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Bossuet a dit, dans son oraison funèbre de Gondé : « Lorsque Dieu forma le coiur et les entrailles de l'homme, il y mit
ORAISON FÙNÊBEE DU PRII I CONDÊ 43
premièrement la. bonté comme le propre caractère de la nature divine, et comme pour élre la marque de cette main bienfaisante dont nous sortons. » Justifier cette opinion de Bossuet, qui considère la bonté comme la première des vertusr
(Nord — Brbvet supérieur. — Aspirantes, 1888.)
M. Gandar remarque que, dans Fallocution improvisée à Condé qui termine le sermon sur XEonneur du monde, Bo'ssuet trace d'avance, sans le savoir, le cadre de Téloge funèbre qu'il prononcera vingt'^sept ans plus tard. Examinez la valeur de cette assertion.
Villefranche-de-Rouergue. — J. Bardoax impr.
Bossùet précepteur du dauphin ; pourquoi et eoinment
il compose le « Discours »• '
Nous avons étudié l'œuvre « pédagogique » de Bossuet, en réservant le Discours sur l'histoire universelle, qui en est la partie vraiment classique. Mais on comprendrait mal le Discours si Ton ne rattachait pas la partie au tout, si Ton étudiait l'historien, l'orateur, Técrivain, sans se souvenir qu'il est avant tout ici le précepteur du dauphin de France. Vers la fin de sa lettre au pape Innocent XI, datée du 8 mars 1679, il écrit :
Maintenant que le cours de ses études est presque achevé, nous avons cru devoir travailler principalement à trois choses '' :
Premièrement k une Histoire universelle qui eût deux parties , dont la première comprit depuis Torigine du monde jusqu'à la chute de l'ancien empire romain et au couronnement de Gharlemagne ; et la seconde depuis ce nouvel empire établi par les Français. Il y avait déjà longtemps que nous l'avions •composée, et même que nous l'avions fait lire au prince ; mais nous la repassons maintenant, et nous y avons ajouté de nouvelles réflexions, qui font entendre toute la suite de la religion et les changements des empires, avec leurs causes profondes que nous reprenons dès leur origine. Dans cet ouvrage on voit paraître la religion toujours ferme et inébranlable, depuis le commenoement du monde; le rapport des deux Testaments lui donne cette force; et l'Évangile qu'on voit s'élever sur les fondements de la loi, montre une solidité (ju'on reconnaît aisément être à toute épreuve. On voit la vérité toujours victorieuse, les hérésies renversées, l'Église fondée sur la pierre les abattre par le seul poids d'une autorité si bien établie, et s'affermir avec le temps ; pendant qu'on voit au contraire les empires les plus florissants, non seulement «'affaiblir par la suite des années , mais encore se défaire mutuellement et tomber les uns sur les autres. Nous montrons d'où vient, d'un côté, une si ferme consistance; et, de l'autre, un état toujours changeant et des ruines inévitables. Cette dernière recherche nous a engagé à expliquer en peu de
1. Les deux autres choses sont la Politique tirée de l'Ecriture sainte et ua ouvrage, que nous n'avons pas, sur les Lois et Coutumes de France,