‹ Cours de littérature dramatiqueChapitre 8 sur 76 · II · texte numérisé non relu

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50 DB U PIÉTÉ FILULI.

dans rhistoire ou au théâtre, de fier pafrieien , eet impitoyable ennemi du peuple a pour sa mère la tendresse d'un enfant, et le vieux poète Hsonly, le premier qui ail mis Goriolan sur la scène française, a su bien représenter la pieuse et tendre affection du héros pour sa mère :

Plus content d'apporter à ma mère, vainqueur, ^

Une joiç muette, une lyesse (Joie) au cœur.

Recevoir sa louaage et sa douée einbrassée.

Qu'avare, ni'enrichir d'une proie entjissée.

Ces vers ont une naïveté qui tient beaucoup , je l'avoue, à l'imperfection de la langue, mais qui exprime aussi d'une manière heureuse le contraste, qui nous plaît dans Coriolan, d*ttn oaiaetève orgueiUeus et dur, et d'un attachement respectueux et deux pour sa mère.

Shakspeare , dans sou Coriolan, a fait aussi de l'amour filial le sentiment principal de son héros; mais la lutte qui s'élève, dans l'âme de Coriolan, entre son respect pour sa mère et sa haine contre les Romains, n'est pas le seul intérêt du drame, Shakspeare ne met pas seulement en scène le caractère de Coriolan, il y met son histoire.

Shakspeare qui, à titre d'Anglais, comprenait, quoique sous Elisabeth, les passions des assemblées populaire^, s*est plu à représenter le peuple réuni au Forum, un jour d'élection, ses émotions, ses préjugés, son orgueil, son inconstance, les conversations et les bruits de la place publique , Coriolan briguant le consulat, les tribulations et les ennuis de la candidature, insupportable^ surtout à la fierté

CHEZ LES MODBANBS. 51

pfttrtci^ne'; rien ne mahqùeà ce tableau. Ailleurs le peuple est assemblé pour juger Coriolan ; les tribuns l'accusent. Ménénius Agrippa, dont le poète anglais fait le représentant des patriciens modérés, défend Coriolan; mais Coriolan, bouillant d'orgueil et de colère ) interrompt ce prudent défenseur^ aimant mieux être condamné' par ses juges, qu'humilié par ses amis sôus prétexte d'être sauTé; et son orgueil, plus eticore l'orgueil de l'homme que l'orgueil du patricien, éclate dans ces terribles paroles : < Et moi, je vous bannis de moi et voue condamne à rester dans cette enceinte en proie à votre inquiète inconstance !«.. Conserves toujours le pouvoir de bannir vos défenseurs , jusqu'à ce qu'à la fin votre aveugle stupidité^ qui ne voit les maux qu'à l'instant qu'elle les sent, vous livre, conune les captifs les plus avilis, les plus dégénérés, à quelque nation qui s'empare de vous sans coup férir. Ainsi, dédaignant à cause de vous ma patrie, je lui tourne le dos. Loin de vous, il reste Tùnivers. b

A ces adieux hautains , le peuple répond par l'insulte.

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