Page
Le rhythme eD est facile, il est mélodieux :
L'hexamètre est plus beau, mais parfois ennuyeux.
Ce vers se partage inégalement en deux hémistiches , dont le premier se compose de deux pieds et le second de trois ^ le repos y est moins marqué que dans l'hexamètre, et il admet l'enjambement. Marot, La Fontaine, Voltaire et Gresset ont connu tous les secrets de ce rhythme, facile en apparence, mais qui demande réellement beaucoup d'art , un goût délicat et une oreille exercée, pour échapper à la négligence et à la monotonie.
Le vers de huit syllabes n'est pas soumis a la règle de la césure, mais il est capable d'une harmonie musicale par le mouvement de la période et la combinaison des accents. Malherbe , dans ses strophes de dix vers, en a tiré de puissants effets.
Le vers de sept syllabes, tout catalectique qu'il est, nen est pas moins mélodieux. Il suffit, pour s'en convaincre , de lire la fable de La Fontaine * qui commence ainsi :
Jupiter, voyant nos fautes.
Dit un jour du haut des airs :
Remplissons de nouveaux hôtes Les cantons de Funivers, etc.
Malherbe et J. B. Rousseau Font employé dans la strophe de dix vers formée d'un quatrain et de deux tercets.
Le vers de six syllabes est un demi-alexandrin. H va rarement seul, et se combine heureusement avec l'hexamètre, comme dans la strophe si connue de Malherbe :
Elle était de ce monde où les plus belles choses
Ont le pire destin; Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
L'espace d'un matin.