‹ Cours de litterature dramatique (volume 2)Chapitre 38 sur 63 · LE DÉVOUEMENT DANS LE MARIAGE · texte numérisé non relu

LE DÉVOUEMENT DANS LE MARIAGE

connaissante de l'amoui qu'elle ins;iirc et qu'elle ressent. Il a intitule son lécit : VAmour dans le mariage^ pour enseigner au monde de nos jours que la tendresse qui s'accordo avec le devoir ne perd, rien de sa force, et que l'amour n'a pas besoin d'être coupable pour être ardent. Il n'y a pas d'amante plus passionnée que lady Russel, ni qui ex[)rime plus vivement sa passion. Je ne sais pas ce que le péché ajouterait d'ardeur à cette passion; je vois seulement ce que le devoir y donne de pureté et de charme.

« Si je savais mieux parler, écrit lady Russel à son mari, je me ferais justice à moi-même en exprimant bien à mon bien-aimé Russel de quel parfait bonheur je jouis à toutes ces nouvelles marques de tendresse qu'il nie donne chaque jour. Telle est leur charmante vertu, que j'ai beau savoir tout ce qui me manque pour mériter un si grand bien, je ne doute pas un moment de son amour.... » Et huit ans plus tard, — car ce sont les sentiments de l'amour et du bonheur conjugal, non les charmes de la lune de miel, que M. Guizot a voulu montrer; — huit ans plus tard, lady Russel écrivait encore à son mari : « Mon bien-aimé, la chair et le sang ne peuvent avoir de leur bonheur un sentiment plus vrai et plus vif que ne fait votre humble et dévouée femme. Je suis charmée que vous vous plaisiez tant à Stratlon ; puissiez-vous vivre pour vous y plaire toujours pendant cinquante ans! Et puissé-je , si Dieu le permet, y jouir pendant tout ce temps de votre société, à moins qu'il ne vous arrive un jour d'en désirer une autre ! »

Page 1