C'est moins ici une matière qu'un plan développé
G. de Litt. — Bossuet. 5.
L'ancien adversaire de Molière désavouera ici ses frivoles épigrammes d'autrefois, rendra hommage au génie qu'il a méconnu, et montrera que Molière n'est pas un corrupteur.
Enfin, il en appellera de Bossuet à Bossuet lui-même. Si la tragédie offre tant de dangers pour la morale, il faudra condamner du même coup Polyeucte, Aihalie et Esther, cette Esther représentée deux fois avec éclat devant Bossuet, et par qui? par de jeunes pensionnaires transformées en actrices. Si la comédie est si vraiment corruptrice, comment se fait-il que Bossuet ait fait lire Térence au dauphin et que, dans la lettre où il rend compte au pape Innocent IX de sa méthode d'éducation, il ait si bien loué les vives images de la vie humaine ([ue le comique latin fait passer devant nos yeux, le naturel et la vérité avec lesquels il peint les caractères de chaque âge et de chaque passion ? L'indulgence qu'on accorde à la délicatesse insinuante et attendrie de Térence, la verve franche et saine de Molière ne pourra-t-elle l'obtenir?
VU
Lettre de Bossuet à son père pour lui rendre compte de ses études de philosophie au collège de Navarre. 11 y dira, en particulier, qu'il lit assidûment les poêles et les historiens de la Grèce et de Rome, qu'il est ravi de la sublimité d'Homère et do la douceur de Virgile, mais que le grand maître de Navarre, Nicolas Cornet, lui rappelle sans cesse que les livres sacrés doivent faire le fondement de son étude. Il esquissera une comparaison entre la Bible et l'épopée païenne, sans méconnaître les beautés de celle-ci, mais en montrant qu'il sent déjà la grandeur de la poésie biblique.
Le P. de Neuville, qui prononça une oraison funèbre de Bossuet, vers le moment où ses sermons parurent pour la première fois, n'était point choqué par des « négligences de style inséparables de l'activité, de l'impétuosité du génie », et s'écriait:
« Je crois qu'avec de l'esprit, de l'étude, des efforts, on peut se permettre de marcher sur les pas de l'immortel Bourdaloue, et aspirer à lui ressembler, sans cependant se tlatter d'atteindre à la perfection de son modèle. Mais un Bossuet, passez-moi ces
expressions, il nait tout entier, il ne se forme point par des développements, par des accroissements successifs, et il y aurait presque autant de folie à entreprendre de l'imiter, que de délire à se promettre de l'égaler. »
Do m Deforis, l'éditeur de Bossuet, en félicitant le P. de Neuville d'avoir mieux compris que d'autres contemporains lo fçénie oratoire de Bossuet, relève ce qu'il peut y avoir d'inexact dans ce jugement.
DISSERTATIONS ET LEÇONS
De l'opinion de Bossuet sur la comédie. Comparer sur ce point Rousseau et Platon.
(Paris. — Leçon d'agrégation, 1855 et i857.)
Y a-l-il des analogies entre Pindare et Bossuet?
(Paris. — Leçon d'agrégation, 1879.)
Bossuet considéré dans ses procédés d'orateur et dans tout ce qui, en son génie oratoire, peut être tenu pour technique, et par conséquent peut être saisi et défini.
(Paris. — Devoir d'agrégation des lettres, 1896.)
Bossuet considéré slriclement comme écrivain. Quels sont les traits les plus caractéristiques de sa manière d'écrire?