XXX VI
Dans la Lettre à d'Alemhert contre les spectacles, étudiez Rousseau comme homme et comme critique, et expliquez le critique par l'homme.
(Fontenay-aux-Roses. — Leçon.)
Circonstances dans lesquelles Rousseau a publié la Lettre à d'Alembert; sa brouille avec ses amis. Lire la préface. Expliquer par là le ton passionné de la lettre.
Les relations antérieures avec d'Alembert, Rousseau collaborateur de l'Encyclopédie. L'article Genève; Rousseau Genevois. Ecrit-il par patriotisme? par hostilité aussi contre Voltaire qui essaye d'introduire le théâtre à Genève et qui, Rousseau le sent, a inspiré, sinon dicté l'article de d'Alembert?
Pure rancune personnelle? Non. Tout Rousseau est là comme dans les autres écrits. Unité de la doctrine ou du sentiment- La nature, épisode des Montagnons. Le théâtre attaqué aussi dans la Nouvelle Héloïse.
Ici donc deux choses à distinguer: sentiment individuel plus ou moins passager, idée générale plus ou moins fausse ou vraie.
Sentiment individuel : discussion sur le Misanthrope; Rousseau et Alceste, Philinte et Diderot. Ainsi entendue, la critique n'est plus vraiment critique.
L'idée générale : discussion sincère. Le point de vue chrétien: Pascal, Bossuet et Rousseau. Le point de vue du Genevois qui veut préserver sa patrie d'un mal dont elle ne souffre pas encore. Le point de vue de l'homme de la nature, en face du théâtre souvent factice du xvme siècle. Réponse de d'Alembert : le plaisir.
Qui a raison? Bien des choses sont fausses dans l'œuvre de Kousseau, excessive comme toutes les œuvres passionnées, mais elle était neuve alors, elle n'a pas cessé d'être suggestive. Le difficile — et c'est le caractère de l'œuvre entière de Rousseau — c'esl d'y faire avec sûreté le départ entre le faux et le vrai. Mais telle est encore sa puissance d'action sur nous, qu'il nous force à penser après lui, alors même que nous ne pouvons être d'accord avec lui.
Gomment vous y prendriez-vous pour expliquer à des élèves de troisième année la différence qui existe entre le style d'écrivains aussi personnels que Montesquieu, Rousseau, Voltaire, Buffon? Essayez de relier par quelque idée générale les exemples que vous citerez.
Konlenay-aux-Roses. — Leçon.)
Caractère et importance du sujet, qui semble d'abord littéraire et historique à la fois, puisqu'on ne peut étudier le style des grands écrivains du xvme siècle sans étudier leur œuvre, le but qu'ils ont voulu atteindre, le public ou les publics différents à qui ils se sont adressés, en un mot le siècle entier, sous ses aspects successifs.
D'où la nécessité de ne pas faire entièrement ab straction des dates. Premier groupe qui apparaît : Montesquieu et Voltaire, nés en 1G89 et 1604, au moment où le xvnG siècle s'achève et déjà s'altère.
Par où ils sont du siècle qui finit, et par où du siècle qui commence. Différence entre la raison et l'esprit dans les deux siècles.
Littérature nouvelle plus faite pour plaire et pour agit;, moins désintéressée et moins harmonieuse : les « effets » chez Montesquieu dans les Lettres persanes, même dans l'Esprit des lois. Goût plus simple et style plus pur chez Voltaire. Mais le langage perd en couleur ce qu'il gagne en vivacité. Montrer que la différence du style chez ces deux grands écrivains lient à la différence de leur vie, de leur caractère, de leur œuvre.
Au second plan, Buffbn (1701), le vraixvme siècle : études nouvelles, la science alliée de la philosophie, mais plus sereine. Théorie du style empruntée à la nature même; ordre et mou-
vement, unité el variété. Montrer surtout chez Buffon l'unité, unité de la période et du développement correspondant à l'unité de l'œuvre et de la vie. Opposition facile à Voltaire. Marquer de préférence les différences avec Montesquieu : même besoin d'être intelligible, mais moyens différents, accommodés à une œuvre et à un public qui ne sont plus les mêmes.
Lente évolution de l'esprit public jusqu'au moment tardif où Rousseau, né en 1712, commence à écrire (observer que Diderot, né un an après Rousseau, mais qui a écrit plus tôt, est déjà très différent de Voltaire). Langue nouvelle nécessaire à l'expression, moins de pensées nouvelles (comme chez Buffon) que de sentiments nouveaux : force contenue, fermeté de ton, solidité de trame (Sainte-Beuve), densité et trempe inconnues jusqu'alors (Taine). langue « sévère et animée d'un feu contenu, formes savamment disposées comme une armée en bataille, logique qui serre la pensée comme un faisceau d'armes » (Doudan).
Ampleur, émotion, couleur. Pourquoi il devait sentir ainsi (l'homme et la société), parlerainsi (l'orateur), écrire ainsi.
Caractère commun : la propagande des idées, le besoin d'être compris et suivi. Chacun, venu à des moments différents du siècle et accomplissant une œuvre différente, a eu le style qu'il devait avoir. En résumant les qualités de ces écrivains, mettre en lumière la richesse des formes que peut revêtir la langue française, surtout, mais non pas uniquement, raisonnable.
Comparer le sentiment de la nature chez la Fontaine et chez Rousseau.
(Fontenay-aux-Roses. — Leçon.)
Rousseau considéré comme ancêtre des misanthropes et des ncompris modernes. Prendre pour point de départ l'appréciation du caractère d'Alceste dans la Lettre sur les spectacles.
(Fontenay-aux-Roses. — Leçon.)
Que pensez-vous du principe de la « nature » appliqué par
Rousseau à la pédagogie, à la politique, à la littérature, à la conduite de la vie ?
(Fontenay-aux-Roses. — Leçon.)
Développer cette pensée de J.-J. Rousseau : « C'est par la famille, la petite patrie, que le cœur s'attache à la grande pairie. » (Seine. — Brevet élémentaire, juillet 1889. Aspirantes.)
Expliquer et commenter cette maxime de J.-J. Rousseau : « Nul ne peut être heureux s'il ne jouit de sa propre estime. » (Lot. — Brevet élémentaire, juillet 1889. Aspirantes.)
Expliquez cette pensée de Rousseau : « L'approbation des gens de bien est la seconde récompense de la vertu sur la terre. « (Aube. — Brevet supérieur. — Aspirants, 1890.)