Lettre à la comtesse de Montberon, 29 janv
contes Ion la in ent même subtile, mais
lui a contes - - qui esl le pi
marquai)] lanscea - . direction, c'est la :
dont Fénelon traite certaines dévotioi
l'une qui se donnent pour uniques. U écrit en 170*5 - qui le consulte sur un de ces cas merveil-
: I que la lecture des choses extraordinaires : une imagination faible. D'ailleurs l'amour-pi enl d'être d<: s les n a admirés dai- Il me
• que le seul parti à prendre e?t de conduire c ine comme si
on ne faisait attention à aucune de i de Pobligi .
- •■lle-mème volontairement : c'est 1»- vrai moyen de découvrir si l'amourpropre ne l'attache point à c- - Kien ne pique tant l'a-
mour-propre et ne découvre mieux l'illusion, qu'une direction simple, qui compte pour rien ces m :ui assujettit la personne en qui elles sont
à faire comme si elle ne les avait pas.
dévotes chimériques, il les ramène à la vie réelle, « Régler son domestique, mettre en ordre ses affaires, élever ses enfants », cela au^si à son prix. Rêver à la perfection spirituelle esl bien; dormir est mieux encore : « Dormez autant que vous pourrez : votre corps en a besoin... Demeurez au lit autant qu'autrefois : je n'aurai bonne opinion de votre état intérieur que quand vous posséderez as-ez votre âme en patience pour bien dormir. » C'est ce même sens du réel qui le porte à détourner la comtesse de Montberon de mettre sa petite-fille au couvent : « Le meilleur la gênera, l'ennuiera, la révoltera, la rendra fausse et passionnée pour le monde. » Ne craignons
m lisant les Lettres spirituelles, de nous perdre toujours dans une mysticité nuageuse. Les familiarités de ton el d'ex-
.m abondent : « C'est un amour-propre d'enfant jaloux d'une pomme, qui pleure pour l'avoir... Tout est pot au lait en
tonde; chacun de nous est la pauvre Perretle... Il faut traiter les dépits de l'amour-propre comme certaines gens traitent
vapeurs. Ils ne les écoutent point, ils font comme s'ils ne sentaient pas. » Nous sourions ici, mais bientôt la causerie familière s'illumine d'un rayon de poésie. Trop de métaphores précisent à nos yeux et colorent l'idée, mais combien sont d'une justesse frappante! Pour caractériser certains sentiments fugitifs, certaines pensée- qui traversent l'esprit et biennt, il dira tour à tour : m C'est la trace d'un poisson dans l'eau: elle s'efface aussitôt qu'elle se forme... C'est
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comme un domestique indifférent, qu'on voit entrer et sortir de sa chambre sans lui rien dire. » Certaines figures, il est vrai, sont répétées à satiété, celles, par exemple, qui sont tirées de l'allaitement enfantin : mais la plupart prêtent au raisonnement un éclat qui n'est pas factice. « On voit sortir du fond du cœur, comme d'une caverne profonde, une infinité de sentiments honteux, semblables à des reptiles sales et pleins de venin... C'est Farnour-propre qui vit et qui combat contre la mort, comme un malade a des mouvements convulsifs à i'agonie... Cette figure trompeuse du monde, qui passe comme une décoration de thécàtre... Après que nous avons bien travaillé, Dieuse plait à emporter tout notre travail sous nos yeux, comme un coup de balai emporte une toile d'araignée... Ceux que l'esprit de Dieu enivre de son vin nouveau... Ces créatures faibles et malheureuses, qui sont les divinités de la terre, ne peuvent donner la force et le bonheur qu'elles n'ont pas. Va-t-on puiser de l'eau dans une fontaine tarie? » On le voit, ce psychologue, à qui rien n'est caché des secrets du cœur , est un poète qui n'ignore aucune des ressources de l'imagination.
Fénelon à Cambrai* — Sa correspondance. — Son caractère.
La plus grande partie des Lettres spirituelles sont de l'époque où Fénelon vivait exilé dans sonpalais archiépiscopal de Cambrai. Cet exil ne dura pas moins de dix-sept ans, de 1797 au 7 janvier 1715, date de la mort de Fénelon. Il ne contribua pas peu à fixer dans l'esprit du public l'image d'un Fénelon évangélique et attendri. Non qu'il eût dépouillé toutes les ambitions ni même tous les ressentiments; comme il gardait à la cour des amis, il gardait des ennemis dans l'Église; les jansénistes etleurs protecteurs, particulièrement M. deNoailles, en firent l'épreuve à leurs dépens. Mais, dans ce diocèse nouvellelement conquis à la France, où la douceur pouvait seule rendre la conquête définitive, dans ce pays frontière que la guerre désolait, son charme puissant de séduction opéra si bien qu'il apparut à tous comme Févêque par excellence. Sa bonté affable envers ses ouailles, les soins dévoués qu'il prodiguait aux blessés, l'hospitalité, large sans faste, que tous trouvaient chez lui, depuis les officiers qui traversaient Cambrai jusqu'aux
- ms que l'invasion avait chassés de leurs chaumi»
s Étal, à qui il offrait s • ibuait
:i idéalisa \ de ta roule ane verl elle, mais
plus humaine peut-être qu'on ne t'imaginait, et d'autant plus curi< i à étudier qu'elle est plus humaine.
caractère de Pénelon.
Les - nie purement français, clair et lo-
■-. tel qu'est celui \ mettenl surtout en relief la
fois équivoque de l'homme, ses contradictions,
•■ils mani s.
De. le que Ton puisse tracer vingt por-
traits différents, et vingt portraits dans chacun desquels il y ait quelque chose . sans qu'aucun cependant soit le modèle tout (.•m.
■ : quand on a rassemblé s tous les traits qui
ue, l'un après l'autre, on les a fidèlement reproduits, il ne manque plus qu'une touche, la dernière, et, selon comme on la donne,
.n tout autre personna. a voit appai *t qu'il y
a de tout en lui. Saint-Simon avait raison : du docteur et du novateur, pour ne pas dire de l'hérétique; de l'aristocrate et du phi xvur siècle allait entendre ce mot : de l'ambitieux otdu chrétien : du ; tionnaire et de l'inquisiteur; de l'utopiste et de l'homme d'ElM ; dubel esprit et de - contraires dans ] ns un seul es-
Pr>1 ! lurquoi, sans doute, quelque chose de
cette physionomie ondoyante échappant toujours au peintre le plus habile, il demeurera toujours, da:. i traits qu'on en retracera, quelque
d'indécis, de flottant et de nébuleux '.
Marquer ces contrastes, ce n'est guère que refaire l'admirable portrait de Pénelon par Saint-Simon. Mais n'est-ce pas trop appuyer d'un côté qu'ajouter, comme on ajoute :
.ne nature : a yeux, c'est au moins ce qur- l'on
; -1er une nature « insincère i , je veux dire qui manque de sincérité, n ir clairement conscience qu'elle en manque. En religion comme en politique, et en conversation comme en ai:
l, l'ayant naturel. lion ni calcul, il
croit néanmoins que ce sont les voies droites. Ne serait-' pas là
l'explication dernière de ce qu'il y a d'indéchiffrable dans cette curieuse et attirante physionomie de grand bon..
1. Bnwetière, Histoire et littérature, t. II. .M. Jules Lemaîtr. Médcul-
- . mais il D'affirmé .siti v*?-
et le sonnet qu'il consacre a Fénelon s'achète sur une ■Olte de point d'interrogation :
• n la complexité, •i simplicité, urne inquiétant respire oans ton œuvre,
l'ti charme féminin, on ne sait d'où venu.
lion t<- lit cygne h «oniPUTre, jonw toitueux, tu p
FENELON n
Ouvrez, d'autre part, l'ouvrage de M. Emm. de Broglie, Fénelon à Cambrai, quel homme différent vous apparaîtra! Féne-
lou est ici bon, sensible, sincère; et ce ne sont pas des conjectures que l'auteur hasarde, ce sont des faits qu'il laisse parler. Oui, mais non moins clairs, non moins probants dans l'autre sens paraissent être certains autres faits ou documents dont triomphent lesennemis de Fénelon, car il a encore ses ennemis acharnés comme ses amis enthousiastes. Au reste, comment expliquerait-on avec netteté les contradictions au moins apparentes de cette nature complexe, alors qu'il déclarait ne pas pouvoir les expliquer lui-même?
Je tiens à tout d'une certaine façon, et cela est incroyable; mais, d'un autre façon, j'y tiens peu. car je me laisse assez facilement détacher de la plupart des choses qui peuvent me flatter. Je n'en sens pas moins l'attachem ent foncier à moi-même. Au reste, je ne puis expliquer mon fond. Il m'échappe, il me parait changer à toute heure. Je ne saurais guère rien dire qui ne me paraisse faux un moment après. Le défaut subsistant et facile à dire, c'est que je tiens à moi, et que l'amour-propre me décide souvent... Mon état ne se peut expliquer, car je le comprends moins que personne. Dès que je veux dire quelque chose de moi en bien ou en mal, en épreuve ou en consolation, je le é trouve faux en le disant, parce que je n'ai aucune consistance en aucun sens.
Il y a une certaine coquetterie déjà et une certaine complaisance d'amour-propre à s'analyser et à s'humilier ainsi. Le problème que Fénelon semble ainsi nous proposer sera-t-il jamais résolu? Il n'y a pas apparence qu'il le soit pleinement. Fénelon est ainsi parce qu'il est Fénelon. Mais il est permis de croire qu'on se rapprochera d'autant plus de la vérité sur lui qu'on tiendra plus compte de ce fait, déjà observé par Saint- Simon, bon connaisseur en la matière : c'était un prélat grand seigneur, dont la vie ne fut pas tout une et droite comme celle de Bossuet, et qui put garder jusqu'au bout, avec cet air de bon goût qui, dit encore Saint-Simon, tient de l'usage de la meilleure compagnie, une finesse, une légèreté, une dextérité d'honnête homme, un sourire de brillant causeur qui volontiers a le dernier mot, une adresse de politique qui n'aime point à être battu, moins encore à être dupé. Un gentilhomme, en dépit de son humilité chrétienne, ne perd jamais tout à fait l'orgueil de la naissance. Dans une lettre de direction il conseille au vidante d'Amiens de choisir un ami « d'une naissance et d'un mérite » qui conviennent à ce qu'il est dans le monde. Il a la guerre en horreur; mais quand, par une sollicitude mal inspirée, la mère d'un de ses jeunes parents veut le dérober
lai fait entendre qu'on n'es( plus tilhomme quand on
r, qu'il aime peut-être plus qu'il ne dit i
le marquis d< . ,1 ne
dit plus que l'arl d nommes de I
; il lui permet et lui ordonne d'être court
Il est vrai que le princ ippliquer ii son d
réparer quelque lemeurerez d uns l'obs-
curité mu . moins que tous n'acquériez quel :
ir ménager toutes D place, ou en chemin d'y parvenir.
ttinuel, que
. D par vanité et par ambition, mois par li.lélité pour
rempli: - de votre état, et pour soutenir votre famille. Il ne faut y
ment ni indiscrétion ; mais, sans rechercher trop les per-
olliver, el profiter de toutes les oo
naturelles de leur plaire.
Un gentilhomme peut et doit être soldat et courtisan ; pourquoi ne serait-il pas ministre? Richelieu l*a été. Dans ses Uia* %t Fénelon n'épargne pas Richelieu ; en revanche, clans les siens, Vauvenargues fait dire par Richelieu à Fénelon : k Vous qui vous êtes montré si ami de la modération dans - écrits, ne vouliez-vous pas vous insinuer dans les esprits, prévaloir vos maximes?... Vous vouliez assujettir leshomi votre génie particulier. Croyez-moi, c'est là de l'ambitioi uvenargu »oint un détracteur de Féne-
lon: peut-être même, s'il avait parlé en son nom, lui eut-il fait plutôt honneur de celte ambition, lui qui donnait pour dei. l'homme : i Aimer les passions nobles. » Cette ambition latent»'* el j lus ou moins ine* a pu s'engager dans des
chemins détoun ; oyant suivre la grande route; mais ja-
mais elle ne l'a fait descendre au métier de complaisant. Toujours il garda l'indépendance du gentilhomme en maintenant ignitédu prélat. L'évêque de .Saint-Omer insinuait que sa . iite en certaines affaires religieuses pourrait lui nuire à la cour. S.i est ferme et haute.
' !u roi dont \
nais permettez-moi leur, que c'est Dieu el :. >i qu'il faut mettre
irif.-nt spirituelle*.
a malheureux et bien Indigne de mon ministère -i ma conscience
ne suffisait pas pour me déterminer à mes fonctions dans un. matière si grave, et s, on avait besoin de me presser par des réflexions de p Sit^uê mon-
Cette fierté de ton, cette aisance de manières, cette distinction générale d'allure, ne sont pas inconciliables avec la piété la plus sincère et la simplicité la moins jouée. Nous savons par des témoins de sa vie à Cambrai qu'il savait use rendre simple avec les simples, enfant avec les enfants ». Aurait-il pu soutenir près de vingt ans cette longue comédie? Il y avait donc chez lui un fonds de candeur avec un fonds d'habileté. De cette candeur naturelle naissent l'abandon, la familiarité et même une certaine gaieté douce; témoins les lettres au chevalier Destouches, le « cher bonhomme », un épicurien à la morale facile, que Fenelon s'étonne d'aimer : « Pourquoi ce grave archevêque aime-t-il tant un homme aussi profane ? Voilà un grand scandale, je l'avoue; le moyen de m'en corrriger? » Et ailleurs a propos des excès de table du chevalier : « Je crains votre impemtence sérieusement, vous mourrez par vos appétits gloutons : voilà une étrange mort... Oh! si je vous tenais! Quos ego... » C est sur le même ton qu'il écrit à ses neveux Fanfan (le marquis de Fénelon) et Panta (l'abbé de Beaumont) ; mais ici la tendresse prend un accent plus pénétrant et plus attendri. r
Il y a sous mes fenêtres cinq ou six lapins blancs qui feraient de belles fourrures ; mais ce serait dommage, car ils sont fort jolis, et mangent comme un grand prélat. Je vois aussi deux petits coqs, l'un noir et l'autre à pluma re couleur d aurore. Ils sont comme la France et l'Empire ; le noir est Achille, et 1 aurore est Hector J'ai vu quelques jolis paysages de vallons et de coteaux sur le bord de la foret de Mormal. J'embrasse le vénérable et les non vénérables marmots. Je suis tout à toi, moucher et unique Panta... Je ne ris plus que d amitié, et c'est l'amitié qui me fera mourir. Je ne vois ici le printemps que par les arbres de notre pauvre petit jardin... Oh ! que je vous souhaiterais a leur ombre !... Vous avez des espaces immenses à parcourir ; vous allez égaler es erreurs d Ulysse. Je compte tous vos pas, et mon cœur en sent ie prix. Cette absence nous préparera la joie d'une réunion... Les noyers morts m ont afflige : c'était ruris honos ».
Cette dernière lettre est du 22 mai 1714, quelques mois seulement avant la mort de Fénelon. Il est naturel qu'en ces derniers temps lame de Fénelon se répande en effusions attendries. Mais il ne les a pas attendus pour donner à l'amitié le meilleur