DISCOURS
Le P. Lacordaire, soit dans ses conférences du collège Stanislas, qu'il fit à l'époque de sa maturité, soit dans ses entretiens du collège de Sorèze, où sa vieillesse alla chercher un repos mérité, revenait souvent à Bossuet, dont il est, et dans le sermon et dans l'oraison funèbre, un des moins indignes successeurs. Mais il ne pouvait lui échapper que la gloire oratoire d'un Bossuet supposait de longs siècles d'efforts plus ou moins heureux et de tâtonnements. On suppose qu'il rend un hommage chaleureux à ceux qui, dans la chair e, dans les controverses, dans le gouvernement de l'Église, ont précédé Bossuet, aux saint Bernard, aux Gerson, aux François de Sales, même aux Calvin, car Lacordaire, qui parlait avec modération de Luther, était capable de sentir ce que la prose oratoire devait à Calvin et à ses disciples, ne fût-ce que pour avoir réveillé et fortifié l'éloquence de la chaire catholique.
LETTRES
Il v : i \ ail pn cante-dii ans que Bossue! était moYt
quand on put':: - S rmons pour la première fois. On suppo-
(jue, sur la lin de sa rie, s s ire imprimer, il
- . el qu'il donne les raisons de son refus dans une
lettre à Mlu- dn Maintenons
i° Il lui est reconnaissant et obligé du désir qu'elle lui a témoigné df voir paraître les Sermons, mais il a résolu de ne pas les publier.
2 v'il a fait imprimer autrefois des Oraisons funèbres, c'était on dernier devoir qu'il rendait aux illustres morts dont il y avait célébré la mémoire. 11 a t'ait imprimer aussi son sermon suri'/ / 'était un acte public, une déclara-
tion, presque une profession de loi de l'Église de France.
mons qu'il a. jadis prononcés
fussent encore utiles à l'édification des fidèles, il en a fait passer
ibstance dans les principaux ouvrages qu'il a donnés au
publi . moment, il ach^\-- d'en résumer la doctrine dans
ses VA el les Méditations de l'Évangile.
; Enfin, M bs! pas si pauvre en prédica-
teurs, parmi lesquels il citera Le P. Bourdaloue •■! le P. Massillon, pour qu'il ue « raignlt pas, en déférant au désir de Mme de Main te non, de ce 1er à un mouvement de vanité indigne d'un vieillard, d'un chrétien, d'un évoque.
- de l'École normale, 1887.)
Lev P. S tau B et 1661 . — Au mois de février 1659,
était installé à Paris; cette année-là, il ne prononça
que quelques sermoni isolés, entre ;njtiv> le Panégyrique de
Paul. En 1660, il prêcha le carême aux Minimes de la place
. lui Carmélites du faubourg Saint-
Jacquc-s. — D'ailleurs U était déjà connu de la cour; le 19 mars
1659, il avait prononcé devant la reine mère Anne d'Autriche le Panégyrique de saint Joseph, et le 8 septembre 1(300, devant les deux reines et les plus grandes dames de la cour, le sermon pour la vêture de M110 de Bouillon.
A la suite de ces brillants succès, il fut désigné pour prêcher au Louvre le carême de 1602. On supposera que le P. Senault, de l'Oratoire, un des plus célèbres sermonnaires du temps, lui écrit à cette occasion (fin 1601). — On n'oubliera pas que le P. Senault fut désigné pour prêcher au Louvre lavent de 1662.
1° Nul n'était plus digne du choix de Sa Majesté que l'orateur qui a si magistralement trac'' dans le Panégyrique de Saint Paul les lois de l'éloquence religieuse.
2° Quelle puissance de logique et d'éloquence ne faut-il pas pour traiter devant un auditoire d'élite les sublimes mystères de la religion chrétienne ! Providence, Mort, Impénitence finale.
3° Et lorsque l'orateur descend des hauteurs des dogmes chrétiens jusque dans les profondeurs des passions humaines [Honneur du monde, Ambition), combien sa tâche n'est-elle pas difficile et même périlleuse !
4° L'orateur qui est si profondément imbu des saintes Écritures et des Pères de l'Église saura toujours être le digne interprèle de la Parole de Dieu et, dans la prédication qui lui est confiée, ajouter un nouvel éclat à son nom déjà glorieux.
(Clermont. — Devoir de licence, janv. 1892.)
Bossuet, âgé de trente-quatre ans, n'était encore qu'archidiacre au diocèse de Metz, mais sa réputation d'éloquence grandissait de jour en jour. En 1661, il prêcha le carême aux Carmélites du faubourg Saint-Jacques. Son secrétaire, Ledieu, rappelle qu'il fut alors très suivi par Messieurs de Port-Royal, qui étaient les plus vifs à exciter les applaudissements. C'est dans cette station que fut prononcé le Sermon sur la Mort.
Vous supposerez que Pascal, alors âgé de trente-huit ans et qui devait mourir un an après, s'est décidé, malgré ses souffrances et ses tristesses, à quitter son austère retraite pour entendre la parole du jeune abbé et que, dans une lettre à sa sœur, il essaye de caractériser par des traits expressifs l'orateur éloquent dont il admire le génie et envie la foi sereine.
(Cantal. — Brevet supérieur. — Aspirantes, 1888.)