‹ Cours de littérature (volume 4)Chapitre 156 sur 178 · LETTRES ET DIALOGUES · texte numérisé non relu

LETTRES ET DIALOGUES

Le duc de Bourgogne à Louis XIV, — Fénelon, condamné par la cour de Rome pour son livre intitulé Maximes des saints, s'était soumis (1009) avec unedocililé qui causa à la cour de Versailles une admiration gônérîile.

Le duc de Bourgogne profila de cette disposition des esprits pour demander le retour de l'arclievêque de Cambrai, banni depuis deux ans, et il allait peut-être l'obtenir, lorsque furent publiées, par Tindiscrétion d'un copiste, les Aventures de TéUmaqiie, que les ennemis de Fénelon représentèrent comme un livre trop profane pour la plume d'un évêque, et comme une critique indirecte du gouvernement du roi.

Vous supposerez que l'ancien élève de Fénelon écrit alors au roi pour lui demander le rappel de son ancien précepteur.

(Concours général, 1866.)

Une de vos jeunes amies vous écrit que sa maîtresse a lu en classe le portrait que Fénelon trace, dans son TéUmaque, d'une jeune fille idéale à laquelle il donne le nom d'Antiope. Votre amie trouve d'abord que l'idéal n'est pas de ce monde, (ît que, comme on ne peut y atteindre, il importe peu de s'en rapprocher plus ou moins. Elle ajoute qu'elle ne voudrait môme pas avoir certaines qualités d'Anliopt», comme celle que Fénelon relève dans ces lignes : « Elle ne parle que pour la nécessité... A peine Tavons-nous entendue parler. » Votre amie ne pourrait se taire ainsi, elle ne le voudrait pas, de peur (le paraître iiiintolligonte.

Vous qui (Hes plus Agée et plus raisonnable, vous lui répondez.

(Maine-et-Loire. — Hrevet éléuentaire. — Aspirantes, juillet 1889.)

Fénelon fait part à un ami du projet qu il a conçu de raconter les aventures de Télémaque, en prenant pour guide Homère, et en se proposant, non pas seulement l'éducation de son royal élève, maisTinstruction de tous. Il essayera, d'ailleurs, d'instruire sans importuner, fidèle à ce précepte de son cher Horace :

Lectorem delectando pariterque monendo.

C'est le marquis de Fénelon, neveu de l'auteur du Télémaque, qui publia en Hollande la première édition complète du Télémaque. On écrira la lettre par laquelle il envoie le volume nouvellement paru soit au chevalier Destouches, soit à Ramsay.

Dès 1699 avait paru, sans nom d'auteur, la première partie du Télémaque. Personne n'hésita sur l'attribution du livre : on y avait reconnu la manière de penser, de sentir, d'écrire, de l'archevêque de Cambrai. C'est ce que dira un contemporain, que l'on choisira, en adressant ce premier Télémaque à l'un de ses amis de province. En même temps, il lui fera connaître l'impression produite à la cour et son opinion propre.

De Boze, qui remplaça Fénelon à l'Académie, et Dacier, qui le reçut, n'osèrent dire un seul mot du Télémaque, considéré alors comme un pamphlet politique. On suppose qu'un académicien écrit à l'un d'eux pour manifester son étonnement de ce silence; car si, au point de vue politique, le Télémaque peut être discuté, il est admirable comme livre d'éducation.

M™^ de Caylus avait envoyé la première édition correcte du Télémaque (1717) à M"*" de Maintenon, qui vivait alors dans la

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relraile. Celle-ci lui répondit : « Je ne me soucie point de lire Télëmaqiœ. » On suppose que M""*^ de Caylus insiste doucement près de sa tante, en faisant bon marché des allusions répandues dans tout l'ouvrage, môme de la partie romanesque, mais en considérant le THémaque uniquement comme liyre d'éducation, et en faisant observer combien, à ce point de vue, les idées de Fénelon diffèrent peu de celles que M"*" de Maintenon elle-même met chaque jour en pratique.

Le Télémaquc fut une des premières lectures d'Ernest Renan, et n'a peut-être pas été sans influence sur le développement d'un esprit encore incertain, qui cherchait sa voie. Dans un dialogue avec un ami moins enthousiaste, qui indique, sans y appuyer, les réserves nécessaires, il définit et loue le mélange de convention et de vérité, de naturel et d'art qui fait le charme de ce roman d'éducation.

DISSERTATIONS ET LEÇONS

Comparer les descriptions de Tenfer, dans VOdyssée, dans y Enéide et dans le Télémaque.

(Paris. — Leçon d'agrégatioih, 1854 ej 1857.)

Du Télémaque considéré comme ouvrage d'art et comme ouvrage pédagogique.

(Paris. — Leçon d'agrégation, 1854.)

De l'imitation et de Toriginalité dans le Télémaque.

(Paris. — Leçon d'agrégation, 1859.)

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