Lettres des 1G et 26 janvier 171 i
COins HE LITTERATURE
■ . concluent brusquement que je ne sui< jai
/ un peu gâtés. Un d Homère fournit de nom - - ii leur
ot que tout l'agrément, toute la perfection de c née qu'il a avec le poèn lieu qi. rection du clu -ix que v<
de la place où tous les
b accompagnez toujours. La preuve de ma pensée, Monseigneur, car
- prouver à vont - . iriorité,
eurs anciennes qu'on allègue toujours comme la <
ndue imitation est lue tous les jeu: -
un nouveau plaisir par toutes sortes de sonnes; au li<-u que l'Iliade de
Mmc Dacier, quoique élégante, tombe des mains malgré qu'on »,-n ait, à moins
qu'une espace d'idulàtii'.- p .: Homère ne ranime le zèle du lecteur. Je vais
!re que vous-même, avec ce style enchanteur, qui n'a été
ne réussiriez à la faire lire qu'en lui prêtant beaucoup du
elon, toutefois, ne fut pas désarmé; il ne pouvait pas l'être. Au contraire, plus Lamolte semblait mettre de bonne g à le persuader et de souplesse à l'accaparer, plus il devait tenir à garder et à manifester son sentiment propre. La letttre du 4 mai 1714 est la première vraiment significative «le celles qu'il •dresse î Lamotte, la première où il s'élève au-dessus des banalités flatteuses et des malices bénignes. Toute une partie de
Vtrt » l'A- est d'avance condensée. Il proteste
d'abord qu'il n'admire point aveuglément les anciens, fort inégaux entre eux: les plus grands « ont la marque de l'humanité, qui est de n'être pas sans quelque reste d'imperfection ». Homère lui-même ne sommeille-t-il pas quelquefois, au témoignage d'Horace? Mais avec quelle chaleur il prend ensuite leur défense! Avec quelle netteté un peu dédaigneuse il nous fait comprendre ce qui manque, ce qui manquera toujours aux modernes pour les égaler!
Je ne saurais douter que la religion et les mœun des héi is d'Homère n'eussent de grands défauts. Il est naturel que ces défauts nous choquent dans les peintu: - . Iteis j'en excepte l'aimable simplicité du monde nai
!>' des masure, si éloignée de notre luxe, n'est point un défaut, et c'est «/•Ire luxe oui en est un très grand. D'ailleurs un poète est un peintre, qui doit peindre d'après nature, el observer tous les caractèi
te les hommes de tous : il eu à peu près le même fonds
rit et les mêmes talent», comme les plantes ont eu le même suc et la
m.'-rne vertu. Mais je crois que les Sicilien-, par exemple, sont plus propres h
être ; - Lapons. De plu>, il y a eud. i forme
ivcrnernent, les études, <nt été plus convenables qu< - autres
pour faciliter le progrès de la poésie. Par exemple, les mœurs des Grecs
formaient bien mieux des poètes que celles des Giml res lesT :utons. Nous sortons à peine d'un i él mnante barbarie; au contrai' • avaient une
très longue tradition de politesse et d'études des règles, I int sui d'esprit que sur les beaux-arts.
Les anciens ont évité l'écueil du bel esprit, où les Italiens modernes tombés, et dunt la contag dl un peu sentir ;'i plusieurs de nos
vains, d'ailleurs très distingué-. Ceux d'entre les anciens qui ont excellé, ont peinturée fnree et grâce lu simple nature. Ils ont gardé les caractères ; ils onl attrapé l'harmonie; ils ont su employer à propos le sentiment et la passion. C'est un mérite bien original.
L'aimable simplicité du monde naissant, le culte de la simple nature, la théorie des climats et, comme on dirait aujourd'hui, delà race, les attaques contre le luxe et le bel esprit, tout Fénelon est là. Cette sorte de profession de foi littéraire, qu'on lui a presque arrachée, s'achève sur le ton le plus conciliant : il ne prétend ni reprendre ni contredire personne ; il dit seulement quel est son goût, sans blâmer le goût d'aucun autre, sans défendre qu'on blâme le sien. La politesse et la discrétion veulent que les hommes se tolèrent mutuellement dans la variété d'opinions où ils se trouvent. Au risque de déplaire aux admirateurs passionnés et des anciens et des modernes, il conclut, d'une part, a qu'on ne peut pas trop louer les modernes qui font de grands efforts pour surpasser les anciens » ; de l'autre, que cette noble émulation serait dangereuse « si elle allait jusqu'à mépriser et à cesser d'étudier ces grands originaux ». On peut « tacher d'atteindre à ce qu'ils ont de plus sublime et de plus touchant, sans tomber dans une imitation servile pour les endroits qui peuvent être moins parfaits ou trop éloignés de nos mœurs. C'est avec cette liberté sijudicieuse et si délicate que Virgile a suivi Homère. »
Dès lors, il a pris position: cinq mois après, la Lettre à l'Académie parvenait à M. Dacier. On y retrouvait cet air poli et ce ton conciliant de l'homme du monde et du prélat; ce vif désir de plaire, et de plaire à tous, qui est le trait le plus caractéristique peut-être de cette nature; cet attachement foncier à des opinions qui se sont transformées en sentiments, mais tempéré par le dessein arrêté de ne heurter de front l'opinion de personne; ces « traits des anciens », dont parle Lamotte, si bien mis en œuvre, et ces citations si bien fondues avec le texte, trop multipliées au gré de ceux qui regrettent de voir interrompue en cent endroits cette belle prose coulante et attendrie, mais épanchées de L'âme plus que de la mémoire; cette possession de soi-même et ces petites finesses mêlées à ce naturel
sse 'l'un lettré i de l'antiquité p leur d'un moraliste chrétien :
i el Là, el ces élans itrevu, plus hardis que les vues les plus hardies nés; tout ce qui bit de l'homme et du livre un homnnet un livre uniques. On a souvent accu-' sa diplomatie, ses Lrop politiques, ses trop savants détours. - ulement s - e qui est compliquée; c'est la
question aussi qui offre bien des aspects divers, et l'esprit de Ion était trop fin pour ne pas les apercevoir, au moins ! possible, comme le croit Sainte-Beuve, que Fénelon n'ait pas eu « cette irritabilité de bon sens et de raison qui fait dire non avec véhémence, cette faculté droite et prompte, brusque, que Despréaux portail en littérature et liossuet en théologie »; mais il ne paraît pas moins certain qu il a vu ou soupçonné des choses qui ont échappé à ces deux Is hommes de bon sens. 11 sentait Homère et la Fontaine. la Bible et Virgile, Démosthènes et les Pères, Titien et Téniers; goût compréhensif, extrêmement délicat surceiïains points, memenl large sur d'autres, il s'efforçait de l'inspirer, de l'insinuer à ceux qui n'admiraient que les anciens et à ceux qui n'admiraient que les modernes. Et la lâche lui était d'autant plus difficile que la plupart du temps ceux qui admiraient iciens ne les sentaient pas, et que les partisans des momiraient le plus obstinément chez leurs auteurs ce par où ils étaient le moins admirables. Aux premiers il fallait dire : « La vraie antiquité n'est pas si solennelle que vous nous la faites »; aux seconds : « Les modernes ont leur beauté, mais seulement quand ils imitent la nature, et en cela, bon gré, mal gré, il- sont les disciples des anciens. »
Ln plaidant la cause de ses chers anciens sans se brouiller avec les modernes, Fénelon ne songeaitril qu'à ménager sa situation personnelle? n'avait-il pas à ménager aussi laCompamême qu'il voulait persuader? Lamotte assure qu'il a lu a l'Académie rassemblée cinq ou six chants de son Iliade, et que ceux qui connaissent le mieux le poème original l'ont fél'un air bien sincère. Six mois après la Lettre, Brossette dira que « si l'Académie française prenait quelque parti, la pluralité serait certainement pour Lamotte contre MIUC Danelon lui-même, en 1714, avait laissé entendre