C. de Litt. — M»« de .Maintenon et St-Simu.v
ITTÉRATURK
truire motif»
i»t le niuli.
Ainsi, accord de I de l'amour de la réputation, s'il
: sinon, amour de la réputali m en attendant la | Cela est fort bien combiné: mais rient dans tout
du devoir? Le sentiment de l'honneur, si élevé qu'il \ • n Liendra-t-il la place? et l'amour de la réputation n'a-t-il l'un peu bien sec et raide quand il i. joint pas l'am >ur du bien? Telle vie, telle morale; la ?i M dntenon n'a \ ssez hautement désintéi
g it la pure morale du devoir.
tention excellente qu'elle rappelle quelle sujétion continuelle elle-n core,
ie à la cour el ^ ni inai. c >ucher quand
il lui plaît. Elle veut que les demoiselles de lient
« dans l'ait merveilleux de savoir se vaincre soi-même, et de pliera toutes mains1 ». Savoir se contraindre, c'est pour elle Lad mérite, elle le dit et le répète; mais elle s'attire cette m, plus ingénue que malicieuse, d'une demoiselle : « Vous donc jamais naturellement? » Voilà, faite par une .1, la critique de cette | lagogie et de cette morale : la /.-.raine absolue; mais, quand elle a i Nature revendique ses di uni-.
:it la volonté? Il semble qu'elle n'ait plus à s puisque toute- ses déma i l'avance. Que
;t surtout la sensibilité? Il - -ans doute, de
-: faite, dans ce . aux senti-
ments du cœur. Entre la raison et le cœur il n'y a pas
ion, il y a plutôt alliance naturelle et facile. I ta peut prouver que dan> l'enseignement d>- Mme de Maintenon
: mais elle ii" l'est pas assez . ! gogue sans parti pris, qui commence parjus-
M 1 : d'avoir e itièremi
- son plaidoyer en vive critique :
LA
Son idéal, à elle, fut toujours de former des filles capables d'entendre et dé parler raison. Au préjudice du cœur? Point du tout. « Le plus grand de tous les plaisirs est d'en pouvoir faire. » Voilà uni1 des maximes qu'elle leur répète •sse, qu'elle écrit à la tête de leurs cahiers pour leur servir de modèle, lites jamais rien qui puisse désunir... Craignez de fâcher... N'aigrissez personne. » Ce qui esl vrai, cependant, c'est qu'elle leur prêche moins les vertus actives du cœur, l'enthousiasme, les généreuses folies, que la justice dans les sentiments, complément naturel de la justesse de l'esprit... On dirait qu'à ses yeux le cœur ne pouvait être qu'un guide suspect. Elle semble le tenir en défiance, comme si rien de solide ne pouvait venir de lui, comme si l'on ne pouvait sans imprudence y faire appel dans l'éducation. De là quelque chose d'étroit, de tendu à la fois, et pourtant d'un peu négatif, dans l'idéal qu'elle a en vue.. Manquant presque entièrement pour son compte de spontanéité et d'abandon, Mme de Maintenon s'est trop peu souciée d'en faire avoir aux jeunes filles de Saint-Cyr; encore moins a-t-elle senti tout le parti qu'on pouvait tirer de ces dispositions naturelles comme moyen d'éducation :.
Tout est réglé, c'est-à-dire que tout est desséché, car, en matière de sentiment, tout ce qui manque de spontanéité manque de grâce et de vie. Par exemple, les relations des élèves avec les maîtresses et des élèves entre elles perdent tout leur charme si elles sont réglementées; la confiance mutuelle, si nécessaire dans la vie en commun, s'évanouit si l'on passe son temps à observer les autres et à s'observer en face d'elles : « Ne vous fiez jamais à elles; il ne faut pas qu'elles s'y fient elles-mêmes; » si l'on n'y veille pas assidûment, des « intelligences » se formeront bientôt entre elles : elles causeront à voix basse, et voilà « la règle » menacée. Tant pis pour la règle, si elle est assez sèchement inflexible pour ne pas s'accommoder de camaraderies si naturelles et innocentes! Toute amitié qui se forme est-elle un complot qui se trame? Mme de Maintenon se fait, d'ailleurs, à elle-même l'objection que nous lui ferions : « Mais elles ne seront pas toujours gardées à vue...? » Sans doute, répondelle; mais, quand elles seront dans le monde, elles seront plus fortes, grâce à l'aide de Dieu, grâce aussi à celte éducation qui les aura rendues « timides ». Est-ce bien seulement la timide prudence que cette éducation leur aura donnée? N'est-ce pas aussi l'habitude de la froide réserve, la défiance, et, à la longue, l'incapacité de toute expansion généreusement naïve?
La doctrine morale de Mme de Maintenon est donc élevée, mais incomplète. Elle a connu toute la force de la raison; elle n'a pas assez senti qu'une force plus puissante encore est celle de la bonté.