L'opéra de Télémaque, par Duchet, musique de Compra
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M intesquieu, Pensi'ts diverses.
- livres : je me viens d'imposer la contrainte «le relire le Télémaque. Ma grand'maman, il est ennuyeux à la mort. Ce n'est pas du véritable bon temps du siè- I s XIV. i avoisinail celui de Fontenelle et Lamotte. une certaine onction qui n'a point de chaleur. Toujours des préceptes, des descriptions, point de senti: int de mouvement, point de passion.
y\ du Deffand, Lettre à M 2 t. I77i.
Il est diffus, il est vrai, un pe i monotone et trop c!
• : mais il esl plein d'une . uorale : non de
que tout ie monde sait ou que tout le monde oublie à
force de la savoir, mais de celle qui rendrait un roi et son
peuple également heureux. Cette morale est l'unique objel de
l'auteur et fait I du livre.
. thélemy Abb< . M du Deffand, 27 oct. 1771.
livre rappela l'Europe aux harmonies de la nature. Il produisit une grande révolution dans la politique. Il ran
iplea et les rois aux arts utiles, au commerce, à L'agriculture et surtout au sentiment de la divinité. Cet ouvrage réunit à l'imagination d'Homère la sagesse de Confucius.
Bernardin de Saint-Pierre, Études de i
Quand on veut expliquer ce qui donne de la monotonie au charmant poème de Télémaque, on trouve que c'est le person-
nage de Mentor, qui, tout à la fois merveilleux et allégorique,
a les inconvénients des deux genres. Comme merveilleux, il Ole toute inquiétude sur le sort de Télémaque, par la certitude que l'on acquiert qu'il triomphera de tous les périls par le secours de la déesse: comme allégorique, il détruit tout reflet des passions, qui dépend de leurs combats intérieurs. Les deux pouvoirs que les moralistes distinguent dans le cœur de l'homme sont deux personnages dans le poème de Fénelon ; le caractère de Mentor est sans passion, celui de Télémaque sans empire sur lui-même. Mme de Staël, Essai sue les fictions.
Il a manqué au Télémaque une grande épreuve : le duc de Bourgogne n'a pas régné.
S. deSacy, Variétés littéraires, morales et historiques, t. Ier, Perrin.
Au plus fort de la querelle de Boileau et de Perrault, il n'v avait eu qu'une voix en Europe pour admirer le Télémaque, comme la réparation la plus glorieuse offerte par un beau génie à l'antiquité classique outragée. En composant des fictions d'Homère, des souvenirs de Sophocle, des rêveries de Platon et des préceptes moraux de la Cyropêdi>>, un livre exquis où brillait la fleur de l'antiquité tout entière, Fénelon avait dignement défendu les anciens par un chef-d'œuvre éclos au souffle de leur génie. Boileau, qui regrettait que Mentor fût un peu trop « prédicateur » et trouvait parfois ses maximes « un peu hardies », salua Fénelon comme un allié, et le Télémaque comme un plaidoyer en faveur d'Homère. Quelle plus belle défense, en effet, de l'antiquité païenne, que de la faire aimer en l'imitant, en lui dérobant sa mythologie gracieuse, le pathétique de ses poètes, les doctrines de ses moralistes, les rêves mêmes de ses philosophes, épurés par la sévérité toujours présente du génie chrétien?
H. Rigault, Histoire de la querelle des anciens et des modernes; Hachette.