédent comme douze est k huit. Cette différence d'un tiers est choquante , et on voit clairement qu'elle résulte du nombre des accents".

1. En France, les Gascons ont l'accent tonique , les Normands déplacent Taccent temporel , et c'est là le vice de leur prononciation.

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