‹ Cours de littérature (volume 3)Chapitre 138 sur 228 · III · texte numérisé non relu

III

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jnnv.

— La l ■ 7" M

t. 11. p. isl rt BUÎV.

IhM.i . — Histoire de l'< inee; l'uni'-. in-8°; 7* parti. -, t. Mil V, eh. î.xxxv, i.xxxvi.

Michelet. — I Chamerot. in-8°; t. Mil.

Nisard. — M . t. II, 97.

— Histoire de la littérature française; Didot, t. III.

Noailles !»: . — B M i; Comon, 1818-1853,

4 in

'éducation des femmes; Perrin, in-12, t. II.

-Bedvb. — J / in-12. Michel I. t. !•*,

du hindi; Garnier, in-12; III. 56 à 03 ei 72 a 77; ! ii : \ III, 473 à I I I; M. 103 h 120.

— y Hachette, l Ma table du t. VII.

Saim- i t. in. — ./.-./. /; ,'Calmann-

Saint-Simon.— édit. Chéruel; Hachette. Voir la table du

t. Mil.

— Pm premiers Bourbons.

Schki ; Calmann-Lévy, in-

i. IX. p. 107 a 175.

I/O et M de Maintenon; Cerf, 1894, in-8°.

Cf. I- : CerL, mai, juin,

jui;

Skvi'.nk — Lettres des 13 janvier, 20 février

Cf. la table de l'édition Monmerqué, Hachette. Taphakel. — La Beaumelle : Pion, in-8«, 1898.

Tboluet. — l.n Littérature épistolaire >■> lcle, t. VI,

ch. h. de ['Histoire de la littérature française dirigée par Petit

de Julie ville; Colin, i Voltaire.— /. A7l.ch. xxvn, et supplément au Siècle

de Loui XIV, 3 partie.

rndance,\et\ A g tal, 22 nov. et 18 déc. 1752; 15,

; in. 9 juill 17 Formey, 17 janv. 1753, etc. Cf. la

table de l'édit Beujraot.

JUGEMENTS

C'était une femme d'esprit et de beaucoup d'agréments, que le beau monde, la galanterie, les intrigues, tant pour soi que pour autrui, avaient fort polie; toujours cherchant à plaire, avec beaucoup de grâces en tout ce qu'elle disait et faisait, en un langage doux, juste, en bons termes, naturellement éloquent et court, d'un air d'aisance et toujours de retenue et de respect,' que sa longue bassesse lui avait rendu naturel. Son beau temps avait été celui des belles conversations et ce qu'on appelait le temps des ruelles et de la belle galanterie. Celte sorte d'esprit lui demeura toujours, avec une forte teinte de précieux et de guindé qu'elle avait prise de son état de gouvernante. Le vernis de son importance l'augmenta, et celui de la dévotion qui la servit si bien fît semblant d'absorber tout le reste. Ce dernier lui était capital pour la maintenir où il l'avait portée et pour gouverner. Ce fut aussi à cet être de dévotion qu'elle immola tout le reste. La droiture et la franchise étaient trop difficiles à accorder avec sa situation et ses vues pour en retenir plus que la parure; elle n'était pas aussi tellement fausse que ce fût son caractère ni son goùl, mais la nécessité de ses anciennes intrigues et sa légèreté naturelle l'y avaient formée : légèreté si grande qu'elle la faisait paraître fausse au double de ce qu'elle l'était, et souvent en bien des occasions et des choses où elle ne l'était pas : elle n'avait de suite en rien que par contrainte ou par force ; son goût était de voltiger en connaissances, en amis, en amusements ; et comme il n'y eut plus d'amusements depuis qu'elle fut reine, son inégalité tomba toute sur les gens et sur les affaires. Ce qu'elle approuvait, même ce qu'elle conseillait hier, souvent elle le trouvait mauvais aujourd'hui, et il se fallait bien garder de lui faire sentir sa variation : elle s'engouait aisément des personnes dès la première fois qu'elle les voyait en particulier, et se répandait avec une ouverture surprenante et qui ouvrait les plus grandes espérances. Dès la seconde audience, elle s'importunait de cette même personne, fort ordinairement devenait sèche, cou-

[TTÉRÀTURE

paît couj armentail chan-

ivoir trouver. C'était uniquement s

idail sa p tite cour s petit nombi is qui

ix ministres, dans l'exacte clôture o enfermée et inai - - audiences àobtenir si difficiles,

outre le temps infini qu'elle perdait en écritures à l'ai:

Hâtions et des directions de couvents, même de dio- -■.•îit favori. Elle se croyait un-- mère de II.- I ection et la détresse de re vie lui avait rétréci l'esprit et avili les sentiments tellement qu'elle pensa toute s si fort en petit qu'elle fut

toujours au-dessous même de la Scarron. Rien n'était si rebu- 'inte à un état si radieux, et rien aussi uctif de tout Lien, comme rien de plus embarit et de plus dangereux que cette vacillité perpétuelle d'esprit en gens et en affaires. Elle eut encore la faiblesse d'être la confiance, miei par les confessions

qu'elle s'attirait, mais quu sa mutabilité ne laissait pas durer clôture la tint dans une ignorance profonde, croyant être informée de tout par les délations qu'elle entretenait et qui la conduisirent sans cesse et ti renient de duperies en duperies. Il y aurait Lien des choses à ajouter à - . er caractère, mais ce qui vienl dit suffira pour .re les artifices de son gouvernement actif et passif.

Saint-Simon, Parallèle </ ' < ii premi l

llae;.

II y a des lettres d'elle où l'art embellit le naturel et dont le - .... Elle est auteur comme M"" de Sévigné, ri a imprimé - • i mort. Les uni

beaucoup d'esprit, mais avec un esprit différent. Le cœur et l'imagination ont dicté celb : elles ont plus - liberté : i

de Maintenon sont plus contraintes; il semble qu'elle ait toujours prévu qu'ell il un jour publiques. M de

ri -ut que pour sa fille.

VOLTAIR! , S / uit XIV, ch. XXVI,

Je persiste à trouver que cette femme n'était point fausse; mais elle était sèche, austère, insensible, sans passion; elle raconte tous les événements de ce temps-là, qui étaient affreux pour la France et pour l'Espagne, comme si elle n'y avait pas un intérêt particulier; elle a plus l'air de l'ennui que de l'intérêt; ses lettres sont réfléchies; il y a beaucoup d'esprit, d'un style fort simple; mais elles ne sont point animées, et il s'en faut qu'elles soient aussi agréables que celles de Mme de Sévigné. Tout est passion, tout est en action dans celles de cette dernière; elle prend part à tout, tout l'atfecte, tout l'intéresse. Mmc de Maintenon, tout au contraire, raconte les plus grands événements, où elle jouait un rùle, avec le plus parfait sangfroid : on voit qu'elle n'aimait ni le roi, ni ses amis, ni ses parents, ni même sa place. Sans sentiment, sans imagination, elle ne se fait point d'illusions ; elle connaît la valeur intrinsèque de toutes choses, elle s'ennuie de la vie, et elle dit : « Il n'y a que la mort qui termine nettement les chagrins et les malheurs. » Un autre trait d'elle qui m'a fait plaisir : « 11 y a dans la droiture autant d'habileté que de vertu. » 11 me reste de cette lecture beaucoup d'opinion de son esprit, peu d'estime de son cœur, et nul goût pour sa personne; mais, je le dis, je persiste à ne la pas croire fausse... Elle n'était point aimable, parce qu'elle était triste et indifférente; sa dévotion avait nui à son esprit et gâté son discernement; elle s'était laissé conduire par les circonstances. Elle n'était point hypocrite ; sa dévotion était petite et minutieuse. Elle avait le malheur d'être sujette à l'ennui; mais, à tout prendre, c'était une femme qui avait naturellement l'esprit très philosophique et très éloigné, à ce qu'il me semble, de fausseté et de manège.

M'-110 du Deffaxd, Lettres à Walpole, 21 mars 1768 et 17 février 1773.

Si quelqu'un pouvait'èlre mis en parallèle avec Mme de Sévigné pour le genre épistolaire, ce serait Mme de Maintenon. Ses lettres sont plus pensées, elles ont plus de suite, plus d'exactitude et une élégance plus soutenue ; elles portent partout l'ex-

non touchante du sentiment et le caractère d'une âme n'ont ni ila vai ieté, ni

le brillant de celles Sévigné.

Gri-: .19 juin r 14.

■ - ■■ rnmes, en at le moins dejnsl . i si en vain que, dans mines célèbres ont voulu La Liliter; Mme de Genlis et Mae Suard ont perdu les frais de leur - recherches : el le roman et L'histoire .•ni échoué contre des préventions aussi obstinées. M Main tenon n'eut-ell - endanl Les qualités que les femmes ut le plus, et d - sont Le plus Gères? Ne fut-elle pas

• spirituelle? Ne fut-elle | , vertueuse

que les plus difficiles d'entre elles L'exigent?... Mais, disent-elles, H • de Maintenon fui ambitieuse. Cek est possible, m n'aurais pas crû Les femmes si in. is; j'aurais

même Boupçonné qu'une ambition couronnée d'un si brillant at L'éclat rejaillit, pour ainsi dire, sur elles, et prouve où peut aller leur ascendant et leur empire, les dis] rail à en être plutôt flattées que révoltées. Mais, ajoutent-elles, st ici la terrible accusation, elle ne lut pas sensibli

i sûres? 1 puis dire, c'est que c'est

un point toujours fort ditlicil I il me semble que

t incontestables qualités et un mérite vraiment suit devraient protéger la mémoire de Mme de Maintenon contre une accusation toujours incertaine el douteuse... Je ne M de Maintenon n'ait jamais eu ni erreurs ni préventions; [u'elle ne fut pas parfaite que

mmes ne L'aiment j stiment pas, je n'ai rien à dire.

J)j; Féletz, M ■ V.

. M d- Mainte*

: il avoue qu'el innaîl quelques

il convient aussi qu'elle en avait beaucoup

çinal : il fuit .Hro allemand pour trouver ou '•}'■■' de Maintenon.

MADAME ÙE MA1NTENQN Ul

de fausses et d'affectées; qu'elle avaitune ambition insatiable, un orgueil excessif, un fonds d'ingratitude, et fort peu d'attachement pour le roi.

Hoffmann, Œuvres, t. V.

Elle est de celles que de loin on traite assez mal, mais qu'on n'aborde pas de près impunément. Elle impose par un ton de simplicité noble et de dignité discrète ; elle plaît par le tour parlait et piquant qu'elle sait donner à la justesse. Il y a des moments même où l'on dirait qu'elle charme ; mais, dès qu'on la quitte, ce charme ne tient pas, et l'on reprend de la prévention contre sa personne.

Sainte-Beuve, Lundis, t. IV; Garnier.

Nous tâcherions de la peindre fidèlement, sans ressentir aucune sympathie pour celle qui jamais ne consulta ni le devoir ni son cœur, mais l'opinion ; ne poursuivit qu'un seul et bien misérable objet, la considération; feignant de prendre le plaisir d'un roi pour la volonté de Dieu; sans vertu à la fois et sans amour, victime volontaire, et par conséquent peu intéressante, de ce tyran vulgaire qu'on appelle les convenances du monde. V. Cousin, Jacqueline Pascal; Perrin.

Les lettres de Mme de Maintenon étaient faites moins pour être lues que pour être méditées. Il n'y faut pas chercher « ce qui pétillait de brillant et de fin sur son visage quand elle parlait d'action », suivant le mot de Ghoisy ; elles donnent « le dessin plutôt que le coloris de son esprit». (Sainte-Beuve.) Mais dans cette gravité de ton quelle souplesse ! Quelle force et quelle tenue dans cette pensée presque toujours juste, toujours sobre, également éloignée du paradoxe et de la déclamation ! Et quel modèle de ce style qu'elle recommandait aux demoiselles, « simple, naturel, sans tour, succinct » ! Mmc de Maintenon est un écrivain. Sa langue est souvent pleine et savoureuse comme celle de Molière, subtile et délicate comme celle

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