II- . pendant la révolution d'Angleterre, a été* malheu
en apparence, heureuse eu réalité, puisque Dieu semble n'avoir déchaîné cette révolution sur la reine que pour assurer le salut de la chrétienne. Entrant dans cette seconde partie, qui se prêtera mieux que la première au développement de providentielle, Bossuet reprend avec une nouvelle énergie la proposition qu'il avait pourtant bien nettement formulée début de son discours :
Ce i. ittTrage humain que je médite. Je n ici un histo-
:.i l'ordre des bataille.?, partis : il faut que je m faire trembler toute créature i Dieu. J'entrerai avec
u faire voir les meneil- ■ /.* de juste vengeance sur l'Angleterre, conrieorée pour lr salut de lu re\ <<■ fi ma^qu s par le doigt de
ù ri>e ei ri manifeste dans le» événements <jue j'ai u trotion ne peut résister a cette lam
>suet explique avec force commentée la révolution reli-
la révolution politique est sortie. Il ne fient marquer le
fatal dans lequel Dieu a résolu de borner le cours de L'hé-
mais il -ait que c'esl Dieu » qui donne quand il lui
plaît des bon s passions des hommes les plus
emportés, ou qui les précipite a son gré o; que, par conséquent,
Dieu qui. pour [.unir l'irréligieuse instabilité de ces peu-
pies, les a livrés à l'intempérance de leur folle curiosité ». Henriette eu vain lutte contre l'hérésie; elle l'eût extirpée d'A terre, « si Dieu n'eût pas été inflexible... Le terme fatal était proche, et le Ciel, qui semblait suspendre, en faveur de la piété de la reine, la vengeance qu'il méditait, commença à se déclarer. » — Mais cette vengeance n'aurait-elle pas pu épargner au moins la reine, cette reine héroïque qui soutint longtemps l'État attaqué «par une force invincible et divine »? Non; sur elle aussi Dieu a ses desseins ; la Providence, « autant attachée à lui conserver la vie qu'à renverser sa puissance », a voulu qu'elle tombât du trône, mais a voulu aussi qu'elle survécût à celte chute pour survivre aux attachements terrestres. Pendant don/.'1 ans, sans relâche, sans aucune consolation de la part des hommes, Dieu lui a fait « étudier sous sa main ces dures mais solides leçons ». Puis, à l'heure qu'il avait marquée, il est allé prendre comme par la main le roi son fils, pour le conduire à son trône. Elle se soumit plus que jamais à cette main souveraine qui tient du plus haut des cieux « les rênes de tous les empires », et sa piété fit l'admiration du monde.
Le triple but que la Providence se proposait était ainsi atteint : l'Angleterre était punie, les rois étaient avertis, Henriette était sauvée. Ramenant, dans une courte péroraison, l'idée première du discours, Bossuet se borne à souhaiter que le Dieu de miséricorde, satisfait des épreuves de Henriette, épargne désormais à sa famille et au monde de si terribles leçons.
Les portraits de Charles Ier et de Croimvell. — Bossuet est-il, peut-il être uu historien?
Eux-mêmes, les portraits de Charles. Ier et de Cromwell, qui forment le centre de ce discours, n'ont pas tout leur sens et toute leur vigueur démonstrative, si on les isole de l'ensemble et de l'idée directrice. Un grand historien fiançais de la révolution d'Angleterre a écrit de nos jours : « Je ne connais aucune grande histoire où éclate si évidemment, si glorieusement, le triomphe de la sagesse divine, au milieu et au travers de la sagesse humaine1. » Le philosophe de la Providence, Bossuet, devait plus que tout autre être frappé par ce carac-