‹ Cours de littérature (volume 3)Chapitre 123 sur 228 · Gréard. Education des femmes par les femmes · texte numérisé non relu

Gréard. Education des femmes par les femmes

3. Lettre à M»« de la Viefville, 20 décembre 1703, et Instructions à la duchesse ■de Bourgogne.

- DE l.lil Kl; ATI RE

Lture antique, mais celle du \uie si

it dû se i ai de

• d'un Pascal nu d'un oeille aspire des sentiments généreux ? C'est pré-

ut là qu'est I . Aucun.- Lecture n'est plus propre

; • ter cl à garder haut les cœurs. . >n le sait, et, le sachant, la condamne : « Je - - Is traits I -

sprit à nos jeunes filles et no les rendissent ises. it-elles donc de l'hisl

Ilien que l'histoire des prince-. I! est bonde connaître d'abord les « princes de sa nation , puis de prendre une légère con-

gers », pour ne pas brouiller la

suit^ de nos rois js princes des autre- pays, « mais tout

ni méthode, et seulement pour n'être j'as plus

1" commun des honnêtes gens1 ». A plus forte

ine connaissance 1- . rincipaîes » de

- . :.: -. Noi . . une « clarté • de toutes

ces ci ses - irait suffire : Bans littérature et -ans histoire,

- - ilement l'instruction qui omplète, c'est

l'éducation elle-même qui est comme découroni

On dit souvent : M deMainlenon n'a pas connu tout le prix de l'instruction ; mais quelle admirable éducatrice 1 » Mais peut-on distinguer entre deux choses si peu distinctes par nature? L'instruction n'est que le plus puissant des moyens d'éducation: l'éducation est bien peu large et humaine qui se prive -aire qui est l'instruction. C'est la valeur éducative de l'instruction que M • de Maintenon a méconnue, >ur une institutrice. Encore les demoiselles ient-elles se croire IV l'instructi 'est toute 'instruction, on peu

faut, qm M de Maintenon refusait aux b< - s : « 11 ne leur faut, disait-elle, ni vers ni conversations, il n'est point eur orner l'esprit », mais seul i de leur

inculquer les vertus domestiques et de leur apprendre a ce qui e pour être sauvé ». janvier 1715.) Loi en vouloir de n'avoir pas prévu notre enseignement secondaire mes tilles de l'enseignement primaire il ne saurait être

I août 1711.

MADAME DE MAÏNTENON 33

question), serait puéril. Mais, en lui accordant, après d'autres qui s'y connaissent, ce beau nom d'institutrice, n'y attachons pas toute la plénitude de sens qu'il emporte aujourd'hui, et disons non pas qu'elle a été une institutrice accomplie, mais qu'elle a eu, comme on disait alors, d'excellentes « parties » de l'institutrice.

YII

La raison âme de l'éducation. — La par! faite à la sensibilité es! -elle suffisante? — Fond pessimiste du système.

« Il faut, disait Mme de Maintenon, réjouir leur éducation et diversifier leur instruction. » « Quelle excellente pédagogie dans ces deux mots! » s'écrie Saint-Marc Girardin. Mais nous avons vu comment Mme de Maintenon savait « diversifier leur instruction ». Voyons comment elle a su « réjouir leur éducation ».

Un mot est écrit presque à chaque page des Entretiens de Mme de Maintenon et des dames de Saint-Cyr : c'est le mot de raison. La raison, au sens où elle l'entend, n'est pas cette faculté supérieure qu'étudient les philosophes ; c'est plutôt un sens pratique qui règle notre conduite, nous apprend à nous défier de tout ce qui est excessif, et nous met en garde. contre les ridicules aussi bien que contre les passions. C'est la modération, la tempérance des anciens, mais éclairée par le christianisme. Si elle ne les contenait dans leurs justes bornes, les qualités les meilleures risqueraient de se tourner en défauts. 11 ne faut donc pas la confondre avec la raison raisonnante, dont elle peut d'ailleurs emprunter le secours. Faute d'avoir pris ce mot de «raison » dans le sens où elle le prenait ellemême, quelques critiques ont au moins exagéré le caractère uniformément et sèchement raisonnable de sa doctrine, car, ici, elle aune doctrine, et elle y reste fidèle. Elle a écrit une conversation pour prouver <c que la raison trouve toujours sa place et fait du bien partout ». Mais de quelle raison s'agit-il? Écoutons les interlocutrices :

Odille. — La raison a quelque chose de bien sérieux et d'opposé aux plaisirs.

Marcelle. — N'est-ce point qu'on la confond avec la sévérité?

34 S DE I-ll rÉKATURE

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liraoce, 'l<- la joie, du badinage, du silen L'attention aux aul t8 g le leU

. — Je ne cr.>is pas la : ■ ■, critique;

elle met tout , elle veut qu ints jouent, que la jeuness -

divert- .ment, que la vieillesse cherche des relà< b

Dans son enthousiasme pour la vertu, Adélaïde la met audessus de lout, même — qui l'eût cru? — de la piété, car « la f beaucoup [.lus de bien si elle était réglée parla raison. La il prendre le change, la raison ne ie prend

jamais; La piété peul être indiscrète, la raison nelepeut <

a vertus en général dépendent d'elle, ayant tout. • soin de la raison « pour . .pos et pour ne prendre nulle

extrémité . 1.11e a donc ausn parfois son i Ite froide

ne à la Boilean : • Aimez donc la raison, » la raison seule! « Pour moi. tant que je vous verrai, je ne vous parlerai que de raison. » Mais on est rassuré, car la r qu'elle vante ne peut pas ne pas être aimable. Ce sont là ibles pour elle : « Adieu, mes enfants, dit-elle à la classe rouge 1701 . devenez bien raisonnables, et je vous assure que vous serez fort aimable- En ce sens, raison aimable, aimable vertu, ne fonl qu'un.

Mais à côté de la raison vertu il y a la îaison démonstration et dialectique, moins séduisante peut-être el d'un emploi moins traquent dans la pédagogie au moins enfantine. C'est aller bien loin que d'écrire : « Il faut parler à une fille de sepl ans aussi raisonnablement qu'a une de vingt ans1. » Mais l'excès n'est ici que dans la forme, et l'on doit entendre : Il faut parler raison même aux enfants, caries plus petits, s'ils ne comprennent pas combien la raison est raisonnable, sentent du moins cornla suirenl parce qu'on la leur fait aile Maintenon n'entre pas dansces nuances, el formule, comme on l'a souvent observé, un principe hautement, exclusivement rationnel, fondement de sa pédagogie tout Mitiére :

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