FILLES
Pauline de Grignan, la petite-fille de Mme de Sévigné, était une « dévoreuse de livres ». Sa mère, Mme de Grignan, avait cru devoir, par scrupule, lui interdire la lecture de Corneille. Vous supposerez que Mme de Pomponne, « qui n'en usait pas ainsi avec sa fille Félicité, à qui elle faisait apprendre tout ce qui sert à former l'esprit » (lettre de Mmc de Sévigné à Mmo de Grignan, 8 mai 1689), écrità la mère de Pauline pour lui reprocher cette interdiction.
(Sèvres. — Concours d'admission, 1889.)
Lettre de MmC de Sévigné à Boileau. Corneille, vieilli et négligé de la cour, avait été rayé une année de la liste des pensions. Il y fut rétabli sur les instances de Boileau. Celui-ci déclara à Colbert qu'il serait confus d'avoir part aux bienfaits du roi, tandis que Corneille serait laissé dans l'abandon et la misère. On supposera que Mme de Sévigné, qui admirait Corneille au point d'être injuste même envers Racine, écrit à Boileau pour le remercier. Elle rappelle à ce sujet les succès de son auteur préféré et £n donne la raison.
(Besançon. — Lycée de jeunes filles. Diplôme de fin d'études, 1891.)
Mmc de Sévigné écrit à Mme de Grignan : « Ah! qu'il y a peu de personnes vraies! Rêvez un peu sur ce mot, vous l'aimerez. Je lui trouve, de la façon que je l'entends, un force au delà de la signification ordinaire. » Expliquer la façon dont vous entendez ce mot : une personne vraie.
(Bordeaux. — Lycée de jeunes filles. Diplôme de fin d'études secondaires, 1891.)
1. On lui prête là un rôle que l'admiratrke un peu partiale du vieux Corneille eût désavoué.
Un courtisan lettré est censé écrire à Mme de Sévigné pour prendre la défense de Racine, dont elle avait dit qu'il passerait « comme le café1 ».
(Doubs. — Brevet supérieur. — Aspirants, juillet 1889.)
XIÏ
Mmo de Sévigné à Pauline de Grignan.
Pauline de Grignan, dans une lettre à sa grand'mère, raconte qu'elle vient de lire les romans de d'Urfé, de Mlle de Scudéry et de la Gaîprenède, et qu'elle en a été transportée. Mme de Sévigné lui répond.
Mme de Sévigné est ravie de la lettre de sa petite- fille, et de voir qu'elle est une dévoreuse de livres. Elle a de la vivacité, de l'esprit, et un esprit sain. Aussi ne redoute-t-elle pas pour Pauline de mauvais effets de la lecture des romans, car tout est sain aux sains. Cependant elle la conjure de ne pas tant laisser tourner son esprit du côté des choses frivoles, qu'elle n'en conserve pour les solides. Non pas qu'on lui commande de mettre son petit nez dans la morale : il est bien matin pour elle; mais qu'elle lui donne de bonnes choses, point trop simples; surtout les belles comédies de Corneille, et le Cld, etPolyeucte, et Cinna, et les autres ] qu'elle les étudie et qu'elle les explique; elle y trouvera de divines et sublimes beautés. C'est la vraie morale de son âge, le moyen de devenir parfaite, et, comme le veut sa mère, un prodige prodigieux.
Vous insisterez sur le profit moral que les jeunes personnes peuvent retirer de la fréquentation des héroïnes de Corneille.
(Pas-de-Calais. — Brevet supérieur. — Aspirantes, 1891.)
Pendant un des voyages de Mme de Sévigné en Provence, Mme de Grignan tomba dangereusement malade. Lorsqu'elle se rétablit, Mme de Sévigné, âgée de soixante-dix ans, s'alita à son tour et mourut de la petite vérole, le 17 avril 1696.
i. Mme de Sévigné n'a jamais dit cela. Mais on sait qu'elle n'a pas jugé toujours équitablement le rival du vieux Corneille.
Composer la lettre par laquelle Mmo de Grignan annonce à une amie la mort de sa mère.
(Aube. — Brevet supérieur. — Aspirantes, 1888.)
Mme de Goulanges avertit Mme de Sévigné (lettre du 16 décembre 1694) que l'abbé Testu lui envoie une dissertation sur Montaigne. On sait le goût vif de Mme de Sévigné pour l'auteur des Essais. Elle dut remercier l'abbé dans une lettre que nous n'avons plus, et que vous composerez.
Pendant la première Fronde (1649), le mari de Mme de Sévigné suivit le duc de Longueville, gouverneur de Normandie, qui s'efforça en vain de soulever cette province contre la cour. Sa jeune femme resta dans Paris assiégé. Dans une lettre courte et vive, elle met sous les yeux de l'absent le tableau de Paris livré aux Frondeurs, et caractérise les incidents essentiels de cette tragi-comédie, dont elle est le témoin parfois ému, parfois ironique.
Mme de Sévigné apprend au cardinal de Retz, alors retiré à Saint-Mihiel, le succès contesté de Phèdre et la résolution que Racine a prise de quitter le théâtre. Elle rend justice au poète qu'elle n'a pas toujours estimé à sa juste valeur, mais en même temps elle donne un souvenir ému à Corneille vieilli et qui se tait.
En 1767, Mme de Choiseul envoyait une lettre autographe de Mme de Sévigné1 à Horace Walpole, « fort épris des charmes de cette belle habitante des Chajnps Élysées », et lui disait :
1. C'était la lettre du 13 décembre 1679, écrite au lendemain d'une douloureuse séparation : « Je ne vous conte point mes larmes : c'est un effet de mon tempérament... Certaines sortes de peines, que vous ignorez peut-être, parce que vous êtes forte, sont dues aux faibles comme moi. Je suis si pleine de vous que je ne puis rien souffrir ni rien regarder; il faut croire que Le temps me remettra dans létal d'une vie commune : elle ne serait pas supportable comme elle est. »
« Mme de Sévigné me fait regretter de n'avoir point de mère, pour avoir le plaisir d'en être aimée; Mme de Sévigné me fait encore plus regretter de n'être pas mère, pour avoir le plaisir encore plus grand d'aimer mes enfants. Que les liens, que les attachements de la nature sont doux! quelle béatitude de s'y livrer! quelle paix les accompagne! »
On suppose que Walpole lui répond.
Il la remercie de son envoi, qui lui est précieux, car il ne se défend pas d'être « épris » des grâces toujours jeunes de Mme de Sévigné.
La lettre dont on lui fait présent met en lumière' à la fois la tendresse de la mère, dont le cœur est possédé par une passion unique, et l'art inconscient de l'écrivain qui en varie l'expression.
Mais que Mme de Choiseul se console de n'être pas mère: l'être comme le fut Mme de Sévigné, c'est se résigner à beaucoup souffrir.
Bussy, toujours plein d'estime pour lui-même, écrit à sa cousine (23 juillet 1678) : « Si nous nous mêlions, vous et moi, de composer ou de corriger une petite histoire, je suis assuré que nous ferions penser et dire aux principaux personnages des choses plus naturelles que n'en pensent et disent ceux de la Princesse de C lèves.
On écrira la réponse de Mm0 de Sévigné à Bussy.
Mme de Sévigné écrit au duc de la Rochefoucauld, après avoir reçu de lui la première édition des Maximes.
DISSERTATIONS ET LEÇONS
Du style épistolaire en France. Mme de Sévigné et Mme de Maintenon; comparer leur style et leur tour d'esprit.
(Paris. — Leçon d'agrégation, 1862.)
Comparer le style de Mme de Sévigné avec celui des grands écrivains du xvne siècle.
Expliquer ce mot de Gh. de Sévigné : « Le style de M, Pascal dégoûte de tous les autres. »
(Paris. — Devoir de licence, févr. 1882.)
Éducation d'une femme du monde au xvn* siècle, d'après Mme de Sévigné.
(Paris. — Leçon d'agrégation.)
La société française d'après la Correspondance de Mmo de Sévigné.
(Paris. — Leçon d'agrégation.)
La critique littéraire dans Mme de Sévigné.
(Paris. — Leçon d'agrégation.)
Mme de Sévigné et Port-Royal.
(Paris. — Leçon d'agrégation.)
La vie de province au xvne siècle, d'après Mme de Sévigné, Boileau et Louis XIV.
Mme de Sévigné, envoyant à Mme de Grignan un exemplaire des Maximes de la Rochefoucauld , lui disait : a II y en a de divines, et, à ma honte, il y en a que je n'entends point. » Vous rechercherez, d'une part, ce qui pouvait paraître divin à Mme de Sévigné, et, d'autre part, quelles étaient celles qu'elle n'entendait point.
(Poitiers. — Licence es lettres, nov. 1887.)
Commenter ce mot de Mmo de Sévigné : « L'esprit est une dignité. »
(Besançon. — Devoir de licence, juin 1887.)
Y a-t-il des moyens de distinguer les lettres destinées à n'être lues que par une personne de celles qui sont écrites pour le public, tout en étant faites, en apparence, pour un correspondant?
(Poitiers. — Devoir de licence, juin 1885.)
Quels sont les mérites particuliers de la Correspondance de Mme de Sévigné?
(Paris. — Baccalauréat, 1881.)
Quel profit peut-on tirer de la Correspondance de Mmc de Sévigné, pour l'histoire de son temps?
(Certificat d'aptitude a l'enseignement secondaire