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intenon,
Hme cic Maintenon écrivain. — Sa correspondance et celle de Mme de Se vigne.
« Il n'est pas resté de Saint-Cyr un mode nouveau d'éducation. Il en est resté Athalie, Esther; il en est resté ce que Mme de Maintenon a écrit de meilleur et de plus attachant1, » c'est-àdire sa correspondance d'une part; de l'autre, ses écrits destinés à Saint-Cyr, ou les Entretiens dont les dames de Saint-Cyi ont recueilli pour nous la substance nourrissante.
Pour rendre justice à la correspondance de Mme de Maintenon, il convient d'écarter tout parallèle avec celle de Mme de Sévigné. « La joie est l'état naturel de notre âme, » disait de celle-ci son amie Mmc de la Fayette, tandis que Mmc de Maintenon, selon le mot de Sainte-Beuve, avait amassé des trésors d'ennui à amuser les autres. On ne saurait comparer à la vie heureuse — malgré les épreuves du début — et large de Mme de Sévigué, la vie pauvre et longtemps humiliée de Françoise d'Aubigné, veuve Scarron. On en veut à Mme de Maintenon de sa gravité précoce, du rôle qu'elle a pris l'habitude déjouer. N'ayant rien à cacher, Mme de Sévigné s'abandonne, et c'est par son abandon même qu'elle nous plaît. Mais il ne faut pas oublier que nous n'avons pas les lettres vraiment intimes de Mme de Maintenon, qu'en particulier toute sa correspondance avec le roi a été détruite; et par qui? par elle-même. Humilité chrétienne ou goût du mystère, peu importe le motif; il n'en est pas moins évident qu'il serait injuste de la juger d'après ce qui reste de cette correspondance volontairement mutilée. Ce qui reste, Sainte-Beuve l'a caractérisé à merveille :
Nous n'avons qu'une partie de son esprit dans ses lettres, le goût, le bon ton, la raison parfaite et le tour parfois piquant ; mais ce qui animait la société, cet enjouement qu'elle mêlait discrètement à ses récits, à ses histoires, ce qui pétillait de brillant et de fin sur son visage quand elle parlait d'action, comme dit Ghoisy, tout cela a disparu et ne s'est point noté. On n'a en quelque sorte que le dessin et la gravure de l'esprit de Mme de Maintenon, on n'en a pas le coloris2.