C. de Litt. — Bossuet (Oraisons funèbres). i
maines plu< lard, l'oraison funèbre de sa mère à la Visitation ,1,. ch ebre fondé -, ar saint François de Sales
cl par Jeanne de Chaulai. La défunte reine aimait cette mai- , laquelle elle u léguer son cœur enfermé dans
une urne de vermeil. Ce coeur était placé sous les yeux de Bos- 3s : en lire un effet oratoire qui n'est pas le plus naturellement amené de son discours. 11 n'a garde d'oublier aussi la j i duc el de la duchesse d'Orléans; la nais-
i a ri âge de Henriette d'Angleterre sont i appelés motion discrète; c'est moins discrètement que sont rtus« «lu o sage et valeureux » Philippe d'Orprince que la sagesse conseil!»-, que la valeur anime, et que la justice accompagne dans toutes ses actions ». On sait que le duc d'Orléans méritait peu cet éloge, qui d'ailleurs, en moniB, était de convenance el presque d'obligation. tcelle a mettre en valeur les circonstances qui préci- »( animentle discours. 11 ne craint pas de l'aire directement appel aux souvenirs des religieuses qui ('écoutent; il ne craint même pas de regretter, devant elles, les « bornes étroites » du lieu où il parle : « Il faut éclater, s'écrie-t-il, percer cette en- . et faire retentir bien loin une parole qui ne peut être entendue. Quelle est donc cette grande parole que ne contenir l'humble église de la Visitation et qui semble tiente de se propager au loin? Ce que Bossuet avait à dire ce jour-la, il l'avait déjà laissé assez clairement entendre dans un sermon du 2 juillet 1660, prononcé à Sainte-Marie de Chailour la fête de la Visitation, précisément en présence de la reine d'Angleterre, dont le [ils Charles II venait de remonter lor le trône : • Grande et auguste reine, en laquelle Dieu a montré à nos jours un spectacle si surprenant de toutes ! volulions des choses humaines, et qui seule n'êtes point chanau milieu de tant de changements, admirez éternellement impéru trabh . La grande idée ; Providence, qui fera le fond du Disa un sur l'histoire uniqui, a vrai dire, fait le fond de toute La philosophie f, est exposée là en raccourci, telle déjà au B issuët l'exposera dans son oraison funèbre. Seulement, ici, elle domine et pénètre L'oraison entière.
L'idée de la Providence et la composition de l'oraison funèbre «le Henriette de France»
L'analyse de cette oraison funèbre devient facile dès qu'on la ramène à cette grande idée de la Providence, appliquée à la destinée de la reine d'Angleterre. C'est de là que le discours lire son exorde, sa division, ses développements essentiels, sa péroraison. On en comprend mal l'exorde fameux quand on ne l'étudié que comme un morceau oratoire : il pose déjà la question et d'avance la résout :
Celui qui règne dans les deux, et de qui relèvent tous les empires, à qui seul appartient la gloire, la majesté et l'indépendance, est aussi le seul qui se glorifie de faire la loi aux rois, et de leur donner, quand il lui plaît, degrandes et de terribles leçons. Soit qu'il élève les trônes, soit qu'il les abaisse, soit qu'il communique sa puissance aux princes, soit qu'il la retire à luimême et ne leur laisse que leur propre faiblesse, il leur apprend leurs devoirs d'une manière souveraine et digne de lui. Car en leur donnant sa puissance, il leur commande d'en user, comme il fait lui-même, pour le bien du monde ' et il leur fait voir, en la retirant, que toute leur majesté est empruntée, et que, pour être assis sur le trône, ils n'en sont pas moins sous sa main et sous son autorité suprême. C'est ainsi qu'il instruit les princes, non seulement par ries discours etpar des paroles, mais encore par des effets et par des exemples : Et mine, reges, iiitelligite ; erudimini, qui judicalis terram i .
Les textes des sermons et des oraisons de Bossuet, toujours si bien choisis, nous donnent comme le discours en substance. Cette oraison sera donc l'histoire instructive d'une grande leçon donnée aux rois en la personne de Charles Ier et de Henriette de France : « Vous verrez dans une seule vie toutes les extrémités des choses humaines : la félicité sans bornes, aussi bien que les misères,... un trône indignement renversé et miraculeusement rétabli. Voilà les enseignements que Dieu donne aux rois; ainsi fait-il voir au monde le néant de ses pompes et de ses grandeurs. »
La division n'est pas moins nette que la proposition d'où elle sort : Henriette a souffert, mais aussi bénéficié de cette leçon redoutable : Henriette « s'est instruite elle-même pen-
i. « Maintenant, ô rois, apprenez; instruisez-vous, juges de la terre. » (Psafm. i«, 10.) -,
• huit qoe Diea instruisait les peuples par son - xernple... Elle ennemenl de la bonne et de la mauvaise fortune,...
,11,. a sa | - - malheurs et de ses disgrâces plus
qu'elle n'a va il fait de sa gloire. Dans la vie de Henriette, Kos- <uei f< leux parts : celle de la grandeurel du bonheur
le monde de Henriette reine; celle de ses malheurs, mais de malheurs qui, en l'éclairant, ont fait son bonheur véri-
: d ins le présent parla piété, dans Kaveuu* en lui ouvrant le ciel.
Henriette, avant la révolution d'Angleterre, fille de lion i i IV, femme de Chaii< - I . belle, aimable, dévouée aux intérêts de
ligionet de la France, a su bien user du « charme inno- .lii..- Dieu avait préparé en elle au mi d'Angleterre. Mais
que Dieu < laisse sortir du puits de l'abîme la fumée qui obscurcit le soleil, selon l'expression de l'Apocalypse, c'est-àdire l'erreur et l'hérésie ><; la réforme religieuse va entraîner une révolution politique; les malheurs de Henriette vont com-