‹ Cours de littératureChapitre 8 sur 98 · C. de Litt. — pascal · texte numérisé non relu

C. de Litt. — pascal

Les trois moralistes, la Rochefoucauld, Pascal, la Bruyère; leur but, leur dessein, leur style.

(Besançon. — Baccalauréat, juillet 1888.)

Montrer les qualités que réunit, pour la première fois peutêtre, la prose de Pascal.

(Sèvres. — Concours d'admission, 1890.)

Que savez-vous de Port-Royal? des hommes et des écrivains qui l'ont illustré?

(Poitiers. — Baccalauréat de l'enseignement spécial,

Mme Périer, dans la Vie de son frère, dit que leur père, s'étant chargé de l'éducation de son fils, avait pour principale maxime de tenir toujours cet enfant au-dessus de son travail, c'est-àdire de l'appliquer toujours à une étude un peu au-dessous de son intelligence. Que pensez-vous de ce précepte pédagogique?

(Fontenay-aux-Roses. — Devoir de littérature.)

Il y a lieu de distinguer dans Pascal le savant, le chercheur, le philosophe et l'écrivain. Faire son portrait à ces divers points de vue.

(Bouclies-du-Rhône. — Brevet supérieur. Aspirantes, oct. 1889.)

« Une femme d'esprit et de cœur que j'ai connue dans son

enfance avait toujours sur sa table la Fontaine, dont elle savait par cœur une foule de fables; Massillon, dont elle aurait pu réciter le Petit Carême; un volume de Bourdaloue et les Pensées de Pascal; toute cette forte et succulente littérature était devenue comme sa propre substance. » (M. Alfred Groiset.) Que pensez-vous de ces choix? Gomment vous figurez-vous le caractère et l'esprit de cette dame ?

(Loire-Inférieure. — Brevet supérieur. Aspirantes, 1892.)

<( Rien ou presque rien de la langue de Pascal n'a vieilli : cela prouve sans doute un goût pur et sévère, mais trop sévère et trop exquis. Pascal, en épurant la langue, l'a, pour ainsi dire, passée à un tamis trop fin. 11 n'a pas assez conservé de la substance de Montaigne. » (Marmontel.) Discuter ce jugement.

Caractériser en Pascal l'alliance de l'esprit de géométrie et de l'esprit de finesse, qu'il a lui-même définis.

Comparer Nicole à Pascal et marquer avec précision par où celui-ci est très supérieur à tous les autres écrivains jansénistes, en se souvenant du mot de Sainte-Beuve (Lundis, t. XV, p. 132) : « Les écrivains de Port-Royal font une tribu distincte dans la littérature française et au cœur duv grand siècle : Pascal seul a éclaté pour tous. »

Que pensez-vous'de ce mot de Pascal (De l'esprit géométrique) : « Les meilleurs livres sont ceux que ceux qui les lisent croient qu'ils auraient pu faire » ?

Expliquez ce mot de Sainte-Beuve : « Pascal est le moins asiatique des écrivains. »

Comparera Pascal Vauvenargues, dont l'auteur de Port-Roy aï a dit qu'il était un Pascal plus doux et plus optimiste.

Marquer par où Pesprit de Pascal diffère de l'esprit classique tel que l'incarnent, au xvne siècle, les grands écrivains pour qui l'ordre, la clarté, la sérénité, la subordination de l'imagination à la raison, son!, les conditions et les lois essentielles de la pensée et du style. En même temps, marquer par où il se rapproche des modernes, tout en restant un homme de son temps.

Discuter ce jugement de V. Cousin : « Osons le dire : l'homme dans Pascal est profondément original; mais l'esprit créateur ne lui a point été donné. Il n'est pas de la famille de ces grandes intelligences dont les pensées composent l'histoire intellectuelle du genre humain. »

Expliquer et discuter peut-être ce mot de M. Nisard : « Pascal a le premier parlé dans notre pays le langage de la mélancolie. »

Société anonyme d'imprimerie de Villefranche-de-Rouergue

(23 janv. 1656— 24 mars 1657.

La question de principe; jansénistes et jésuites; la Grâce efficace et la Grâce suffisante. — Thésée et Corneille molinistes*

Qu'est-ce que la Grâce? Un secours particulier, intérieur, surnaturel, un don fait par le Ciel à l'homme pour l'aider dans l'œuvre de la sanctification et du salut. Sans cette collaboration d'en haut, l'homme est incapable de vouloir et d'agir. Mais pourquoi est-elle nécessaire à l'homme? C'est que, victimes du péché originel, les (ils d'Adam expient et expieront éternellement la faute de leur père. Avant la chute, l'homme se portait au bien par un élan tout spontané de sa nature encore innocente; après la chute, il a perdu son innocence et sa spontanéité premières, et sa volonté humiliée serait demeurée pour toujours impuissante, si le fils de Dieu n'était descendu sur la terre pour racheter de son sang la race coupable. Les dogmes de la chute et de la rédemption expliquent tout : c'est la chute qui asservit l'homme, c'est la rédemption qui l'affranchit. Dans quelle mesure? Portant encore la marque du péché originel, il ne saurait, livré à lui-même, ressaisir tout à fait l'énergie et la pureté de cœur que le péché originel a faussée ou profanée en lui; il faut que sa volonté soit mue par une volonté supérieure, qui le dirige sans l'anéantir. D'autre part, est-il possible qu'ainsi gouvernée elle reste libre? A concilier la Grâce divine, dont l'homme a besoin pour faire le bien, et le libre arbitre, sans lequel l'être humain n'est plus responsable de ses actes, les théologiens se sont épuisés pendant de longs siècles, les uns inclinant vers la Grâce et versant plus ou moins dans le fatalisme, les autres faisant une part plus large

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