‹ Cours de littérature (volume 4)Chapitre 49 sur 178 · Vi»irl;i (Jnzi'lti' ife /•'rtiiic' du -U) iioùt · texte numérisé non relu

Vi»irl;i (Jnzi'lti' ife /•'rtiiic' du -U) iioùt

touchante à la fois, et aussi de cette oraison funèbre de la mère qui avait précédé de si peu celle de la fille; et il s'écriait, s*adressaiit à Condé, qui devait survivre dix-sept ans à Henriette :

Monseigneur,

J'ÉTAIS donc encore destiné à rendre ce devoir funèbre à très haute et très puissante princesse Henriette-Anne d'Angleterre , duchesse d'Orléans. Elle que j'avais vue si attentive pendant que je rendais le môme devoir à la reine sa mère, devait être sitôt après le sujet d'un discours semblable, et ma triste voix était réservée à ce déplorable ministère.

Autrement paisible dans sa généralité était Texorde majestueux et lent de TOraison funèbre de Henriette de France : « Celui qui règne dans les cieux... » Plus tard, en adressant à Tabbé de Rancé, le 30 octobre 1680, les oraisons funèbres delà mère et de la fille, Bossuet écrivait : « Je vous envoie deux oraisons funèbres qui, parce qu'elles font voir le néant du monde, peuvent avoir place parmi les livres d'un solitaire ; en tout cas, on peut les regarder comme deux tètes de mort assez touchantes. » Très touchantes, sans doute, mais diversement : l'oraison de Henriette de France est celle d'une reine malheureuse, dont Bossuet considère la destinée comme une leçon pour tous les rois; l'oraison de Henriette d'Angleterre est celle d'une femme plus encore que d'une princesse, et la mort prématurée de cette femme est un grave sujet de méditation pour ious les hommes. La même idée, certes, celle de la Providence, maîtresse absolue de la vie et de la grandeur humaine, domine les deux discours; mais l'oraison de la vieille reine n'est pas autre chose que l'ample et calme développement de cette idée, et s'il s'y mêle quelque tristesse, c'est une tristesse sereine; l'oraison de la jeune duchesse généralise la leçon en l'étendant à tous ceux qui naissent et qui meurent, et pourtant donne à l'exemple qui précise la leçon un charme plus particulier et plus personnel. Et l'exemple touche ceux mêmes que la leçon ne convainc pas, car Bossuet, loin d'atténuer ici sa théorie de l'action providentielle, l'expose et l'applique de façon à étonner le lecteur moderne, si la figure aussitôt évoquée de Henriette ne faisait oublier ce qu'il peut y avoir de trop absolu dans l'expression tout au moins de la théorie. Bossuet ne craint pas de dire non seulement que Madame a été choisie, sacrifiée par Dieu, pour instruire les hommes, mais que pour l'instruire et le sauver à son tour, « il a fallu renverser tout un grand royaume ». — u Si les lois de l'État s'opposent à son salut éter-

nol, Dieu ébranlera toul TÉtat pour l'affranchir de ces lois. Il met los âmes à ce prix. » Ce qui revient à dire que Dieu a déchaîné la révolution d'Angleterre pour sauver Tâme de Madame. Mais ce « m3'stère de la prédestination et de la grâce », il n'est pas ici au premier plan; le dogme théologique s'elTace bie^t(^t devant les grands lieux comitiims de morale humaine, et la mort vient tout offusquer de son ombre, même cette révolution dont la princesse a été victime et dont Rossuet avait tracé le tableau en traits si larges et si hardis dans l'oraison do lf)()9. (ie serait lui faire injure que de croire qu'il avait épuisé le sujet on un pn;rnier effort, ot qu'il craignait de se répéter. Les choses qu'il jugeait nécessaires do redire, il les redisait. D'Ormesson déclarait ce sujet « stérile », sans doute parce qu'on n'y pouvait plus refaire les portraits de Charles I" et de Cromwell. Il est certain qu'il n'était pas aussi essentiellement hisloriquo, que lo précédent : les conflits politiques et religieux n'en sont pas absents, mais n'y sont pas l'essentiel. Ces terribles événomonts qui ont pesé sur la vio entière de la mère n'ont jeté qu'une ombre sur lo berceau de la fille. Ce qui est terrible dans la destinée do Madame, ce ne sont pas ses humiliations passées, c'est sa mort récente et foudroyante, à vingtsix ans. A la différence dos situations correspondra donc une différo?ico proTonde dans bî ton. Le « moi », dont les hommes, du xvn" siècle usent si discrètement, ce « moi » que Pascal jugeait haïssable, ici il se fait aimer, si bien, comme Ta remarqué Saint-Kvromond, qu'on passe aisément de Tadmiration du discours à celle do la porsonne de l'oratcMir*. Il semblerait déplacé, au contraire, quo des émotions si personnelles et si din'cloniont ressenties fussent traduitos dans un style impersonnel, que lo devoir du prêtre effaçftt les souvenirs do l'homme, (îL quo l'oraison fnnobro no se transfornii'\t pas à certains monionts on élégie. (Vost un témoin qui parle, ot un témoin qui fut un ami.

(jiir <lir;ii-ji' (le s.i lilx'iMliU';-.' Kllu ilnimail non spiilcrneul îivrc joie, ma!» .'iviM! iiiD' liiMilciir irriiiHM|iii ii);ir<iii:Lit tont (Misciiiiili- d It* iiK'pi'U du dun et r«'>lirm'il(t 1.1 |icr^uiiiH'. Tantôt par des pJii-Mh's tiincliaiiti'<, lîiiilôl mrmo par MHi HilriH'c, «'lli' n-ltivail k«'H pr/'HciiU; «'l rct art «l; il'Hiiicr u^réHbliMiK'lit, <nr<II<' avait si j)ii'ii prati«[Ur diiraiil sa vii», l'a >iiivi«', yV le sais'j jii8(iu'unlrc h's bra.s «l<,' la mort...

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