‹ Cours de littérature, conforme au plan d'études des LycéesChapitre 62 sur 109 · Ce vers traduit très-heureusement · texte numérisé non relu

Ce vers traduit très-heureusement

Spreiseque iQ^vrla formoB. Vikgiu, £n., <%. I. -

parlant de Thomme de bien qui se cache pour faire de bonnes oeuvres. On peut rapporter a cette figure la similitude des chules, qu'on appelle Fomœoptote, et celle des désinences , ou Hémœotéleule.

Il faudrait y joindre la Gradation, le Pléonasme, la Répétition, si ces figures n'étaient pas mieux placées parmi les figures de pensée ; car si .on dispose les mots dans un ordre progressif, et si on les redouble, c'est pour donner plus de relief et de force à la pensée.

Des tropes.

Les figures qui nous ont occupes Jusqu'à présent ne portent pas sur le sens des mots; celles qu'on désigne sous le nom de Tropes transportent, étendent ou restreignent la signification. Les tropes présentent les mots dans une acception autre que le sens propre : lorsqu'on dit d'un héros : ce lion s'élançait, lorsqu'on appelle un prince dissolu Sardanapale, lorsqu'on dit qu'un village se compose de cent feux, le lion n'est pas le roi des animaux, Sardanapale, le prince d'Assyrie, et feuœ devient synonyme de maisons. La figure modifie le sens : il y a changement ou trope.

Un mot est pris dans le sens figuré lorsqu'en vertu d'une comparaison mentale on le transporte de l'objet qu'il représente à un autre objet qui lui ressemble. Cette manière de s'exprimer s'appelle une Métaphore.

La Métaphore découle d'une comparaison complète dans l'intelligence, et dont les termes sont supprimés dans le langage. Quand Voltaire, au lieu de nommer Fénelon et Bossuet, écrit :

Le cygne de Cambrai , Taigle brillant de Meaux ,

BBÉTORIQUE. 193

il fait entrer deux métaphores dans sa périphrase , et ces métaphores expriment, sous une forme abrégée , la comparaison qu'il a faite, d'un côlé , entre la pureté, l'harmonie, la grâce du style de Fénelon et le chant du cygne, et , de l'autre , entre l'élévation et l'audace des idées de Bossuet et le vol de l'aigle * . Quelquefois la métaphore franchit un degré de plus; elle ne se contente pas de supprimer la formule de comparaison, elle fait ellipse de l'objet même et passe au langage symbolique. C'est ainsi qu'un de nos poètes^, en vertu d'un rapprochement mental entre l'aigle et Napoléon, nous dit avec une hardiesse heureuse :

Il a placé si haut son aire impériale.

La métaphore est ici k sa seconde puissance, car le poète ne nous a pas montré l'aigle, et le trône est devenu le nid du roi des oiseaux. Lorsque Delille, traduisant Virgile, écrit :

A travers les débris , rennemi furieux Poursuit rapidement son cours victorieux,

le mot cours, employé pour course, suppose une comparaison mentale entre l'armée qui se précipite et les eaux d'un fleuve ou d'un torrent*. Ce vers de Casimir Delavigne :

1 . Les idées accessoires doiyent se raUacber à la métaphore et la continuer. Nos jeunes écrivains négligent trop souvent cette règle ; les mattres l'observent fidèlement. C'est ainsi que Racine fait dire à Ësther ;

Accompagne mes pas Derant ce Rer lion qnl ne te connaît pas ; Comnande, en me tofant, que son coarroux s'apaise, Et prête à mes discours an charme qnl Inl plaise.

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