‹ Cours de littérature (volume 3)Chapitre 130 sur 228 · du Pérou "t Gruel, i: février 1693 et avril · texte numérisé non relu

du Pérou "t Gruel, i: février 1693 et avril

MADAME DE 5IAINTEN0N 43

prouve l'usage, on pourrait dire que ce qu'il y a de meilleur dans sa pédagogie, c'est la psychologie sur laquelle elle est fondée; psychologie de la maîtresse et psychologie de 1' Celle-ci est moins approfondie peut-être, et pourtant on devrait Tavoir présente à l'esprit, quand on est tenté d'accuser l'austérité des Instructions et des Entretiens. Ce n'est pas une idée abstraite de l'enfant que se fait Mme de Maintenon : elle la voit vivre, se mouvoir; elle l'entend causer et rire, elle n'est point offensée que la jeunesse soit jeune. Telle demoiselle sort voloniers de son banc, et interrompt sa lecture pour regarder un oiseau qui vole? Ne vous hâtez pas de la condamner : « Celte vive vaudra peut-être mieux qu'une sournoise qui vous parait plus sage;... cette joie, cette vivacité, ce pétillement des enfants, qui fait qu'ils ne peuvent demeurer en place, est un effet de la jeunesse... L'âge, les affaires, les chagrins, modèrent bientôt cette joie de la jeunesse : chacun l'a éprouvé soi-même1. » Et, ne pouvant, cette fois, citer son propre exemple, elle cite celui de la duchesse de Bourgogne.

Ce qu'est l'enfance, ce qu'est la jeunesse, elle le sait donc, et qu'il faut leur être indulgent, car cela passe si vite ! Elle ne se- contentait pas de cette connaissance générale, et voulait que toute maîtresse prit soin de pénétrer les caractères souvent très divers des enfants qui lui étaient confiées. Elle-même donnait l'exemple, ne dédaignant pas de les étudier individuellement et d'approprier tel conseil à telle nature. En tout cas, elle savait d'où venaient les demoiselles de Saint-Cyr et où elles allaient. C'étaient des jeunes filles nobles, en qui la pauvreté n'éteignait pas la fierté. Ce qu'il y a de légitime et de sain dans cette fierté, elle se garde de l'avilir : ce serait leur « abaisser le cœur ». Mais elle ne souffre pas que cette fierté dégénère en dédaigneux orgueil. C'est l'épouse de Louis XIV qui leur fait entendre ces étranges paroles : « Dieu n'a permis le grand déchet de la noblesse que pour l'humilier, et peut-être pour punir quelques-uns de vos ancêtres qui ont abusé de leur autorité et de leurs richesses. » La noblesse, on l'a vu, n'est rien pour elle sans le mérite, et le mérite devient noblesse. Elle parle des paysans sans morgue, avec sympathie même. Par moments, elle fait songer à la Bruyère, à un la Bruyère sans amertume.

Combien superficielle, en dehors de Saint-Cyr, était l'éduca-

1. Entretiens, 1705. Voyez aussi, sur le caractère de la « méchanceté ». l'Entretien du 1:! avril 1700.

quand elle n'était pas dirigée par

i par un Fénelon, elle ne l'if - lavan-

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de bonnes manièi

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n que M- de Maintenon, pas même Fénelon, chez qui

si plus brillante, le sentiment plus délicat, mais

qui, dan- L'âme, après tout, reste gentilhomme,

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