AGLAURE
Moi , je sens quelque chose au mien Qui ressemble a»3ez à la joie.
Allons, le destin nous envoie Un mal que nous pouvons regarder comme un bien*.
Corneille , qui finit la pièce commencée par Molière, et qui mit son génie dans quelques scènes ,
1 Lettre XIII.
2 Molière, Psyché, acte I, scène 5.
Corneille a vivement exprimé aussi la jalousie des sœurs de Psyché dans le moment où, transportées par Zéphire dans le palais que l'Amour a bâti pour Psyché, elles admirent avec colère le séjour enchanté qu'habite leur sœur. Ce palais magnifique, ces jardins délicieux , ces nymphes empressées à servir Psyché, ces concerts invisibles qui charment les oreilles, tout cela est. pour leur sœur : comment n'être pas jalouses? comment supporter que Psyché, qu'elles croyaient livrée aux embrassements de quelque monstre affreux et punie de sa beauté, soit traitée en reine ou plutôt en déesse ? Ce qui les irrite surtout, c'est l'idée que l'amant ou l'époux de Psyché est jeune, beau, charmant; que c'est un dieu sans doute, à voir sa puissance, et un dieu amoureux , à voir les plaisirs dont il entoure Psyché ' .
La Fontaine, qui a raconté les aventures de Psyché dans un récit mêlé de vers et de prose, La Fontaine exprime avec plus de naïveté encore que Corneille la jalousie des sœurs de Psyché. Transportées par Zéphire dans le palais de l'Amour, elles n'ont pas pu voir aussitôt leur sœur qui dormait encore, et les nymphes leur ont fait faire antichambre : premier grief. « Comment ! on les avait fait attendre que leur sœur fût éveillée ! Était-elle d'un autre sang? avait-elle plus de mérite que ses aînées? Leur cadette être une déesse, et elles de chétives reines! La moindre chambre de ce palais valait dix royaumes comme ceux de leurs maris! Passe encore pour des richesses ; mais de la divinité ! c'était trop. Hé quoi !
1 Acte 'V, scène 1