C. de Litt. — pascal (Provinciales
ceux qui le louent n'ont peut-être pas eu le courage d'aller jusqu'au bout. Les Provinciales vivent aujourd'hui sur leur réputation... »
On suppose que Xavier de Maistre, qui vient de relire les Provinciales, et qui est alors éloigné de son frère, lui écrit pour demander un adoucissement à cet arrêt.
DISSERTATIONS ET LEÇONS
Étudier, sous le rapport de la composition, la quatorzième Provinciale. Rapprocher cette lettre de l'écrit de Pascal sur VArt de persuader.
(Leçon d'agrégation, 1862.)
Racine a écrit dans sa deuxième lettre à l'auteur des Imaginaires: « Vous semble-t-il que les Lettres provinciales soient autre chose que des comédies? Dites-moi, Messieurs, qu'est-ce qui se passe dans les comédies ? On y joue un valet fourbe, un bourgeois avare, etc., tout ce qu'il y a dans le monde de plus digne de risée. J'avoue que le provincial a mieux choisi ses personnages; il les a cherchés dans les couvents et à la Sorbonne ; il a introduit sur la scène tantôt un jacobin, tantôt des docteurs, et toujours des jésuites. Combien de rôles leur fait-il jouer? Tantôt il amène un jésuite bonhomme, tantôt un jésuite méchant, et toujours un jésuite ridicule. » Que pensez-vous de ce jugement ?
(Gaen. — Licence es lettres.)
HT
Que savez-vous sur les Provinciales ?
(Poitiers. — Baccalauréat de l'enseignement spécial, 1891.)
Expliquer ce mot de Voltaire sur les Provinciales: « Toutes les sortes d'éloquence y sont renfermées. »
v(Fontenay-aux-Roses. — Devoir de seconde anjnék.)
Voltaire a-t-il eu raison de dire que les Provinciales ont vieilli? S'il a eu tort, dire par où elles restent jeunes.
(Fontenay-aux-Roses. — Devoir de seconde année.)
Dans la seconde des Lettres provinciales, Pascal écrit : « Les noms sont inséparables des choses. » Par les noms il entend les mots. Cette pensée ne vous semble-t-elle pas caractériser l'œuvre entière de Pascal? N'en pourriez-vous faire sortir d'utiles préceptes littéraires ou pédagogiques?
(Fontenay-aux-Roses. — Devoir de seconde^ année.)
Pascal dit d'une de ses Provinciales qu'il n'avait pas eu le temps de la faire plus courte. En expliquant ce mot, montrer quels préceptes de composition et de style en découlent. (Fontenay-aux-Roses. — Devoir de seconde année.)
Racine d'abord, Voltaire ensuite, ont appelé les Provinciales des comédies. Dites ce que vous pensez de ce jugement, en prenant pour exemple une ou plusieurs des Provinciales, à votre choix.
(Charente. — Brevet supérieur. — Aspirantes, juillet 1889.)
Les Lettres provinciales. — LA quel sujet furent-elles écrites?— Leur succès. — Leur importance littéraire. — IL Donnez l'analyse littéraire de la première lettre.
(Charente-Inférieure. — Brevet supérieur Aspirantes, 1890.)
Quelles différences générales séparent les Provinciales des Pensées ? Quelles ressemblances les unissent ?
Quelles circonstances ont amené Pascal à écrire les Provinciales ? Quel a été son but? Ce but a-t-ii été atteint?
Expliquer ce mot de Voltaire: « Pascal, le premier des satiriques français, car Despréaux ne fut que le second. »
Sainte-Beuve écrit : « Dans, l'ironie, Platon garde sur Pascal l'avantage de la grâce. » Courier dit pourtant : « Pascal, dans ses deux ou trois premières Lettres, a plus de Platon quant au style qu'aucun traducteur de Platon. » Qui a raison, de Courier ou de Sainte-Beuve ?
Que pensez-vous de ce jugement de Condorcet sur le style des Provinciales? « Si on osait trouver des défauts au style des Provinciales, on lui reprocherait de manquer quelquefois d'élégance et d'harmonie : on pourrait se plaindre de trouver dans le dialogue un très grand nombre d'expressions familières et proverbiales, qui maintenant paraissent manquer de noblesse. La cour polie et délicate de Louis XIV ne sentit pas ce défaut, et Ton voit, par beaucoup d'écrits postérieurs à Pascal, que les auteurs se plaisaient alors à placer dans leurs ouvrages ces tournures familières, comme un moyen de ne point passer pour pédants, et pour se donner un air cavalier. Depuis, on a senti que le style devait être plus élevé et plus soutenu que la conversation, puisque l'auteur a plus de temps pour juger. »
Joseph de Maistre a-t-il raison de dire que les Provinciales soient, à leur date, « le premier livre vraiment français qu'on eût encore écrit en prose »? N'est-on pas tenté de réclamer en faveur de certains livres antérieurs, tout en reconnaissant que le jugement, exagéré dans la forme, n'est pas faux au fond?
Suivre dans Molière (surtout dans Tartuffe et Bon Juan), dans Boileau (surtout l'Épître XII) et chez leurs contemporains ks plus connus, les traces de l'influence des Provinciales.
Doudan écrit (Lettre à Mlle Gavard, 23 octobre 1671) : « C'est dans Pascal que vous trouverez pour la première fois en France la raillerie sinistre et tragique, aiguisée et affilée comme un poignard; c'est la comédie et la tragédie tout ensemble. » Qu'y a-t-il de contestable dans ce jugement?
Expliquer ce que Vinet a entendu dire, lorsqu'il a écrit: «-L'esprit d'examen est une des choses dont Pascal, dans le livre des Provinciales, s'est fait le représentant. » Lisez surtout la dix-huitième Provinciale.
Étudier le progrès du style dans les Provinciales en prenant pour point de départ cette appréciation de Sainte-Beuve: « Dans ces premières lettres, toutes lestes et charmantes, Pascal, si dégagée qu'il ait la plume, n'offre pas mal de négligences, d'incorrections, qui se rencontrent de moins en moins dans les suivantes. »
De la mesure dans laquelle la raillerie peut être mêlée aux .sujets sérieux; comparer, à ce point de vue, la onzième Lettre provinciale, la Réponse à la lettre d'une personne de condition, d'Arnauld, les Lettres à Vendeur des Imaginaires, de Racine, et expliquer ce mot de Sainte-Beuve : « La onzième lettre pourrait servir de préface justificative au Tartuffe. »
Société anonyme d'imprimerie de Villefrauche-de-Houergue.
(!*• édition, 1670)
Par quel lien étroit les « Pensées » tiennent aux « Provinciales »• — Occasion des « Pensées » : le miracle de la sainte Épine*
C'est en vain qu'on a essayé parfois de distinguer entre le Pascal des Provinciales et le Pascal des Pensées, de condamner Tun en absolvant et en glorifiant l'autre : loin de songer à faire des Pensées une sorte de contre-partie des Provinciales, Pascal s'y montre encore plus âprement janséniste, s'il est possible, (c On me demande, disait-il dans les derniers temps de sa vie, si je ne me repens pas d'avoir fait les Provinciales. Je réponds que, bien loin de m'en repentir, si j'avais à les faire présentement, je les ferais encore plus fortes. » Ce mot est rapporté par sa nièce Marguerite Périer, qui tient une grande place dans Thistoire des Pensées; car l'occasion première des Pensées, c'est un a miracle » dont elle fut l'héroïne.
Si les jésuites n'avaient pu répondre victorieusement aux Provinciales, ils avaient réussi à les faire condamner, à Rome d'abord, par le pape Alexandre VII, puis en France, par le triple arrêt d'une commission composée de docteurs et d'évêques, du conseil d'État ensuite, enfin du lieutenant civil, qui fit brûler le livre par la main du bourreau. Dans les Pensées l, Pascal fait une allusion très claire à la condamnation prononcée par le pape, qui a été « surpris » par ses adversaires, et il va jusqu'à rappeler ce temps lointain où l'on avait vu un autre pape, Libère, partisan de l'hérésie arienne, persécuter saint Athanase. Il le rappelle précisément en justifiant, à mots couverts, la nécessité des miracles en général, aux époques « où la