‹ Cours de littérature (volume 2)Chapitre 68 sur 68 · DE SIXIÈME ANNÉE · texte numérisé non relu

DE SIXIÈME ANNÉE

Lettre d'André Chénier à son frère Marie-Joseph. — Il est en prison; il n'en sortira que pour marcher à l'échafaud. Avant de mourir, il a voulu dire à son frère un dernier adieu; il ne croit pas aux calomnies qu'on a répandues.

lise rappelle leur enfance, leurs jeux, leurs premiers vers sous les yeux de leur mère, et son cœur lui dit que son frère a voulu le sauver.

Mais il se rend à lui-même cet hommage d'avoir mérité la mort par l'horreur que lui inspirent les crimes de la Révolution. Il l'a admirée tant qu'elle a été juste et modérée : il l'a maudite quand elle est devenue violente.

Il termine en adressant à son frère ses adieux et aussi ses conseils.

Chateaubriand à Chênedollé (1849). — Trop engagé à son gré dans la mêlée des partis, il s'est ménagé pourtant le temps de lire un livre dont les amis de la poésie attendaient depuis longtemps la publication : enfin ils ont paru, ces vers d'André Chénier qui, comme le disait déjà le Génie du christianisme, a semblent être échappés à un poète grec, tant ils sont pleins du goût de l'antiquité ».

C'est avec ravissement qu'il a lu et les idylles, et les odes, et les ïambes de ce poète mort jeune, si supérieur à son frère qui lui a survécu près de vingt ans, le voltairien Marie-Joseph.

Et pourtant, lui-même André Chénier est trop de son temps. Il n'était pas sans doute, quoi que ses amis en aient dit à Chênedollé, athée avec délices, mais il n'a pas, sauf au moment suprême, le sens de la haute mélancolie, il ne comprend pas la grandeur et la beauté des choses mystérieuses.

Chateaubriand est heureux d'avoir, le premier, révélé un tel poète à la France; mais c'est sous d'autres influences que se renouvellera la poésie, et de toutes parts éclatent déjà les symptômes de ce prochain renouveau.

Lamartine aimait peu André Chénier. Dans un de ses Entretiens, il écrit que l'ïambe composé par A. Barbier en 1830 dépasse en virilité celui d'André Chénier. Avec modestie et sincérité Barbier prolesta en faveur de Y ïambe de Chénier : « Je ne pense pas, disait-il, qu'on puisse jamais aller au delà en fait d'amertume et d'énergie. »

On écrira la lettre d'A. Barbier à Lamartine.

DISSERTATIONS ET LEÇONS

La poésie et le style poétique d'André Chénier.

(Paris. — Agrégation des lettres. — Leçon, 1892.)

La Fontaine a écrit dans son Épître à M 9 l'évéque de Soissons, en lui donnant un Quintilien de la traduction d'Orazio Toscan ella 1087) :

Mon imitation n'est pas un esclavage ;

et André Chénier, dans son poème de l'Invention :

Sur des pensera nouveaux faisons îles vers anl

Chercher dans Y Épître de la Fontaine et dans le poème d'André Chénier les traits essentiels, les analogies et les différences de la poétique, de l'art et du style des deux grands poètes.

A légation des lettres. — Concours de 1809.)

Les romantiques avaient-ils quelque raison de considérer Chénier comme un précurseur?

(Agrégation des lettres. — Leçon, 1899.)

Comparer la poésie française du xvin8 siècle avec celle du

XVIIe

(Paris. — Licence es lettre-, avril 1882.)

Nisard dit qu'André Chénier est le dernier-né des poètes du

xvme siècle; d'autres, au contraire, prétendent qu'il est le premier-né des poètes du xixe siècle. Dans cette diversité de jugements, quelle est votre opinion?

(Paris. — Licence es lettres. — Composition, mars 1894.)

De la rime et de la césure dans les poésies d'André Chénier. (Caen. — Devoir de licence, juin 1893.)

Rapprocher les théories d'André Chénier de celles de Joachim du Bell av.

(Clermont. — Composition de licence, 1897.)

De l'influence d'André Chénier sur les poètes et les prosateurs du xixe siècle.

(Poiliers. — Licence è? lettres, 1900.)

On sait que kes poésies d'André Chénier furent publiées pour la première fois en 1819. « Ce fut, dit Th. Gautier, une vraie révélation. L'alexandrin apprit de l'hexamètre grec la césure mobile, les variétés de coupes, les suspensions, les rejets, toute cette secrète harmonie et ce rythme intérieur si heureusement retrouvés par le chantre du Jeune Malade... » (Les Progrès de la -'-française.) Étudier et expliquer ce jugement.

(Rennes. — Licence es lettres, nov. 1897.)

Examiner et discuter cette pensée d'André Chénier : « De toutes les nations de l'Europe, les Français sont ceux qui aiment le moins la poésie et qui s'y connaissent le moins.

(Rennes. — Licence es lettres, nov. 1900.)

Des sources grecques des Idylles de Chénier.

(Rennes. — Devoir de licence, décembre 1893.)

Que signifie ce vers d'André Cliénier :

Sur des pensers nouveaux faisons des vers antiques ?

(Alger. — Baccalauréat de l'enseignement spécial, 1891.)

Analysez à vos élèves Y Aveugle, d'André Chénier, et prenezen texte pour faire connaître le poète.

(Professorat des f'coles normales d'instituteurs. Leçon, 1890.)

Marquer les divers aspects du génie poétique d'André Chénier en prenant quelques exemples comme : le Jeu de pounu, ode; l'Aveugle, idylle; la Jeune Captive, élégie; les ïambes.

Comment a-t-il passé d'un genre à l'autre et où peut-on découvrir l'unité de sa vie, de son àme, de son génie?

(Fontenay-aux-Roses. — Leçon.)

Diversité des influences qui ont formé le génie de Chénier; diversité des aspects qu'offre ce génie.

Le Chénier jeune; les Idylles, et parmi les idylles l'Aveugle, qui marque le mieux l'aspiration au grand. Dans quelle mesure Chénier est naïf, dans quelle mesure il est artiste. Beauté sereine, lacunes de cette première manière.

Les poèmes philosophiques projetés; n'y pas insister plus que sur les Élégies, mais constater la même aspiration au grand de la même àme à la fois très antique (autant qu'on peut l'être au xviii0 siècle) et très moderne. Au fond peu chrétien,

Chénier peut èlre à ]a fois l'imitateur des poêles païens et le disciple des philosophes de son temps.

Comment il a dû saluer la Révolution; ses idées sur la liberté et la justice. Explosion d'enthousiasme dans l'ode sur le Jeu de paume, mais aussi clairvoyance et prévoyance.

Ce qu'est une ode; la décomposer comme une symphonie (composition) et y chercher les sentiments personnels de Chénier (présent et avenir; le politique et le citoyen).

Par là expliquer la transformation nécessaire de son caractère et de son génie quand à 80 succède 93. Lire les vers où lui-même l'explique; faire sentir qu'il n'y a là qu'un contraste apparent, pas de contradiction réelle (marquer la tradition par des pièces comme YOde à Charlotte Corday).

Dans la conclusion, caractériser chez A. Chénier la marche ascendante du génie, aidé, il est vrai, par les circonstances, mais capable de s'élever, seul, dans une direction peut-être différente, toujours en haut pourtant, et toujours élar i.

La poésie au xvme siècle; sa faiblesse relative. Par où André Chénier se rattache-t-il aux poètes ses devanciers? Par où s'élève-t-il au-dessus d'eux? Insister moins sur les défauts qui tiennent au temps que sur les qualités nouvelles.

Tontenay-aux-Roses. — Leçon.)

Est-il vrai que la poésie n'existe pas, au xvme siècle, avant Chénier? Part de vérité; expliquer pourquoi la poésie ne peut tre florissante, surtout dans la première partie du siècle : 3a raison critique. Part d'exagération : il y a de la poésie chez des prosateurs comme Buffon. surtout comme Rousseau. Il y en a même chez certains poètes. Mais il faut se garder d'exagérer en sens contraire.

Dans la première partie du siècle, ce qui domine, c'est la poésie spirituelle, mondaine, de Gentil-Bernard, de Dorât, de lîernis; dans la seconde partie, on est tenté par l'ambition d'essayer les grands genres : ode de Malfilàtre sur le système planétaire. Jamais le sentiment religieux n'a été assez profond pour produire un grand poète, mais jamais il n'a cessé d'inspirer quelques poètes de second ordre; non pas peut-être J.-B. Rousseau, trop artiste, qui a la forme, le moule de la grande sie sans en avoir l'àme, mais Lefranc de Pompignan, dont

l'ode la plus célèbre a précisément pour sujet la Mort de J.-B. Rousseau; mais Gilbert, auteur d'une assez belle ode sur le Jugement dernier. Sentiments nouveaux, peu profonds, il est vrai : la nature, la mélancolie. Parny, trop épicurien, écrit pourtant des vers pleins de grâce; nés, l'un, comme Parny, à File Bourbon, l'autre à la Guadeloupe, Berlin et Léonard ne sont pas des poètes à dédaigner. Enfin, instinct du grand chez Lebrun, qui ne mérite pas son surnom de Lebrun-Pindare, mais qui, dans ses odes à Buffon, sur la mort de Montesquieu, plus tard sur le naufrage du Vengeur, a de beaux élans et des strophes bien venues.

C'est à Lebrun que Chénier adresse une épître célèbre, au temps où lui-même, disciple des anciens à la fois et homme du xvme siècle, est encore incertain des voies qu'il doit suivre. Caractériser ce premier Chénier.

Absence du sentiment religieux et de la mélancolie. Deux sentiments personnels, deux cultes : la beauté antique (Grèce', la raison et le progrès (xvme siècle). L'épicurisme dans les Élégies, le culte de la beauté clans les Idylles, le culte de la raison dans les poèmes inachevés et dans le poème de l'Invention, qui caractérise sa manière à ce moment, son imitation de plus en plus créatrice, ses ambitions poétiques.

Juger ce qui manque au Chénier de la jeunesse : distance entre les élégies épicuriennes et la Jeune Captive, entre les idylles sereines et les ïambes. Mais ne pas sacrifier au Chénier des ïambes le Chénier des Idylles; fraîcheur de cette poésie, mélange curieux d'art et de nature. Conclure en montrant que là même déjà Chénier s'élève au-dessus de son siècle, et qu'il serait un vrai poète alors même que la Révolution n'eût pas fait de lui un grand poète.

Étudier les odes politiques de Chénier et faire comprendre par là que les Ïambes ne sont pas dans son œuvre un accident imprévu.

(Fontenay-aux-Roses. — Leçon.)

L'inspiration satirique et lyrique dans les ïambes de Chénier et dans les Châtiments de V. Hugo.

(Fontenay-aux-Roses. — Leçon.)

Expliquer cette pensée d'André Chénier :

L'art ne fait que des vers; le cœur seul est poète. Finistère. — Brevet supérieur. — Aspirantes, 1900.)

Que savez-vous de la littérature française pendant la révolution? Vous insisterez tout particulièrement sur André Chénier et son œuvre.

(Creuse. — Brevet supérieur, juillet 1889. Aspirantes.)

Caractérisez le talent d'André Chénier d'après la Jeune Captive.

i Meurthe-et-Moselle. — Brevet supérieur. Aspirantes, 1888.)

Villefrancbe-de-Rouergue. — J. Bardoui, imprimeur.

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