‹ Cours de littérature (volume 2)Chapitre 18 sur 68 · XLV · texte numérisé non relu

XLV

Apprécier cette pensée de Rousseau : «Ne posons pas la ques- C. de Litt. — J.-J. Rousseau. 6

tion de supériorité; chaque sexe aies qualités appropriées à sa destinée, à son rôle dans la vie. »

(Isère. — Brevet supérieur, Aspirantes. 1892.

Montrez, avec quelques exemples à l'appui, la justesse de celle pensée de J.-J. Rousseau : « Il faut rougir défaire une faute, et non de la réparer. »

(Aurillac. — Brevet élémentaire. — Aspirantes, 1894.)

XLVIH

Apprécier cette pensée de J.-J. Rousseau: « Je n'ai point d'autre manière de juger de mes lectures que de sonder les dispositions où elles laissent mon âme, et j'imagine à peine quelle sorte de bonté peut avoir un livre qui ne porte point ses lecteurs au bien. » Appliquez cette pensée à Tune des lectures que vous avez faites.

(Corse. — Brevet supérieur. — Aspirants, 1894.;

Développer et expliquer cette pensée de J.-J. Rousseau : « On peut briller par la parure, mais on ne plaît que par la personne. »

(Laval. — Brevet élémentaire. — Aspirantes, 1894.)

« Peu lire et penser beaucoup à nos lectures, ou, ce qui est la même chose, en causer beaucoup entre nous, c'est le moyen de les bien digérer. » (J.-J. Rousseau.)

(Vannes. — Brevet supérieur. — Aspirants, 1894.)

Comparer Rousseau à Diderot.

LU

Que pensez- vous de cette affirmation d'un contemporain M. Legouvé) : « Il y a un fait évident : malgré son génie et ses services, J.-J. Rousseau n'est pas aimé? »

lui

Que pensez-vous de cette comparaison instituée par Mmc de Staël entre le style de Buffon etcelui de Rousseau : « M. de Buffon colore son style par son imagination; Rousseau l'anime par son caractère; l'un choisit ses expressions, elles échappent à l'autre. L'éloquence de M. de Buffon ne peut appartenir qu'à un homme de génie; la passion pourrait élever à celle de Rousseau? »

Discuter ce jugement de Vinet : m A l'inverse de Diderot, Rousseau eut plus de talent que de génie; il fut moins créateur d'idées qu'il ne se trouva doué d'une faculté d'exécution immense. »

Villefranche-dc-Rouergue. — J. Bardoux impr.

Coup d'oeil sur les précurseurs de Rousseau.

L'histoire des précurseurs de Rousseau pédagogue a été faite et bien faite1. On ne reviendra ici que sur quelques points de eètte histoire, pour mettre en lumière toute l'originalité de l'JÉmile.

Rousseau cite plusieurs fois Montaigne; il lui emprunte non seulement des idées, mais des expressions. Emile doit avoir « un esprit universel, non par les lumières, mais par la faculté d'en acquérir, un esprit ouvert, intelligent, piéi à tout, et. comme dit Montaigne, sinon instruit, du moins insiruisable \ (III). Plusieurs fois au:si il cite « le sage Locke, le bon Rollin » et, avec moins de respect, l'abbé de Saint-Pierre; une fois « le savant Fleurv, le pédant de Crousas » II,, celui-ci auteur .l'un Traité de l'éducation des enfants 1722 et Suisse comme lui. Parmi ces noms, deux surtout méritent d'être retenus, ceux de Montaigne et de Locke.

Montaigne et Rousseau sont d'accord sur bien des points. Ils veulent tous deux pour l'enfant une éducation douce et lente; ils ont la même horreur des châtiments corporels, inutiles autant que cruels; du pédantisme tvrannique, qui impose ses dogmes sans daigner les éclairer; de l'éducation livresque, qui surcharge la mémoire et laisse vide l'entendement. Ils veulent développer le corps autant que l'intelligence, et avant elle; suivre la nature dans ce double développement, ne jamais la dépasser, s'accommoder toujours à la force inégale des enfants,

I. Voir surtout les ouvrages de MM. Gréard, Saint-Marc Qfrardin, Compayré, la Bibliographie. Voir aussi nos fascicules de Montaigne [Institua* É ■' des filles), de M M non.

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