‹ Cours de littérature (volume 2)Chapitre 55 sur 68 · NARRATIONS, LETTRES ET DIALOGUES · texte numérisé non relu

NARRATIONS, LETTRES ET DIALOGUES

Dialogue entre Marot et Ronsard, sur les progrès de la langue française.

(Paris. — Licence es lettre?, avril 1858.)

A. de Baïf, déjà connu par quelques recueils de poésies qui rayaient fait ranger parmi les poètes de la Pléiade, institua dans sa maison du faubourg Saint-Marcel des réunions de beaux-esprits et de musiciens, que le roi Charles IX transforma en une Académie par des lettres patentes datées du mois de novembre 1570. L'Université y lit opposition, et le Parlement refusa l'enregistrement.

A. de Baïf engage le roi à contraindre le Parlement d'enregistrer ses lettres patentes.

Il rappelle au roi que l'objet de la future Académie est de mettre en commun les lumières d'hommes qui se vouent au progrès de la langue et des lettres françaises, et dont les efforts gagneront à n'être plus isolés; qu'il est utile de placer cette société sous la protection du roi, afin que sa durée ne dépende plus de la vie d'un seul homme; que les occupations de cette Académie n'auront rien de commun avec les enseignements de l'Université et ne sauraient la troubler dans la jouissance de ses privilèges; qu'elles ne doivent pas non plus inquiéter le Parlement, puisqu'elles ne touchent pas aux affaires publiques.

(École normale siphrieure. — Concours de 1878.)

Racan nous rapporte cette anecdote : « M. de Malherbe avait effacé plus de la moitié de son Ronsard et en cotait à la marge les raisons. Un jour, Vvrande, Racan, Colomby et quelques au-

très de ses amis le feuilletaient sur sa table, et Racan lui demanda s'il approuvait ce qu'il n'avait point effacé. « Pas plus que « le reste, » dit-il. Cela donna sujet à la compagnie de lui dire que, si on trouvait ce livre après sa mort, on croirait qu'il aurait trouvé bon ce qu'il n'aurait point effacé ; sur quoi il acheva d'effacer tout le reste. » — Vous supposerez qu'un de ces amis écrit à Malherbe une lettre où, tout en marquant qu'il comprend les motifs de cette attitude critique, il entreprend la défense de Ronsard et de son école.

(École normale supérieure. — Concours de 1894.)

Après avoir longtemps administré sans contrôle les finances de l'Etat, et signé, pendant des années, pour le roi François Ier, qui l'aimait et le respectait « comme un père », Jacques de Beaune, baron de Semblançay, tomba en disgrâce par les menées du chancelier Duprat, « fort redoubté, fort hay et mal voulu en France ». Accusé de « larrecins péculiaires », il se vit priver de la plupart de ses moyens de défense, et, sans qu'aucun acte de malversation sérieuse eût été relevé contre lui, il fut condamné au gibet le 9 août 1527. L'exécution n'eut lieu que le 11 août, après un sursis d'un jour pour attendre la grâce royale, qui ne vint pas. Sur le parcours de la Bastille à Montfaucon, l'attitude calme du condamné excitait « une merveilleuse pitié ». Après six heures d'attente à Montfaucon, il fut pendu et étranglé.

Vous reconstituerez toute la scène, et vous rendrez les impressions du peuple de Paris, qu'une épigramme bien connue de Marol résume avec éloquence.

(Concours général. — Seconde, 1898.)

Vous composerez, à la manière des dialogues des morts de Fénelon, un dialogue entre Ronsard et Malherbe.

(Paris. — Baccalauréat, octobre 1875.)

Lettre du président Pasquier à un ami, en lui annonçant la

mort de Ronsard I080 . Il apprécie les œuvres et le talent de ce poète et fait l'histoire sommaire de la Pléiade.

(Paris. — Baccalauréat, août 1882.)

Ronsard écrit à un de ses amis de la Pléiade pour lui annoncer son projet de composer un poème épique, à l'imitation d'Homère et de Virgile, sur un sujet national, et qu'il intitulera la Franciade.

Il expose les raisons qui le poussent à cette grande entreprise, pour ainsi dire, de patriotisme littéraire : il indique les beautés du sujet; il compte sur l'opiniâtreté de son génie poétique, aussi bien que sur de hautes approbations et de généreux encouragements, pour donner à la France l'équivalent d'une Iliade et d'une Enéide.

(Nancy. — Baccalauréat moderne, 1900.)

Ronsard écrit à Jodelle après la représentation de Cléopâtre, pour le féliciter d'avoir ressuscité la tragédie antique. (Montauban. — Lycée de pilles.

Devoir de quatrième année.)

On a souri de votre goût pour la poésie, en confondant l'esprit poétique et l'esprit romanesque. Défendez-vous en montrant que la poésie, loin de nous donner des idées fausses sur la vie, nous la fait goûter dans ses réalités les plus humbles comme dans ses manifestations les plus élevées.

(Besançon. — Lycée de jeunes pilles.

Devoir de cinquième année.

Un de vos amis ne lit point de poètes. Vous lui écrivez pour lui conseiller de faire une place à la poésie dans ses lectures. Vous lui recommandez en particulier, parmi nos contemporain-, Lamartine et Victor Hugo.

(Caen. — Brevet supérieur. — Aspirants, 1896.)

Le meilleur disciple de Marot, Mellin de Saint-Gelais, que du Bellay appelle « le poète courtisan », n'avait pas vu sans dépit le succès de la Pléiade, qui faisait oublier et son maître et luimême. Plus d'une fois, dans ses vers, il laisse paraître son hostilité, et les poètes groupés autour de Ronsard ne l'épargnèrent pas. Vieux, il s'apaisa et se résigna; Ronsard fît son éloge après sa mort. On suppose que, dans ses dernières années, il s'adresse à Ronsard, qui, au comble de la gloire, lui a pardonné ses épigrammes.

L'esprit de parti, même dans les lettres, a ce fâcheux: effet d'empêcher les adversaires de se rendre mutuellement justice. Pour lui, s'il a porté quelque vivacité dans ce débat , il ne faut l'attribuer qu'à son zèle pour la cause de son maître, qu'attaquaient certains disciples intempérants de l'école nouvelle.

Au fond du cœur, jamais il n'a été l'ennemi de Ronsard; il rend hommage à la grandeur de l'œuvre entreprise et déjà réalisée en partie par la Pléiade.

Mais est-ce être trop ambitieux que de demander qu'on ne méconnaisse pas non plus les qualités nettes et vives de Marot, ce poète si français?

La postérité saura distinguer entre des mérites si divers; elle verra en Ronsard le grand poète du xvne siècle; mais elle gardera à son devancier un renom plus modeste, qui appartiendra pourtant à lui seul.

En 1554, Henri Estienne, âgé de vingt-deux ans, publia Anacréon, dont il venait de retrouver le manuscrit dans une bibliothèque d'Italie. Ce fut un véritable événement littéraire. Ronsard et ses amis accueillirent cette nouvelle avec enthousiasme. Ronsard disait dans une de ses odes :

Verse donc et reverse encor!

Dedans cette grand coupe d'or Je vais boire à Henri Estienne Qui des enfers nous a rendu Du vieil Anacréon perdu La douce lyre Téienne.

Dès que Y Anacréon parut, Remy Belleau s'empressa de le traduire en vers.

On supposera que Joachim du Bellay — un des poètes de la Pléiade, l'auteur de la Défense et Illustration de la langue française, qui parut en 1540 — écrit à Henri Estienne pour le remercier.

I. — Il le félicite d'avoir si bien employé son temps en Italie et d'avoir eu le courage — au milieu des merveilles de l'art ancien et de l'art moderne — de passer ses journées à fouiller les bibliothèques.

II. — Il a conservé les traditions de travail et de savoir de l'illustre famille des Estienne qui a déjà tant fait pour les lettres.

IV. — Son Anacréon sera bien accueilli de tous les amis de l'antiquité : quant aux poètes modernes, ils auront tout à gagner à le lire. Ils y trouveront des beautés nouvelles, des hardiesses d'images et d'expression, qu'ils feront passer dans notre langue. Car c'est des dépouilles de la Grèce et de Rome qu'il faut enrichir notre langue et notre poésie.

Lettre de Joachim du Bellay à Ronsard (Rome, 1557). — 1" Après quatre années de séjour en Italie, il va revenir en France, sous prétexte d'affaires à régler au nom de son cousin et protecteur le cardinal du Bellay, mais il laissera deviner des froissements survenus entre le cardinal et lui. — Il a hâte de retrouver enfin ses « antiques amis de France », ses protecteurs de la cour, et « le plaisant séjour de sa terre angevine ».

2° Il a hâte de quitter Rome, où l'a toujours irrité le contraste de la grandeur antique avec la bassesse des mœurs contemporaines. Il sent pourtant qu'il regrettera ces « saintes ruines », qui évoquent tant de chers souvenirs.

3° Il revient avec un volume de sonnets « tristes », sorte de journal de sa vie d'exil. Cette fois, s'il a chanté, c'est uniquement pour charmer ses ennuis et sans prétention littéraire.

Ainsi le marinier en tirant à la rame, Ainsi le prisonnier maudissant sa prison... J'escry naïvement tout ce qu'au cœur me touche.

[Regrets, 12 et 21.

Pour être tout personnels, ces vers en sont-ils plus mauvais? Ronsard lui en voudra-t-il de ce qu'il les préfère secrètement

aux poésies dont il avait puisé l'inspiration aux sources italiennes?

4° Ronsard lui dira s'il doit publier ces vers, qui certainement lui feront des ennemis.

Ronsard et du Bellay. — « Environ ce temps, qui estoit l'an mil cinq cens quarante neuf, ainsi que Ronsard retournoit d'un voyage de Poictiers à Paris, de fortune il se rencontra en une mesme hôtellerie avec Joachim du Bellay, jeune Gentilhomme angevin et issu de cette docte et illustre maison des du Bellay, lequel en s'en retournant de Poictiers de l'estude des lois où il avoit esté dédié, comme ordinairement les bons esprits ne se peuvent celer non plus que la lumière de Phœbus- Apollon leur guide, ils se firent cognoistre l'un à l'autre, pour estre non seulement alliez de parentage, mais de mesme inclination aux Muses, qui fut cause qu'ils achevèrent le voyage ensemble, et depuis l'attira Ronsard à demeurer avec lui et Baïf, pour, en cet heureux triumvirat, et à la semonce les uns des autres, donner effet à l'ardent désir qu'ils avoient de réveiller la poésie françoise, avant eux foible et languissante. « (Claude Binet.

Un écrira soit un dialogue entre les deux gentilshommes vendômois et angevin, soit une lettre de Ronsard à l'un de ses amis.

DISSERTATIONS ET LECOXS

Y a-t-il, dans la vie des peuples, des époques plus particulièrement favorables à l'essor de la poésie lyrique?

Paris. —Agrégation des lettres. Composition, 1846.)

Apprécier cette définition du poète donnée par Joachim du Bellay dans la Deffence et Illustration de la langue françoise : « Celuy sera véritablement le poète que je cherche en nostre langue qui me fera indigner, apayser, ejouyr, douloir, aymer, haïr, admirer, étonner; bref, qui tiendra la bride de mes affections, me tournant ça et la a son plaisir. Voila la vraye pierre de touche ou il fault que tu épreuves tous poèmes, et en toutes langues. »

(Agrégation des lettres. — Concours de 1892.)

Les Discours de Ronsard; leur caractère original et leur importance dans l'œuvre de l'auteur et dans la poésie du xvie siècle.

(Agrégation de? lettres. — Leçon, 1896.)

Harot poète de l'urbanité.

Agrégation des lettres. — Leçon, 1891.)

Du Bellay et le pétrarquisme.

(Agrégation des lettres. — Leçon, 1900.)

Préciser l'influence que le séjour de Rome a exercée sur le talent de du Bellay.

(Agrégation des lettres. — Leçon, 1900.)

Marquer l'originalité de du Bellay dans la Pléiade.

(Paris. —Devoir de licence, novembre 1897.

Tracer |un tableau vif et rapide des destinées de la poésie lyrique en France.

(Aix. — Licence es lettres, 1887.)

Ronsard a dit, en parlant des auteurs d'Arts poétiques : « Ceux qui sont si grands maîtres de préceptes ne sont jamais parfaits en leur métier. » Cette sentence vous semble-t-elle juste ou fausse, et pourquoi?

(Bordeaux. — Licence es lettres, juillet 1899.)

J Tableau de la poésie française auxvie siècle avant la Pléiade.

(Dijon. — Licence es lettres, juillet 1899.)

On prétend que la poésie descriptive est propre aux époques primitives ou aux époques de décadence. Qu'y a-l-il de vrai dans cette opinion? On prétend aussi que la description ne doit entrer dans un poème qu'à litre d'épisode. Qu'en pen-ezvous? Et, si le genre descriptif peut existerpar lui-même, dans quelle mesure et à quelles conditions faut-il lui accorder une existence indépendante?

(Dijon. — Devoir d'agrégation de grammaire, avril 1888.)

Renaissance littéraire au xix° siècle. Que faut-il entendre par ces mots?

(Douai. — Licence es lettres. — Session de novembre 1884.)

Qu'est-il advenu en ce siècle-ci de ce que les doctrines classiques appellent les genres poétiques?

(Lille. — Licence es lettres, 1897.)

Analysez, caractérisez et comparez le Lac, de Lamartine, le Souvenir, de Musset, et la Tristesse d'Olympio, de V. Hu^o, compositions où les trois grands poètes se sont rencontrés dans la, même situation morale et dans l'expression d'idées et de sentiments du même ordre.

(Nancy. — Licence es lettres, 1885.)

Les idées de Ronsard sur « le long poème françois ».

(Nancy. — Licence es lettres. — Composition,

Critiquer celle pensée de Mmc de Staël (de l'Allemagne, la Poésie classique) : « La poésie française, étant la plus classique de toutes les poésies modernes, est la seule qui ne soit pas répandue parmi le peuple... Nos poètes français sont admirés par tout ce qu'il y a d'esprits cultivés chez nous et dans le reste de l'Europe; mais ils sont tout à fait inconnus aux gens du peuple et aux bourgeois mêmes des villes, parce que les arts en Finance ne sont pas, comme ailleurs, natifs du pays même où leurs beautés se développent. »

(Nancy. — Devoir de licence.)

Du genre descriptif. Déterminez et montrez par des exemples les différents caractères qu'il a reçus de l'école classique, de l'école romantique et de l'école réaliste.

(Nancy. — Licence, novembre 1885.)

Retracer à grands traits l'évolution de la poésie lyrique au xixe siècle, en caractérisant brièvement les trois grandes écoles, romantique, parnassienne et symboliste.

(Rennes. — Licence es lettres, nov. 1900.)

La poésie philosophique en France au xixe siècle.

Rennes. — Devoir de licence, 1901.)

La poésie lyrique aux xvne, xvme et xixc siècles. Caractères, principales différences à chacune de ces époques.

(Agrégation de l'enseignement secondaire des filles, 1884.)

L'idée du progrès par la science dans la poésie française au xixe siècle (analyser et commenter, en les rapprochant, les trois morceaux de poésie indiqués dans le programme : la Bouteille à la mer, d'Alfred de Vigny, le Zénith, Plein Ciel, de Sully- Prudhomme, de Victor Hugo .

Paris. — Agrégation de l'enseignement spécial. Leçon, 1886.)

Montrer que les progrès de la science, le développement de

l'industrie et du commerce, n'excluent aucunement la culture des arts, et en particulier la poésie.

Agrégation de l'enseignenent spécial.

Composition, 1884.)

Développer, en apportant des exemples, ce précepte donné par Ronsard pour la poésie : « Tu auras en premier lieu les conceptions hautes, grandes, belles et non traînantes à terre, car le principal point est l'invention, laquelle vient tant de bonne nature que parla leçon de bons et anciens auteurs. »

(Paris. — Baccalauréat es lettres, novembre 1884. j

En quoi a consisté la réforme littéraire opérée par Ronsard. (Paris. — Baccalauréat, août 1884.)

Qu'est-ce que la mélancolie? Étudiez-en les manifestations dans la poésie française. Citez par ordre chronologique et caractérisez brièvement ses principaux représentants.

(Nancy. — Baccalauréat.)

L'école romantique, sa naissance, ses théories, ses principaux représentants.

Lyon. — Baccalauréat de l'enseignement spécial, 1891.)

D'après un ancien mythe grec, le premier vers hexamètre fut prononcé par les Muses pour exciter Apollon au moment où il tendait son arc contre le serpent Python. D'après la tradition indienne, Valmiki, le poète inspiré, laissa tomber de sa boucue le premier çloka distique héroïque) dans un mou-

vement Je pitié, en voyant expirer un héron percé par la flèche d'un chasseur.

Les deux mythes contiennent chacun une grande leçon esthétique. Il y a deux grandes sources de toute poésie : ce sont l'amour de l'action et la pitié. La poésie excite aux actions héroïques, les rappelle, les chante, les célèbre, pour en enfanter de nouvelles. La poésie pleure sur les misères et les souffrances d'ici-bas, les allège en les racontant et en les plaignant, adoucit les cœurs et les plie peu à peu aux sentiments de l'amour et de la fraternité universelle. Volonté et pitié, c'est la strophe etl'antistrophe du grand chœur de la poésie humaine, depuis les premiers jours où elle a fait entendre sa voix.

(Concours général. — Rhétorique, 1894.) XXV11I

De la poésie lyrique en France pendant la première moitié du xixe siècle.

(Sèvres. — Concours d'admission, 1894.)

Commenter ces vers de Sully-Prudhomme :

<( Demain! j'irai voir ce pauvre homme chez lui, Demain je reprendrai ce livre ouvert à peine, Demain je te dirai, mon âme, où je te mène, Demain je serai juste et fort... Pas aujourd'hui. »

Ainsi clament le cœur, la pensée et le livre, Et, pendant qu'on se tne ù différer de vivre. Le vrai devoir dans l'ombre attend la volonté.

(Sèvres. — Concours de 1892. — Composition de morale.)

Étudier, dans les Poèmes barbares de Leconte de Lisle , les pièces intitulées les Éléphants, le Sommeil du Condor, les Jungles, et analyser les qualités descriptives qui distinguent ces trois morceaux.

(Fénelon. — Devoir de sixième année.)

Comparer la poésie aux autres arls, en commentant celle pensée de Cousin : « L'art par excellence, celui qui surpasse tous les autres, parce qu'il est incomparablement le plus expressif, c'est la poésie. »

(Besançon. — Lycée de jeunes filles. — Devoir

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