C. de Litt. — Mme de Maiktenoh et St-Simon
cond imi - - I •'' fanl Les
savantes et cell< rent leui sexe par une ignorance
qu'on ne leur per-
rien » qui puisse Fortifier leur vertu ni occuper
• idre d'avoir de La raison
el ju ni au monde que pour
ir ne rien faire et ne dire qu eut autant de boîu d'orner leur s . A vrai dire, préoccupée avant tout d'éviter le reproche de pédantisme, elle donne la plus lai -
d dont elle esquisse les Lignes principales, aux . dessin et peinture, musiq ' aux
coulure, soins du ménage et même de la cuisine, au détriment d • L'instruction proprement dite, car l'élude ,: - ss étrangères italien et espagnol fait nécessai- .( partie de L'édueation d'une « femme de qualité ». Ma- - . léry n'en a pas moins mérité d'être appelée par Sainte-Beuve, « L'une des institutrices île I - m i-
Je formation et de transition ».
- {ne. M,,,c de Maintenon n'a pas «lu cher- I Cyrus des Leçons et des exemples. Elle i contraire, L'amie et, à certains égards, le disciple de | [ai aura soin d'opposer au portrait de la préci
dans sa Satire des femmes, la Ggure de la jeune fille é 1 • - Saint-Cyr. Les femmes avaient trouvé plus d'un défenseur contre le satirique, et n'est encore l'avis des femmes que L'un d'eux. Perrault, invoquait dans son plaidoyer en fai M des
k'ur discernement pour les choses fines el déli it pour ce qui est clair, vif. natui -ubit qu'e 1 de tout ce qui
. contraint el en. .. D n'y a près mes ni.
.. qUi ne j .. «prit et qui n'en jugent plus
,nt point qu'on leur rende la pa-
l tait mettre de son côté les femmes, à la réserve peut- .'! Dacier. Celle-ci pourtant témoignait malgré elle
.me comp&gi inaires domestique* que publiques, de ceux.
ir ».
I frus, 1. II. Um* de ■■ ' "rrespon-
• pins crament : Toutes les dames de la cour sont des oisons, • rennes.
en faveur de l'âge nouveau. « Notre siècle, dit Mme de Lambert, lui doit beaucoup : elle a prolesté contre l'erreur commune qui nous condamne à l'ignorance. Les hommes, autant par dédain que par supériorité, nous ont interdit tout savoir; Mme Dacier est une autorité qui prouve que les femmes en sont capables. » C'est à d'autres inspirations pourtant que Mme de Mainlenon obéit; ce sont d'autres modèles qu'elle se propose. Elle avait lu, sans doute, le Traita du choix et de la méthode des études (1686), où l'abbé Fleury demandait si la femme n'avait pas, aussi bien que l'homme, une raison à conduire, une volonté à régler, des passions à combattre, une santé à conserver, des biens à gouverner, et si, pour faire tout cela, il suffirait d'apprendre « le catéchisme, la couture, chanter, danser et s'habiller à la mode, faire bien la révérence ». Plus certainement encore, elle a lu et goûté la charmante consultation de Fénelon si improprement intitulée Traité de l'éducation des filles. On a dit que l'éducation de Saint-Cyr semble réglée sur le Traité de Fénelon. Ceci encore est vrai à la fois et faux, faux de l'éducation générale donnée à Saint-Cyr, et qui ne fut pas toujours si différente de celle d'un couvent; vrai de l'éducation donnée dans le Saint-Cyr de la première époque et de la première « manière ». D'autres n'ont pas complètement raison non plus lorsqu'ils affirment, en sens opposé, que jamais l'intluence de Fénelon ne s'est exercée sur les éludes à Saint-Cyr1. Il serait surprenant que cette influence eût agi sur Mme de Mainlenon, personnellement, pendant une période de temps assez longue, sans agir sur l'œuvre où elle mettait son àme. Mais que l'intluence de Fénelon persistât longtemps, cela eût été plus surprenant encore. Fénelon, considéré comme éducateur, n'est pas moins homme du monde qu'homme d'Église; il Test peut-être davantage, et c'est à vivre dans le monde qu'il prépare des jeunes filles de qualité. Mme de Mainlenon prépare des jeunes filles nobles, mais pauvres et humiliées de leur condition déchue, à une vie qui sera toujours ingrate, si elles ne font un riche mariage ou si elles n'entrent au couvent,
1. « Jamais, à aucun moment, le programme de Fénelon n'a été appliqué à Saint- Cyr. car M"« de Maintenon élevait les jeunes filles pour le couvent, tandis que Fénelon les élevait pour la famille. Le programme de Fénelon comprenait la lecture, l'écriture, la grammaire, les quatre règles de l'arithmétique, les histoires grecque et romaine, l'histoire de France, l'économie domestique, le droit, la musique, la peinture... Où voit-on la trace de ces enseignements à Saint-Cyr? On ne peut au contraire rien rêver de plus dissemblable ». (C. Sée, l'Enseignement secondaire des jeunes filles, 15 juin 1893.)
[(Telle doil - kla fois poui ut et pour
. m lis p -in un monde qui iTesl pas celui des Beaurilliers et des Cherreuse. Elle n'est donc pas tout à fait aussi à '• melon pour tracer nn plan d'éducation séduisant el \ [u'elle n'avait pas, l'imagination el 1 • sentira ml d'un Fénelon, elle n'en eut pas Fa ilemenl trouvé l'eni; - levoir même lui eûl inlerdil de former par une 6 lucation riante, à une vie qui ne Tétait pas, < filles que Dieu ', elle n'en doute pas, lui avait confiées. A ne considérer donc que la nature de L'œuvre, on se persuade qu'elle devait, après les premiers enchantements, devenir ce qu'elle est devenue, et prendre, pour ainsi dire, une teinte plus sombre.
Mais, si l'on considère le caractère et là nie de la fondatrice, peut-on comparer à la dévotion distinguée et mystique du grand epteur d'un prince du sang et bientôt archevêqueduc de Cambrai, la dévotion plus positive et pratique, mais aussi plus étroite, de la parvenue, qui choisit pour directeurs née un abbé Gobelin et un Godet des Marais? Dans lune de miel de son union avec Saint-Cyr, suivant de près l'union avec le roi, M"" de Maintenon laissait épanouir en elle et hors d'elle tout ce qu'elle pouvait avoir de tendre et de gai. Kl le emprunte alors à Fénelon un peu de son sourire, à Hacine un p-'u de sa sensibilité : Esther et Athalie naissent à sa voix, et donnent à ce premier Saint-Cyr un charme qui ne se rera plus. Mais bientôt ce ne sera pas seulement la femme à la raison pénétrante et ferme qui verra le danger de cette c tmmunication entre Saint-Cyr et la cour; c'est la dévote qui se dira, a qui l'on dira au besoin que tout cela est vanité, que la piété et l'humilité chrétienne sont le tout de l'homme, ■ ' -m tout de la jeune fille. C'est alors qu'elle écrit cette lettre spérée, où elle passe d'un extrême à l'auii :
Gyr ne se peut réparer que par le
Lucatioa que non- Lear avons don-
.: il -,-st bien juste que j'en souffre, puisque j'y ai con-
■ sonne, et je serai bien heu. m'en punit
:it. Mon orgueil s'est répandu par toute la maison, et le
. i qu'il l'emp irte m Ime par- I bonnes intentions.
lil que j'ai Toula établir la vertu à sainl-Cyr, mais j'ai bâti sur le
al point ce qui seul p tut fait e un fondement solide, j'ai voulu que
--•.'. le l'esprit, qu'on •'•levât leur cœur, qu'"ii formât leur raison;
ibbé Gobelin, j aille! 1674 : iJi'.-'i ne m'a le Saint-Cyr
[ne j'j cherche u.-,
j'ai réussi à ce dessein : elles ont de l'esprit, et s'en servent contre elles ont le cœur élevé, et sont plus fières et plus hautaines qu'il ne conviendrait de l'être aux plus grandes princesses; à parler même selon le monde, nous avons formé leur raison, et fait des discoureuses, présomptueuses, curieuses, hardies. C'est ainsi que l'on réussit quand le désir d'exceller nous fait agir. Une éducation simple et chrétienne aurait fait de bonnes filles, dont nous aurions fait de bonnes femmes et de bonnes religieuses, et nous ayons fait de beaux esprits que nous-mêmes, qui les avons formés, ne pouvons souffrir; voilà notre mal, et auquel j'ai plus de part que personne1.
Cette lettre suffirait à prouver que Mm0 de Maintenon ne s'est pas rendu tout d'abord un compte exact de ce qu'elle voulait faire, ou plutôt de ce qu'il fallait faire. Il lui a manqué la netteté dans la conception première, et c'est peu à peu seulement qu'elle a acquis la suite dans les méthodes. Si vraiment c'est elle qui avait causé tout le mal, comme elle le dit avec trop d'humilité peut-être, c'était à elle à le réparer, mais par une action lente et graduelle, sans révolution brusque. Mais elle se porte aux extrêmes, parce qu'après s'être placée momentanément à un point de vue tout humain, elle se place ensuite, définitivement, à un point de vue tout religieux. « 11 faut humilier l'esprit, » c'est à peu près comment ce principe peut se traduire. Au fond, — et c'est en quoi Mme de Maintenon, malgré sa droiture de jugement, reste inférieure à Fénelon, malgré les brillantes erreurs du brillant abbé2, — Mmo de Maintenon n'a qu'une médiocre opinion de l'intelligence et surtout du caractère de la femme. La femme ne sait rien qu'à demi, voilà pour l'intelligence. Quand elle sait ou croit savoir quelque chose, elle est égarée par l'orgueil. En deux mots, l'esprit chez la femme dégénère presque nécessairement en bel esprit. C'est la pure doctrine ecclésiastique, et ce n'est plus à Fénelon, ici, que l'on songe, mais àl'auteur du Panégyrique de sainte Catherine, à Bossuet, qui interdit la science aux femmes, parce que, quand elles seraient capables de l'acquérir, elles ne seraient pas capables de la« porter».
1. Lettre ù M°" de Fontaines, maîtresse générale des classes, 20 septembre 1C91.
2. « L'éducateur ecclésiastique avait sur plusieurs points des vues plus larges et plus profondes que l'institutrice laïque ». (Troluet, art. cité.)
La |»tMlago»ir «lr il"" «le Mnintenon. Faiblesse
an point <lr ^ ur de l'insliiirfioit.
Partanl m moins conl inte-
non eta.il conduite à restreindre considérablement, dans son
, la part de l'instruction proprement dite.
- : -1-- former des esprits droits, dit Marion, et la
crainte de former des beaux esprits l'ont empêchée de tenir
autant qu'il l'eût fallu à faire des esprits cultivés. » Elle formule
d'excellents préceptes, dont nos éducateurs modernes pour-
I encore faire leur profit; par exemple : « Ne laisser rien
ir qui ne soit excellent. » (1690.) Fénelon
l'avait déjà dit, il est vrai, et sous une forme plus im
mais M de Maintenon précise davantage l'idée qu'elle se fait
du rôle de la mémoire dans l'éducation. « La mémoire, dit-elle,
pas un talent bien rare, elle ne fait rien au mérite; » et
l'on est tenté d'abord de défendre contre elle cette bonne ou-
ollaboratrice du jugement; mai- voyez comme sitôt elle sait tout concilier.
Mme de Vandam, qui a beaucoup de mémoire, déplorait ce talent, comme s'il eût été incompatible avec le jugement. Madame lui dit : « // ne faut pas le un autre : on doit le conserver et même le cultitand Dieu Ta donn s qu'on
otage. Une marque qu'il est peu solide, u'on l'attribue à notre sexe, au lieu qu"'>n réserve le jugement aux hommes. — Est-il impossible, lui dit-on, d'avoir l'un et l'autre de ces talents :ï la fois? — Nullement, dit Madame. Il y a des personnes qui ont du jugement - moire, je ne les trouve pas beaucoup à plaii d'antres qui, irvues de jugement, y suppléent par uni moire, et c'est peu de chose; pour celles qui n'ont ni mémoire ni jugement, elles sont bien mal dans leurs aff;.
— - l'avis, dit une d ir cultiver !
moire des de D leur fit apprendre beaucoup de en .' — Non, dit
Madame, cela prendrait un temps qu'on emploierait bien plus utilement si on
- n. // m'est pas question de remplir leur esprit, niais qu'elles
■unent ce qu'elles pratiquent... Il veut hien mieux que vos filles sachent
>le choses et qu'elles les comprennent, et que les maîtresses s'occupent ievee-
torje fie former leur jugement que de remplir leur mémoire '. ><
si ainsi que d'une observation particulière Mme de Mainève à une vue générale et à une sorte de philosophie
pédagogique. Il y manque seulement peut-être une certaine grâce qui ne manquait pas à Montaigne lorsqu'il disait les mêmes choses. Comme Montaigne, elle attachait peu de prix au détail curieux, à tout ce qui n'est que le luxe superficiel de la science. Même elle trouvait que certaines maîtresses faisaient trop de cas de l'écriture et de l'orthographe : « C'est un très aimable talent quand il est par-dessus tous les autres, et peu de chose quand il est seul1. » L'orthographe, en particulier, cette orthographe infiniment variable du xvne siècle et que le xix° met un soin jaloux à garder immuable, lui inspirait si peu de respect que l'observer trop exactement lui paraissait une marque de « pédanterie » (ce qui est peut-être excessif). Elle voulait qu'on enseignât la grammaire seulement dans ses principes essentiels, mais qu'on étudiât la langue française dans son génie, et aucune étude à ses yeux n'était plus utile pour comprendre le mécanisme de son propre idiome. que de le comparer avec celui d'un idiome étranger'2. Mais, pour apprendre à bien parler la langue française, il n'eût pas été mauvais non plus d'apprendre à l'écrire; cela, ce n'est plus « l'écriture », ce sont « les écritures », ou, pour parler comme nous parlons, les exercices écrits. Mme de Maintenon s'en défie, car c'est une porte ouverte au bel esprit. Ces exercices, qui sont au premier plan dans toute saine pédagogie, n'occupent qu'une place insignifiante dans la sienne.
C'est que, dans cette pédagogie, les bonnes maximes sont éparses et ne forment pas de corps de doctrine, du moins en ce qui concerne l'instruction. Si une doctrine, au contraire, surnage, c'est que l'instruction étendue a plus de dangers que d'avantages. Ainsi, elle veut qu'on explique aux élèves autant que possible tout ce qu'on leur fait lire comme tout ce qu'on leur dit. Le principe est excellent, et revient à cet autre : Peu de livres, mais familiers ; peu de lectures, mais approfondies. On approuve cela. On n'approuve plus quand ce principe est présenté sous cette forme étroite : Le moins de lectures possible, car la lecture fait plus de mal que de bien aux jeunes filles : « Les livres profanes inspirent l'orgueil et nourrissent la curiosité, si dangereuse à notre sexe, à mesure qu'ils étendent les connaissances 3. » C'est toute la littérature profane qu'atteindrait