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XL1X

Discuter ce jugement de Stendhal (Racine et Shakespeare) \ « Tous les sujets de Louis XIV se piquaient d'imiter un certain modèle, pour être élégants et de bon ton, et Louis XIV luimême fut le dieu de cette religion. Il y avait un rire amer, quand on voyait son voisin se tromper dans l'imitation du modèle. C'est là toute la gaieté des lettres de Mme de Sévigné. »

Que penser de ces lignes écrites par Voltaire dans le chapitre xxxn du Siècle de Louis XIV : « Un nombreux parti se piqua toujours de ne pas rendre justice à Racine. Mme de Sévigné, la première personne de son siècle pour le style épistolaire, et surtout pour conter des bagatelles avec grâce, croit toujours que Racine n'ira pas loin. Elle en jugeait comme du café, dont elle dit qu'on se désabusera bientôt. Il faut du temps pour que les réputations mûrissent. »

Comparez ce que Mme de Sévigné dit de Turenne, de ses vertus militaires, de sa mort, avec ce qu'en ont dit Bossuet, Fiéchier et Voltaire.

lu

Napoléon disait de Mme de Sévigné : « Quand on en a beaucoup lu, il ne reste rien. Ce sont des œufs à la neige, qui remplissent l'estomac sans le nourrir. » Êtes-vous de son avis?

lui

« Les chefs-d'œuvre de l'esprit humain cèdent le pas à cette conversation éternelle. C'est le classique des portes fermées. Toutefois c'est le livre de la vieillesse plus que des vertes années de la vie. 11 n'y a pas assez de passion pour la jeunesse. Pour s'y plaire, il faut que la première chaleur de la vie soit éteinte ou amortie en nous par l'âge avancé. C'est le livre du soir, non celui du matin; il a le jour doux, les ombres, les rêveries, les loisirs vagues, les sérénités du soleil couchant. Il convient à cette heure où les hommes, cessant de désirer, de marcher et d'agir, s'asseoient devant la porte ou au coin du foyer, pour s'entretenir à demi-voix des choses et des foules qui passent, sans être tentés de s'y mêler. C'est moins la vie que la conversation sur la vie. Ce livre délasse après les émotions du cœur et des jours. C'est le livre du repos. »

Que pensez-vous de ce jugement de Lamartine sur Mme de Sévigné?

Accepteriez-vous sans réserve ce jugement sur Mmo de Sevigné exprimé dans la Correspondance de Grimm (19 juin 17o4) : « Je trouve que son esprit baisse avec l'âge ; ses dernières lettres n'ont plus la même chaleur : elles ont la plupart un air triste qui intéresse quelquefois et ennuie presque toujours? »

Examiner cette affirmation de Sainte-Beuve [Lundis, VIII, p. 112) : « La réunion d'un certain art et du naturel au sein de l'imagination la plus vive n'aura lieu que chez Mmo de Sévigné. »

Le même critique (Port-Royal, t. V, p. 507) esquisse une comparaison entre Mme de Sévigné et la Fontaine : « Je sais quelqu'un qui n'appelle jamais Mmô de Sévigné que la divine railleuse, et la Fontaine que le divin négligent. La Fontaine et Mme de Sévigné, au xvne siècle, sont les deux écrivains qui ont au plus haut degré et qui communiquent le plus aisément ces deux choses involontaires, la joie et le charme. » En prenant ce jugement pour point de départ, marquer les traits communs entre les deux esprits, et aussi les traits distinctifs

Dans un de ses opuscules (Connaissance des beautés et des défauts de la poésie et de Véloquence dans la littérature française, 1749), Voltaire traite des lettres familières, renouvelle les critiques dirigées dans le Temple du goût contre Balzac et Voiture, et n'est pas loin de condamner Mme de Sévigné elle-même dans le passage suivant :

<( Les lettres familières, écrites avec négligence, et d'un style approchant de la conversation, vous pourront donner l'usage de cette manière libre et dégagée dont on converse et dont on écrit à ses amis; mais ce n'est pas dans la lecture de tant de recueils de lettres imprimées qu'il faut chercher la véritable éloquence. On ne les lit d'ordinaire qu'à cause des petites anec-

dotes qu'elles renferment; et si on retranchait des lettres de Mme de Sévigné ce grand nombre de petits faits qui les soutiennent, et qui sont racontés avec tant de vivacité et de naturel, je doute qu'on en pût soutenir la lecture. » Que pensez-vous de ce jugement?

Mme de Sévigné écrit à Mme de Grignan, au sujet de sa petitefille Pauline : « Je la ferais travailler, lire de bonnes choses^ mais point trop simples. » D'autre part, l'auteur du Parallèle des anciens et des modernes, Perrault, écrit : « Rien ne dispose davantage à bien faire ce qui est aisé, que l'habitude à faire les choses difficiles. » La pensée de Perrault n'éclaire-t-elle pas en partie celle de Mme de Sévigné? Précisez-en le sens el la portée.

Société anonyme d'imprimerie de VillefrancUe-de-Rouer0ue^

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