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CINQUIÈME ANNÉE

Lire des descriptions de la nature de Rousseau, Bernardin de Saint-Pierre, Chateaubriand, Loti, et indiquer d'après ces lectures le progrès qui s'est accompli du xvme siècle à la fin du xixe dans la manière d'interpréter et de décrire la nature.

(Toulouse. — Lycée de filles.)

J.-J. Rousseau, dans la Nouvelle Hélolse, relève le défaut des maximes universelles : il remarque que chacune des circonstances où nous nous trouvons offre toujours quelque particularité qui nous dispense de nous appliquer à nous-mêmes les maximes que d'ailleurs nous appliquons aux autres.

Est-ce vrai? Que conclurez-vous de vos commentaires pour l'éducation morale?

(Saint-Gloud. — Devoir de morale.)

Montrer de quels éléments principaux se compose ce qu'on appelle le sentiment de la nature, et de quelles beautés nouvelles eî diverses il a, depuis J.-J. Rousseau surtout, enrichi les lettres françaises.

(Certificat d'aptitude ai; professorat des écoles normales. — Aspirantes, I8î»7.)

De quelles qualités nouvelles Rousseau a-t-il enrichi la langue française? Que manquait-il à la langue de Voltaire? Que manque-t-il, d'autre part, à celle du novateur?

(Fontenay-aux-Roses. — Devoir de seconde année.

Montrer ce qui distingue Rousseau des écrivains de son temps et par où son influence s'est exercée sur les écrivains du nôtre.

(Professorat des écoles normales. — Aspirantes, 1895.)

« J.-J. Rousseau, ditAmiel, est un ancêtre en tout. » Établissez le bilan de cet héritage qu'il nous a laissé et dites si, tout considéré, la part du bien vous y paraît dépasser celle du mal.

(Fontenay-aux-Roses. — Devoir de seconde année.)

Rousseau prêche le retour à l'état de nature. Voltaire plaide la cause de la société. Qui a eu raison devant l'avenir, et comment ferez-vous sentir à des élèves la portée à la fois morale et littéraire de cette querelle?

(Fontenay-aux-Roses. — Devoir de seconde année.)

Vous aurez à raconter, au moins sommairement, à de jeunes élèves la vie de Rousseau : dans quel sentiment le ferez-vous? et quel sentiment à l'égard de Rousseau essayerez-vous d'éveiller en elles? Faites à grands traits cette biographie.

(Fontenay-aux-Roses. — LEf.ox.)

Intérêt de l'étude du caractère de Rousseau pour la connaissance de son œuvre, où son « moi » intervient incessamment.

Moyens que nous avons de le connaître : cette œuvre générale, où il se livre à nous inconsciemment (par exemple la Lettre à d'Alembert), ou consciemment : caractériser en quelques mots sa correspondance, peu intéressante justement parce qu'elle est trop personnelle (lettres à Malesherbes admirables , mais seulement par là) et insister sur les sentiments qui lui ont dicté les Confessions : sorte de candeur dans l'orgueil, et certain manque de sens moral qui va parfois jusqu'au cynisme.

Faire large la part : 1° des origines; 2° des influences ; 3° des circonstances : l'homme de la nature inévitablement en contlit avec la société du xvme siècle.

Mais faire aussi la part de responsabilité de Rousseau. Exemple : Rousseau et ses protecteurs, ses amis. Susceptibilité irritable. Attitude de l'homme isolé, différent de tous les autres, et supérieur à tous les autres, « incompris » déjà et persécuté. C'est la nature qui se développe jusqu'à ce qu'on a appelé l'hypertrophie du a moi », mais, au lieu d'y résister, Rousseau eu favorise l'épanouissement.

Montrer ce que par là son œuvre a littérairement d'unique, moralement de dangereux ou de contestable.

Le relever par deux côtés : le goût de la nature dans une société aussi éloignée de la nature; l'aspiration vers L'idéal par où il se distingue de Voltaire.

J.-J. Rousseau est-il aimable? Comment vous y prendriezvous, à l'école normale, sinon pour le faire aimer, au moins pour le faire plaindre"? Tracez son portrait moral. (Fontenay-aux-Roses. — L\

1. — Enthousiasme dans la seconde partie du xvme siècle; puis réaction; enfin, de nos jours, retour de faveur ou plutôt de justice : vue claire des défauts, mais aussi des qualités.

2. — Prendre pour point de départ la distinction de Mme de Staël : Rousseau dans la société; — Rousseau rendu à luimême, en face de la nature.

Rousseau dans la société; défauts. Opposition de son caractère et de l'esprit de société au xvmc siècle. Orgueil, raideur, manque de gaieté et de mesure, misanthropie.

Rousseau seul; qualités. Montrer que plusieurs de ces qualités, besoin de vérité et de justice, soif de sympathie, se sont tournées en défauts dans la société, mais reparaissent en fac<- de la nature. Mouvements passionnés de l'âme, aspiration incessante vers l'idéal. Son lyrisme.

3. — Comment qualités et défauts à la fois ont contribué à le rendre si malheureux et peut-être, vers la fin, à égarer sa raison. Citer les lettres à MmC d'Épinay (1757, — les amis et l'amitié) et à Malesherbes (12 janvier 1702, — définition de son caractère). Qu'en tout cas il faut le plaindre.

4. — Qu'on peut aussi l'aimer, moins pour ses idées, trop sy-tématiques et où le faux se mêle trop souvent au vrai, que pour les sentiments qu'il fait revivre : sentiment de la nature sous ses diverses formes, sentiment religieux, sens moral, amour de l'homme, de l'enfant, de la famille. Si on les aime chez les disciples, il faut les aimer chez le maître.

o. — Contraste entre l'élévation de ses sentiments et la vulgarité de la vie, les fautes et les hontes de l'homme. On n'aimera jamais la personne sans réserve; mais on l'oublie en lisant certaines pages où l'œuvre, heureusement, n'est pas inséparable de la vie.

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