‹ Cours de littérature (volume 3)Chapitre 11 sur 228 · C. de Litt. — Bossuet · texte numérisé non relu

C. de Litt. — Bossuet

! ie d Di lu, a d'aboi

roduclioo de l'esprit humain, mal assorties... Montra I iions is de Luther et des luthériens, c'est

de vertige dans la source de la Réforme, et premièrement courue. » Bossuetaura souvent des n formateurs en caractérisant leurs [dictions, mais il n'en dira rien « qui ne soit tiré le plus i pi : s é : îts ». Il les jugera, d'ailleurs, en . et il i)-' le cache pas.

pour !e fond des choses, on sait bien de quel avis je suis : car

lient je suis catholique aussi soumis qu'aucun autre aux décisions de

tellement disposé, que personne ne craint davantage de préférer

.1 particulier au sentiment universel. Après cela, d'aller faire le

t l'indifférent, à cause que j'écris une histoire, ou de dissimuler ce

que je suis, quand tout le monde le sait et que j'en fais gloire, ce serait faire

au lect-ur une illusion trop grossière : mais, avec cet aveu sincère, je main-

its qu'ils ne peuvent me refuser leur croyance, et qu'ils ne

liront jamais nulle histoire, quelle qu'elle soit, plus indubitable que celle-ci;

.s ce que j'ai a dire contre leurs Églises et leurs auteurs, je n'en

rai rien qui ne soit prouvé clairement par leurs propres témoignages.

Plusieurs de ses frères séparés, il le sait d'avance, s'aigri- •ntre lui au lieu de se calmer; il est résigné à subir les minations, les injures même et les calomnies; mais il demande à ses adversaires d'opposer des faits constants à des onstants. Il définit sa méthode, qui consistera, non pas ire m un récit sec et décharné des variations de nos réfor- . mais à en découvrir les causes, à montrer « qu'il ne s'est fait aucun changement parmi eux qui ne marque un incon- :it dans leur doctrine, et qui n'en soit l'effet nécessaire ». . au milieu de tant de disputes et des embarras de la nouvelle I; : irme, la vérité catholique éclatera partout comme un .1 qui aura percé d'épais nuages. En prouvant aux calvinistes que les deux religions se touchent par plus de points qu'ils ne pensent, et qu'ils ont tort de trouver odieux dans la itholique ce qu'ils acceptent dans la leur, l'auteur •I ouvrage, « contentieux » en apparence, touu. ti plutôt qu'à la dispute. D'autre part, en prou-

vant que L'Église «itholique, grâce à la protection divine, a maintenu jusqu'au bout sa simplicité et -a droiture inflexible, leur foi les humbles de cœur, par le spectacle des égarements de tant d'hommes éloquents et savants,

beaux esprits qui paraissent de grands esprits parce qu'ils entraînent les autres.

On déplorera les misères de l'esprit humain, et on connaîtra que le seul remède a de si grands maux est de savoir se détacher de son propre sens ; car c'est ce qui fait la différence du catholique et de l'hérétique. Le propre de l'hérétique, c'est-à-dire de celui qui a une opinion particulière, est de s'attacher à ses propres pensées; et le propre du catholique, c'est-à-dire de l'universel, est de préférer à ses sentiments le sentiment commun de toute l'Église; c'est la grâce qu'on demandera pour les errants. Cependant on sera saisi d'une sainte et humble frayeur, en considérant les tentations si dangereuses et si délicates que Dieu envoie quelquefois à son Église, et les jugements qu'il exerce sur elle: et on ne cessera de faire des vœux pour lui obtenir des pasteurs également éclairés et exemplaires, puisque c'est faute d'en avoir eu beaucoup de semblables, que le troupeau racheté d'un si grand prix a été si indignement ravagé.

Le livre est d'avance tout entier dans la préface, et qu'est ce livre, sinon une glorification perpétuelle de l'Église catholique, qui porte en elle un principe d'unité indépendant de tous les gouvernements, étant elle-même « le céleste gouvernement institué par Jésus-Christ »? C'est contre cette pierre inébranlable que se brisa Luther, et bien d'autres que Luther se briseront contre elle. La Réforme a rompu, il est vrai, l'unité primitive; mais, en la divisant, elle s'est divisée elle-même, laissant l'unité à l'Église romaine dans la chaire de saint Pierre, qui en est le centre. Sûr de cette unité indestructible, Bossuet prend plaisir à montrer qu'on ne trouve dans la Réforme ni la suite des personnes, ni la suite de la doctrine, à railler ces morceaux rompus d'un morceau, ces schismes séparés d'un schisme, ces Églises « de quatre jours ».

On voit comment se séparent et comment s'unissent toutes ces sectes séparées de l'unité catholique : en se séparant de la chaire de saint Pierre, elles se séparent entre elles et portent le juste supplice d'avoir méprisé le lien de leur unité. Lorsqu'elles se réunissent en apparence, elles n'en sont pas plus unies dans le fond ; et leur union, cimentée par des intérêts politiques, ne sert qu'à faire connaître, par une nouvelle preuve, qu'elles n'ont pas seulement l'idée de l'unité chrétienne, puisqu'elles n'en viennent jamais à « s'unir dans les sentiments », comme saint Paul l'a ordonné... C'est qu'on s'expose à changer souvent quand on a une fois changé... On sentait une religion bâtie sur le sable, qui n'avait pas même de stabilité dans ses Confessions de foi... La Réforme n'a jamais pu se contenter elle-même : ses symboles n'ont rien de certain, les décrets de ses synodes rien de fixe; ses Confessions de foi sont des confédérations et des marchés arbitraires; et ce qui y est article de foi ne l'est ni pour tous ni pour toujours; on se sépare par humeur, on se réunit par politique... Voilà les extrémités où l'on se trouve emporté lorsque, après avoir secoué le joug salutaire de l'autorité de l'Église, on s'abandonne aux opinions

: impétueux poM main-

jer où le Saint-Esprit

ms, avec quelle bi faion,

|ui cherchent leur foi toute fi :

l'expliquer sans embarras et «ans équiYO sont jamais oupdepar

ome <">n ne 1er selon la tradition

mille et douze cents ans situation, toujoui - .poser

ts que le sainl-siè^'e apostol: .

i'unan. . jue a proi: nmais y rien ajouter que ce qui est

re contre ies nouvelles erreurs...

f irme, puisqu'elle

par une rupture universelle; et l'unité de l'Eglise n'y a jamais

[uoi ses variations, dont nous avons enfin achevé

is ont fait voir ce qu'elle était, c'est-à-dire un royaume désuni,

. et qui doit tomber l'A ou tard : pendant que l'J

.inmuablement attachée aux décrets une fois prononcés.

..rer la moindre variation depuis l'origine du christiai.

aie sur la pierre, toujours assurée d'elle-mén

= . ferme dans ses principes et suidée par nt jamais. ;ui tient les ceursen sa main, et qui seul sait les bornes qu'il - et aux afflictions . ise, fasse r

.heureusen. -e faire avec Juda un mérne

I esl impossible de n'être pas touché par l'évidente sincérité du sentiment, et de n'être pas frappé par la grandeur soutenue de l'antithèse entre les perpétuelles variations des sectes protestantes et la suite perpétuelle des croyances de l'Église catholique. Évêque catholique, Bossuet a mis tout son génie et sa foi dans la démonstration de cette thèse, mais c'est une thèse enlin. Elle ne va pas sans quelque dureté, par exemple albigeois et des Yaudois persécutés, ou parfois elque injustice : Anne du Bourg, « ce fameux adu martyr •, et Goligny ne sont pas Celle his-

1 souvent le ton du réquisitoire ou du plaidoyer : les mouTements brusques, les répétitions de tours oratoires, les interrogations, apostrophes, abondent : a Et l'on dira que la main de Dieu n'est pas visible sur ces malheureux .. Sa conscience lui permettait donc de... (trois fois i On nous allègue Naaman... On nous allègue les

apôtres... On nous allègue les mêmes apôtres... On m'oppose

des conjectures, et encore quelles conjectures!... Montrezmoi que du temps de ce saint pape (saint Léon) on ait plus fait pour les saints... Montrez-moi qu'on eût mis alors plus de forces dans leurs prières... Montrez-moi qu'en 360... Vous dites que dans ces mêmes années... Montrez-moi qu'on en ait moins pris... Mais qui jamais aurait pu...? Qui s'avisa jamais...? Montrez donc que du temps de saint Léon... Pourquoi donc demeurer en si beau chemin? Osez dire ce que vous pensez. Commencez par saint Basile... » Ce ton passionné n'est pas assurément celui de l'histoire. Il y a des moments où l'on se souvient des Provinciales : comme des Provinciales, on peut dire, de YHistoire des variations, que l'on y trouve des exemples de toutes les formes d'éloquence, ironie, épigramme, trivialité, satire, raillerie presque voltairienne déjà, — qui le croirait? — sont répandues ici à pleines mains : tout est bon pour faire triompher la vérité immuable :

Le roi avait un Cranmer prêt à tout faire... Il n'y a rien parmi ces messieurs qui ne s'accommode, pourvu qu'on soit ennemi du pape et de Rome. Il était du nombre de ces merveilleux réformateurs toujours prêts à tout corriger et à tout reprendre, pourvu qu'on ne touche pas à leurs inclinations corrompues... On buvait comme ailleurs à la table des réformateurs, et ce n'était pas de pareils abus qu'ils avaient entrepris de corriger... On peut voir par là de quelle boutique est sortie cette méthode... Parmi toutes ces réformations, la seule qui n'avançait pas était visiblement celle des mœurs... Il est vrai que Luther avait pris le soin de mettre le diable dedans et dehors, dessus et dessous, à droite et à gauche, devant et derrière, les Zwingliens... Voilà ceux qui nous vantent leur douceur : il n'y avait qu'à les laisser faire, à cause qu'ils appliquaient à tout l'Écriture sainte et qu'ils chantaient mélodieusement des psaumes rimes... M. Claude était le plus subtil de tous les hommes à éluder les décisions de son Église lorsqu'elles l'incommodaient.

La satire parfois s'élargit en comédie, comme dans le récit célèbre de la visite de Carlostad à Luther :

Au sortir du sermon de Luther, Carlostad le vint trouver à V Ourse noire, où il logeait; lieu remarquable dans cette histoire, pour avoir donné le commencement à la guerre sacramentaire parmi les nouveaux réformés. Là, parmi d'autres discours, et après s'être excusé le mieux qu'il put sur la sédition, Carlostad déclare à Luther qu'il ne pouvait souffrir son opinion de la présence réelle. Luther, avec un air dédaigneux, le défia d'écrire contre lui, et lui promit un florin d'or s'il l'entreprenait. Il tire le florin de sa poche. Carlostad le met dans la sienne. Ils touchèrent en la main l'un de l'autre, en se promettant mutuellement de se faire bonne guerre. Luther but à la santé de Carlostad et du bel ouvrage qu'il allait mettre au jour; Carlostad fit raison, et avala le verre plein; ainsi la guerre fut déclarée à la mode du pays, le 22 août en 1524. L'adieu des combattants fut mémorable. « Puissé-je te voir sur la roue! » dit Carlostad à Luther. « Puisses-tu te rompre le cou avant

dans Orlemonde, ■< fut reçu à grandi ila le nouvel Étm

; 'très.

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