C. de Litt. — M™e de Maintenon et St-Simon
llo COURS DE LITTERATURE
- En vain il réclame modestement l'indulgence: A . ien corrige rit, il faut savoir Lien écrire;
n'ai pas dû m'en piquei . ■• Peut-
pique p - Mai honnête homme n
pique il reconnaît lui-même que la mont r< peut
donner à . la netteté et de L'éclat, reux
comme il l'est île mettre la matière dans tout son jour, il n'a
pu mépriser la forme dans la mesure où elle fait valoir le
fond. jà remarqué qu'il a repris et perfectionné,
l'introduire dans sou Parallèle des t\
iid long morceau sur la révocation de l'édit de Nantes. Il
• pour le portrait de Mm>- de fttaintenon et pour plusi- Mis de personnages divers1. Les notes jetées au
l. D i le T'.'/iips, M. Sorel a indiqué les retouches sue*
Hontchevreuil : Il rencontre 'fans le Journal de .• .uv-i neur du duc du Maine, et de sa femme, ■ iv originaux, disgracieux de leur pers tte race d- complaisants •] ui irritait -i fort 1( lui'- de >aint-Simon. Il se imme les Hollandais .1 celle de leuri ■ mau gots mais une eau-forte 1 la Rembrandt. ^1 ont-
quoique fort homme d'honneur . I . la premièri 1. comme on dirait aujourd'hui,
In presn - use compagnon! 1. 1 femme n'a-
I lu? d'esprit que le mari, mais une prude, une dévote à vingt-quatre I crime de tout, qui 'tait L'inspectrice de la cour, avec qui il falrec qui il n'y avait ni considération nimiséi •■ Le soulagement était qu'elle 'tait merveilleusement dupe... C'était une vieille fée e, étique, àd 1 qui ne riait que par ressorts, qu'on ne voyait que
I mesures et qu'on se trouvait sur le dos à l'heure qu'on s'en défiait le ,, moins ri lit que par sentences. »
5aint-S -'- pas tenu k ce premier essai. L'esquisse est de 1 0 S 7 '. •!• us
as doute relu Dangeau. il considère son dessin, le trouve encore
terne met à chercher mieux : ■ C'était une figure longue, étroite,
e, un nez sans fin, de longues dents jaunes, présentées par
«• un rire d'imbécile qui contrefaisait le rire de bonté, même de protection ; un
e jaune ; en un mot. une fée qui depuis les pieds jusqu'à la tête ne se remuait ressorti ' nte sa vertu et son inquisition, n'empêcha pas les
dres d'une de ses filles au milieu de la cour... C'était le tribunal des jeunes - vieilles, sur le témoignage de qui on était admise ou rejetée, distingi
ia chassée 00 dément pour mieux
repris La plume. Il y a une nuance d'intention très sensible • 11 études d'un même original. Lors de la première ébauche, il n'a devant Les yeux que la figure • t La démarche; il les rend comme il
• la difformité physique d'un trait qui rappelle les profils des
t Mathurin Régnier. Le moraliste, plus tard, ajoute
sa note, et elle devient dominante. La peinture du cal le à celle du
s flottent entre le sens propre et le figuré ; la pensée commente chaque
• on.
1 u, voyait, et sans efforts, rien qu '.. . . Mie fée
. s, '-"tique. 1 d . -. qui ne riait que par ressorts . M tis comment se
d nts jaun
p ,■■ tion ? Il v a I I elle porte tout entière sut l'esprit et le moral du personnage. l'Ius
il n'a qu 1 fouiller
SAINT-SIMON m
courant de la plume sur le Journal de Dangeau sont li formées, souvent profondément, avant de devenir lu texte des Mémoires.
Le but de ce travail, dont il ne faudrait pas exagérer la fréquence ni la minutie, c'est le plus souvent de fondre les traits physiques et les traits moraux, de façon à laisser l'impression une et forte d'un ensemble vivant et vrai. Toutefois, son souci dominant n'est pas celui de la composition; du moins la composition, chez lui, est flottante, inégale, n'a pas les proportions justes ni les lignes harmonieuses qu'elle a chez un Bossuet, par exemple. La construction même de la phrase est souvent libre jusqu'à l'irrégularité. « Ce phlegme dura sans la moindre altération, également éloigné (le duc de Beauvilliers) d'être aise par religion et de cacher aussi le peu d'affliction qu'il ressentait... Sa clôture la tint (Mm0 de Maintenon) dans une ignorance profonde, croyant être informée de tout. » Un léger effort eût suffi pour alléger bien des phrases, comme celle qui alourdit le charmant récit du bon tour joué par Charnacé au tailleur dont la maisonnette interrompait la perspective de son avenue : « 11 avait une très longue et parfaitement belle avenue devant sa maison en Anjou, dam laquelle était placée une maison de paysan et son petit jardin qui s'y était apparemment trouvée lorsqu'elle fut plantée, et que jamais Charnacé ni son père n'avaient pu réduire ce paysan à la leur vendre, quelque avantage qu'ils lui en eussent offert; et c'est une opiniâtreté dont quantité de petits propriétaires se piquent, pour faire enrager des gens à la convenance et quelquefois à la nécessité desquels ils sont. » Il n'a pas daigné se donner cette peine; c'est l'exposition, il lui suffit qu'elle soit claire; quand le récit sera engagé, la phrase sera plus agile. On ne peut pas dire que la façon d'écrire de Saint-Simon soit celle du xvne siècle ni davantage celle du xvmc, car tantôt la phrase est longue, ample, mais rarement périodique, compliquée
dans ses cartons et à fondre les deux études. Il en fait un portrait achevé : « Sa « femme était une grande créature maigre, jaune, qui riait niais et montrait de Ionce gués vilaines dents, dévote à outrance, d'un maintien composé et à qui il ne man- « quait que la baguette pour être une parfaite fée. Sans aucun esprit, elle avait tellement captivé Mm* de Maintenon qu'elle ne voyait que par ses yeux, et ses yeux « ne voyaient jamais que des apparences, et la laissaient la dupe de tout. Elle était « pourtant la surveillante de toutes les femmes de la cour, et de son témoignage « dépendaient les distinctions ou les dégoûts, et souvent par enchaînement les foru tunes. » Cette fois, on ne songe plus aux images et aux comparaisons ; on ne recourt ni au portefeuille de Rembrandt ni au cabinet satirique de Régnier; c'est du la Bruyère en action qui se présente à nous, c'est-à-dire du Saint-Simon et du meilleur. »
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d'iiKi ir parler à peu près comme lui, crevant de
lance un Irai! a la Voltaire; tanéloquente et spirituelle.
: si de Villemain) fait son-
U ; là, tel mouvement fougueux Rousseau,
à la Bru • om-
; , si "il les considère comme observateurs
et moralisl s ssemblances sont superfl-
us deux sont enclins a - le comin - ..alterne d ivent
îerté silencieuse par des hommes qui ne 1 [aient • uivait prendre qu'une revan ! y a
autant de prudence que d'amertume dans ses épigrammes lonî, et ses porti aits, dont il nous faut chercher les • reconnaissables, si môme il n'est .nfronler avec ceux qu'a tracés Saint- :i, n'ont pas l'intensité de vie individuelle qui '•.■lai'' en ceux- vif par nu témoin autrement bien ['lac'
pour tout p. D la] ;'ii lui était ouvert
Chantilly ou sur Versailles la Br . irément voyait
;t avec fidélité, avec . mais — sauf pour la famille où il vivait, famille exprès-
il n'avait ni le loisir ni la hardiesse i.
- pour contempler en face tous ces grands dont il devinait plutôt qu'il ne mesurait la petitesse. Saint-Simon entre par la
itanl qu'il lui plaît dans la grande ne l'éblouit pas; les plus hauts person- ' à lui, ne pouvant soupçonner un ce duc et pair ■ îi r, et il est libre dass<
ires nous font connaître l'im- Lble clairvoyance. Puis, le soir, rentré dans sa < bouti ;
îpris conl jour, d'au-
tant plus poui n'épargnei personne qu'il se résigne
a n'a leurs qu m >rt. Plus littérateur et phi-
Im --I plaire; il I combine
I qu Ii réalité ne lui d< i garde, l ml le plaisir
i.nce des artili : ss d- l'homm
• n est
t 1'.- môm ! : S jeune quand
la 1'.: : il a vu |q liu du règne de Louis XIV, la
\ Y ; il ;i as
à une transformation des mœurs et à une lente déformation des caractères. Certaines pages de la Bruyère éclairent les origines de celte époque de transition, mais Saint-Simon y est plongé, et il est le seul à en traduire toute la complexité, on dirait volontiers même toute la monstruosité.
Au point de vue du style et de la langue, la comparaison entre les deux écrivains est plus instructive. Vers la fin de xvne siècle, la langue française s'avive en s'écourtant, cherche et trouve les tours variés qui peuvent le mieux traduire, avec les nuances de la pensée, les mouvements de plus en plus libres du sentiment. Toute la différence entre la Bruyère et Saint-Simon, c'est que le premier plie et coupe la phrase avec un art savant, tandis que le second, dans l'élan de sa fougue, la torture et la brise. Avec le sentiment, l'imagination s'émancipe : elle accentue le relief du trait, exagère l'éclat de la couleur, et, plus ou moins consciente de son art, plus ou moins spontanée, s'attache à produire l'effet, même matériel, que les purs classiques eussent dédaigné. Assurément, ici encore, la Bruyère est plus artiste que Saint-Simon. Et pourtant Saint- Simon a, lui aussi, ses procédés familiers, surtout pour peindre les portraits. Tantôt il met vigoureusement en saillie un trait unique d'une physionomie individuelle, et contraint le lecteur à ne voir que ce trait, désormais inoubliable : le duc d'Albuquerque est un petit homme trapu, mal bâti, avec des cheveux verts et gras qui lui battaient les épaules; Monsieur, un petit, homme ventru, monté sur des échasses, tant ses talons étaient hauts; d'Aubigné, évèque de Noyon, est crasseux et huileux à merveille. Tantôt il emprunte ses images aux sciences : Villeroy fait le vide autour de lui « comme une machine pneumatique » ; Mme de Gesvres, grande et maigre, marche « comme les grands oiseaux appelés demoiselles de Numidie; » une autre fait « des révérences perpendiculaires ». Le président de Harlay a un visage « en losange ». Le cardinal Dubois est un furet, une fouine qui vit dans les sapes. Enfin la langue élargie, un peu altérée, s'enrichit de mots nouveaux ou renouvelés, ou qui, français clepuis longtemps, n'avaient pas encore été jugés dignes de passer dans le langage écrit. Mais, sous ce rapport, combien la Bruyère parait discret réformateur1 à côté de Saint-Simon, ce
1. Voir, dans le fascicule sur la Bruyère, l'étude sur 'la Bruyère écrivain. M. de Boislisle écrit pourtant : « Un très petit nombre de mots ou d'expressions étaient la propriété personnelle, la création de l'auteur des Mémoires. » Mais il reconnaît
s DE LITTÉRATURE
5aint-S >n, don! les œuvres : i'à la fin du xvn
lins :
un public bien
différent d romantiques, el en
ite, coram
lii ■ . irdait
le moindi
qui! ' Mi-
• . il communiq s d'une ] ission
! peintre es notateur
minutieux de la réalité jusqu'en ses vulgarités ou en ses lai-
II esl un des plus grands parmi ' écrivains français.
Et, quoiqu'il soil extraordinaire, il n'esl pas aussi « phénbmé- :; a pu le dire. sme, romantisme, réalisme, ce
mtion : comme les s \ stéi • .wii" siècle ont pu avoii ' s, il y a eu des roman-
tiques et des réalistes avant le xixe siècle. Saint-Simon parait h tradition française; il n'est qu'en detradition du xviie siècle finissant. A prendre même les plus I ne faut pas croire que cet!'.- ira li-
soit uniquement r Voltaii Le g - Rabelais el dé
:. le M< ntaigne el de Lamartine, de la Fontaine et de l-Simon, ce génie infiniment 1
ttule immuable. Saint-Simon est un précurseur si l'on veut, mais un précurseur qui emprunte le meilleur peutêtre urées au fonds national rajeuni.
nies maina d
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