L.a jeunesse de Fénelon (i6Si-i
Bossuet était d'une famille bourgeoise et de robe ; Fran< de Salignac de la Mothe -Fénelon appartenait à une famiiie aristocratique où l'on portait Fépée. A le lire, à le suivre dans sa vie et dans son œuvre, on le devinerait, si Ton n'en était instruit. Il naquit, le 6 août 1651, au château de Fénelon, dans le Périgord, de Pons de Salignac, comte de la Mothe-Fénelon, et de Louise de la Cropte de Saint- Abre, épousée par Pons de Salignac en secondes noces. Assez faible de santé dans son enfance, il séjourna jusqu'à l'âge de douze ans au château paternel. Commencées à T Université de Cahors, ses études se poursuivirent à Paris, au collège du Plessis, et s'achevèrent au séminaire de Saint-Sulpice.
D'assez bonne heure il avait perdu son père ; mais son oncle, le marquis de Fénelon, dont le fils avait trouvé la mort sous les murs de Candie, le considérait comme son fils adoptif. Une légende veut qu'il ait prêché, comme Bossuet, dès l'âge de quinze ans, devant un auditoire mondain, et que son oncle l'ait fait entrer à Saint-Sulpice pour le soustraire aux périls de ces succès prématurés. L'histoire, celle du moins qu'écrit Saint-Simon, ne mérite guère plus de crédit que la légende : elle prête à Fénelon de profonds calculs pour expliquer ses relations avec Saint-Sulpice, dont l'influence encore récente commençait à se fortifier. Mais on sait que le marquis de Fénelon était lié avec le fondateur de Saint-Sulpice, M. Olier, qui venait de mourir; celle liaison put suffire pour déterminer le choix de la maison, dirigée alors par M. Tronson, où Fénelon se prépara à la prêtrise ; car, s'il ne la reçut qu'à vingt-quatre ans, sa voca-