‹ Cours de littérature (volume 2)Chapitre 50 sur 68 · DE LA POÉSIE LYRIQUE EX FRANGE · texte numérisé non relu

DE LA POÉSIE LYRIQUE EX FRANGE

î Des troubadours à Villon.

Bien que le développement de la poésie épique en France ait été précédé ou accompagné par un certain développement de la poésie lyrique et un libre épanouissement de cantilènes, de cantiques, chansons à danser et chansons de table, l'histoire de la poésie lyrique commence vraiment à l'époque des troubadours (langue d'oc) et des trouvères (langue d'oïl). La comparaison, ou plutôt l'opposition entre les deux littératures et les deux pays a été bien des fois renouvelée ; rappelons-en les traits principaux. Pays de mœurs plus douces, de lois plus humaines et plus savantes, d'esprit plus raffiné, le Midi avait gardé plus que le Nord le souvenir de la domination et des institutions romaines ; le voisinage de l'Italie, surtout de 1 Espagne, où la civilisation des Maures s'était greffée sur celle des chrétiens, lui communiquait une mollesse, un goût de la vie facile et voluptueuse, qui n'excluait pas l'instinct belliqueux, car le plus célèbre des troubadours, Bertrand de Born, est un rude batailleur ; après lui on cite surtout Guillaume d'Aquitaine, Bernard de Ventadour, Pierre Vidal, Geoffroy Rudel, Richard Cœur de lion lui-même. Le mérite de cette poésie c'est qu'elle est inspirée et dominée par un double idéal, idéal de perfection dans la forme, idéal de perfection dans le sentiment de l'amour « courtois », qui devient une sorte de vertu. Son défaut, c'est l'uniformité des images et des expressions : « Leur poésie riante et sonore, dit Villemain, semble toujours le son d'une même musique. » Elle changea de caractère lorsque la guerre des albigeois eut étouffé dans le sang la civilisation

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