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Cela ne réussit d'abord qu'à demi, devant le public ingénieux du xvnr3 siècle. On se récria de toutes parts. Voltaire, en remerciant Rousseau de son ouvrage, lui écrivait : « Il prend envie de marcher à quatre pattes, en vous lisant. » Buffon plus sérieux, dans un des beaux discours de son fiistoire naturelle, réfutait le philosophe, qu'il appelle « un des plus fiers censeurs de notre humanité; » et, ne pouvant admettre ce long état de stupidité primitive supposé par Rousseau, il faisait admirablement remarquer que la constitution même physique de l'homme, la durée et la faiblesse absolue de sa première enfance, exigent la famille et la société, et qu'en un mot l'union des pères et mères avec les enfants est naturelle, puisqu'elle est nécessaire. Rousseau ne répondit pas, et longtemps après il avoue quelque part l'exagération de plusieurs traits de son Discours, en les attribuant à la philosophie chagrine et athée de son ami Diderot.
Mais ce qu'il n'a pas désavoué, et ce qui était, non pas une hypothèse lointaine, mais un menaçant principe, c'est le bizarre anathème jeté par lui sur l'origine de la propriété :
Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de direi ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d'horreurs n'eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou
comblant le fossé, eût crié à ses semblables : u Gardez-vous d'écouter cet imposteur; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n'est à personne ! »
Voltaire ne badina point sur ce passage :
Quelle est donc, érivait-il, l'espèce de philosophie qui fait dire des choses que le sens commun réprouve du fond de la Chine jusqu'au Canada? n'est-ce pas celle d'un gueux qui voudrait que tous les riches fussent volés par les pauvres, afin de mieux établir l'union fraternelle entre les hommes ?
Que Voltaire, du haut de son château et de ses cent mille livres de rente, traite ainsi Rousseau, cela est assez triste pour la philosophie et les lettres. Mais ces deux hommes, qui eurent tant d'influence sur leur siècle, étaient faits pour se heurter, et non pour se corriger l'un l'autre. L'exagération sérieuse de Rousseau, sa conviction ardente et erronée, son éloquence même, et ce qu'elle avait parfois de déclamatoire et d'outré, impatientaient la vive netteté d'esprit et le bon sens moqueur de Voltaire. Les injures et les railleries que Voltaire faisait pleuvoir, du milieu de son opulence, sur le pauvre Jean-Jacques, l'irritaient d'autant plus contre cette belle civilisation dont Voltaire semblait le promoteur et l'ornement. Le contraste de ces deux hommes et leur mutuel repoussement ont jeté plus d'une fois Rousseau dans l'excès et l'abus de sa propre opinion.
Le Discours sur T inégalité, qu'on aurait pu renvoyer à la philosophie purement spéculative, recevait une application plus directe par la dédicace que l'auteur en fit aux citoyens de Genève. Ce morceau d'une éloquente fierté, ce magnifique éloge d'une république voisine, ces mots de patrie, de citoyens, de liberté, de
suffrage public, de souveraineté du peuple, frappaient comme une hardie nouveauté. Voltaire, à la vérité, plaisantait sur les magnifiques seigneurs de Genève, et sur cette république de deux lieues d'étendue; mais Calvin avait déjà montré ce que peut un petit centre d'opinion actif et libre.
Ce que Calvin avait fait avec le secours de Genève, Rousseau le fit avec le nom seul de cette ville, et quoique désavoué par elle. Sans doute, il y avait, dans ce langage républicain, quelque chose d'un peu factice. Mais ce rôle applaudi prenait beaucoup d'empire. Montesquieu, avec sa haute raison et son imagination impartiale, avait vivement décrit le mal comme le bien des républiques anciennes. Mably les avait pédantesquement prônées. Rousseau seul, et le premier, en parlait avec une ardeur enthousiaste; et l'exemple moderne d'une république heureuse qu'il invoquait sans cesse, Genève, dont il était redevenu citoyen et co-religionnaire, donnait une sorte de réalité présente à ses souvenirs antiques et à ses utopies. On se prenait de goût pour Genève à Paris, comme vingt ans plus tard, à Versailles même, on se passionna pour l'affranchissement de l'Amérique.
A la vivacité de sa parole, Rousseau joignait ce qui impose le plus, la rigueur apparente des déductions et des axiomes. C'est par là que, sans étude profonde de l'histoire et des lois, avec peu de science et nulle pratique, il a exercé tant d'influence, et que ses ouvrages ont eu tant de part aux résolutions de nos premières assemblées nationales.
Mais cette sérieuse et populaire influence de Rousseau était pour longtemps cachée dans l'avenir, et devait être précédée par l'engouement du beau monde
et de la société polie. C'est encore un trait caractéristique de cette époque, comme du génie même de Rousseau.
Dans l'intervalle entre ses deux Discours contre les lettres et la société, la cour et la ville avaient applaudi avec ravissement aux paroles ingénues et à la mélodie si pure de son Devin de village. Le roi avait voulu le voir; et madame de Pompadour, après avoir parlé de lui à sa toilette, lui avait envoyé cinquante louis qu'il accepta. Il n'en faut pas rire; la vogue d'un opéra, comme plus tard celle d'un roman d'amour, préparait cette prestigieuse puissance qu'exerça Rousseau sur les plus graves questions. Là aussi fut consommé son schisme philosophique, autre cause de son ascendant réformateur.
Par la magie de son talent, Rousseau a rendu célèbres les moindres et parfois les plus fâcheux détails de sa vie. Nous n'avons pas à les redire après lui, mais à en détacher ce qui sert le mieux à l'intelligence de ses écrits. Que Rousseau, après ses deux Discours et son opéra, soit allé à la campagne, et y ait passé même l'hiver, l'incident paraît bien léger; et on peut croire qu'il fallait toute la frivolité causeuse du siècle pour nous laisser tant de pages sur ce sujet. Mais cette fuite était une première rupture, et en préparait une autre. En quittant Paris, Rousseau se séparait de Diderot, de Grimm, de la maison d'Holbach, et enfin de cette arme.' encyclopédique dans laquelle il était enrôlé, quoique dissident. 11 échappait en joug des entretiens, à cette autorité de l'opinion de la mode, qui domine toujours un peu les esprits les plus fermes; et il se retrouvait où son - était formé, aux champs et
dans la solitude. 11 y était sans autre dépendance
qu'un peu de musique à copier pour vivre, et en pleine liberté de penser et d'écrire.
Le monde est admirable pour aiguiser l'esprit, pour donner de l'esprit; mais l'inspiration durable, le génie veulent la solitude. Hors d'elle, rien de grand, excepté ces œuvres rares d'une éloquence soudaine, dont la condition même est de s'animer et d'éclore au foyer des passions populaires et sous l'haleine brûlante des assemblées émues. Mais cela n'est pas le monde : c'est le forum. Et par quelle solitude austère s'y préparait l'orateur antique ! Les salons si raisonneurs et si ingénieux du xvme siècle devaient, dans cette perpétuelle fusion de pensées, emporter une part de l'originalité de chacun. Aussi voyez comme ceux qu'ils admiraient le plus les ont fuis ! Buffon y avait goûté les vives distractions delà jeunesse; mais, une fois épris de la gloire, il n'y reparut pas; et il achevait ses travaux dans le silence de ses jardins de Montbard. Montesquieu, si brillant d'esprit et de saillies, se reti- Taitau loin pour écrire, et passait des années entières dans ses bois et ses vignes de la Brède. Il n'est pas jusqu'à Voltaire, le génie à la mode, l'écrivain du siècle et du jour, qui, malgré ses richesses et son parti, n'ait fui sans cesse Paris pour le dominer, et n'ait cherché la retraite pour enchanter le monde.
Quant à Rousseau , malgré sa gloire naissante, le malheur et la pauvreté lui donnaient la solitude. Il en profita bien. Quel actif et merveilleux emploi de son temps que ces six années de l'Hermitage et de Montmorency, marquées par la Lettre à d'Alembert, la Nouvelle Héloïse, les deux traités extraits de l'abbé de Saint- Pierre, Emile, le Contrat social, et quand il fut arraché de son asile , sur la route même de sa fuite , le Lévite
d'Êphraïm! Ce fut comme l'époque courte et féconde où s'étaient amassés, à leur plus haut degré de puissance, le génie, les passions et le travail de Rousseau. Dans cette retraite, le cœur tout rempli du monde qu'il reniait, il sentit avec force la haine et l'amour. Il désavoua sans retour les philosophes ; et il alla plus loin qu'eux. Il vécut en amitié avec des gens de cour et des grands; et il porta, par ses théories, à l'ordre social du temps les plus rudes coups qui en aient préparé la ruine. Ensemble singulier, mélange de principes et d'actes qui peut surprendre ! Mais ce n'est pas de contradiction que nous prétendons absoudre le génie de Rousseau.
Un autre reproche , celui de mauvaise foi, de méchanceté , d'ingratitude , lui a été jeté par d'anciens amis; et ses apologies mêmes ne l'en justifiaient pas aux yeux de tout le monde. Mais aujourd'hui que tant de correspondances ont été publiées, et qu'on peut lire des lettres qui sont des confessions involontaires de chaque jour, il faut avouer que les amis de Rousseau, Diderot, Grimm, d'Holbach, étaient souvent fort durs et fort tracassiers avec lui ; que leur espionnage tyrannique méritait sa défiance; que, sans être jaloux de son génie peut-être, ils voulaient l'approprier tout entier à leurs opinions, l'employer à leur guise, et ne purent lui pardonner son indépendance envers eux, qui doubla sa force contre tous.
Justice et pitié poui le gén* • de Rousseau! La société, ou plutôt sa propie COndilOLl pesa beaucoup sur lui. En s'épuisant d'abord d'un travail sut alterne, en se livrant plus tard à son inspiration, il ne put soulever le poids de la pauvreté; et, sans être assez pur pour la faire respecter toujours, il fut ass<v. fier pour nu pas
vouloir l'échanger contre la dépendance des bienfaits. De là, pour lui, de durs sacrifices et des fautes déplorables, une indigne union, des enfants abandonnés, tout ce qu'un cœur tel que le sien n'aurait jamais dû faire et dut expier par bien des larmes.
Mais n'hésitez-vous pas à le condamner trop sévèrement, lorsque, dans une lettre à son ancienne bienfaitrice, avec un faible présent qu'il lui envoie, il écrit ces mots : « Je voudrais vous en envoyer davantage ; mais tout est si cher ici , et surtout le pain ! » Que ce mot est expressif, prononcé par Rousseau, dans ce Paris si élégant, si frivole, si amoureux des arts ! Ne concevez-vous pas qu'il soit resté de là dans son âme quelques préjugés contre l'ordre social du temps , et une rancune amère qui n'est pas la justice?
Ti en convient lui-même ; mais il remarque aussi que les hardiesses politiques judiciairement poursuivies dans ses derniers ouvrages étaient déjà toutes dans le Discours sur l'inégalité. Cela est vrai. Rien de moins étendu, de moins varié que les théories sociales de Rousseau. Par là même elles furent puissantes. Elles ont cette unité, cette inflexibilité abstraite qui fait les symboles et agit sur les masses. Le Contrat social se résume en cette idée, qu'il n'y a de souveraineté que la souveraineté de tous ; qu'elle ne peut être ni aliénée, ni partagée , ni représentée ; qu'elle est tout à la fois toute-puissance et toute justice ; qu'elle ne peut pas se tromper , ou plutôt que , si elle se trompe , elle n'en doit pas être moins obéie.
Après la révolution anglaise de 4640, un esprit logicien et nerveux, Hobbes, avait été conduit à proclamer aussi la nécessité d'une force simple, irrésistible, absolue. Il la plaçait dans la volonté d'un seul, auquel
il donnait tout pouvoir dans Tordre civil et dans Tordre religieux. Le Léviathan, le de Cive n'ont pas d'autre but.
En présence de l'arbitraire et de la mollesse qui précédaient notre révolution , Rousseau n'imagine autre chose que de retourner le système de Hobbes, de déplacer le despotisme, en l'attribuant à la multitude :
Le souverain, dit-il, n'étant formé que des particuliers qui le composent, n'a ni ne peut avoir d'intérêt contraire au leur, par conséquent, la puissance souveraine n'a nul besoin de garant envers les sujets.
Ainsi, nul recours contre cette force dominante qui s'appellera le peuple , nulle barrière contre le souverain, nulle réserve d'indépendance individuelle.
De là sortent des conséquences que ne refuse pas Rousseau, et d'abord Tintolérance religieuse :
Il y a, dit-il, une profession de foi purement civile, dont il appartient au souverain de fixer les articles, comme sentiment de sociabilité, etc., etc. Sans pouvoir obliger personne à les croire, il peut bannir de l'Etat quiconque ne les croit pas; il peut le bannir, non comme impie, mais comme insociable, comme incapable d'aimer sincèrement les lois, etc., etc. Que si quelqu'un, après avoir reconnu ces dogmes, se conduit comme ne les croyant pas, qu'il soit puni de mort : il a commis le plus grand des crimes; il a menti devant les lois.
Ainsi, tandis que la sagesse moderne proclame, par la voix de Montesquieu, qu'il faut honorer la Divinité, et ne la venger jamais, et que le sentiment religieux, obligatoire devant la conscience, ne Test pas devant la loi, Rousseau veut une religion de l'Etat, impérative pour chacun, sous prétexte quYlle est décrétée par tous. 11 reconnaît au souverain le pouvoir d'infliger pour ce motif le bannissement et même la mort :
oui , la mort , comme Calvin avait fait pour Michel Servet !
Par le même principe, et sous prétexte qu'un peuple ne peut se faire de mal à lui-même, et que s'il le voulait, on n'aurait pas le droit de l'en empêcher, il consacre le plus monstrueux despotisme dans les jugements , en permettant qu'ils soient prononcés sous la forme législative.
Rousseau, sous ce rapport, n'est qu'un élève de l'antiquité. Il rétrograde vers ces institutions des républiques anciennes , qu'il admirait dans Plutarque ; et il ne songe pas même à élever contre elles l'objection des philosophes anciens , lorsqu'à la souveraineté du peuple ils opposaient la souveraineté antérieure de la justice. Il y a, sur ce point, un chapitre admirable dans les Dits mémorables de Socrate, par Xénophon. Rien de tel dans Rousseau. A la vérité , la situation avait changé. Dans la Grèce, à Athènes, où le peuple était souverain et abusant en cette qualité, c'était contre le peuple que les philosophes formaient Yopposition. Dans nos États modernes , c'était contre les excès du pouvoir d'un seul que la philosophie avait à réclamer ; et sa protestation devait être toute démocratique. Aussi, ce qu'on peut blâmer dans Rousseau, ce n'est pas d'avoir relevé le principe de la souveraineté populaire ; c'est de n'avoir pas su en limiter l'usage ; c'est qu'à la grandeur souvent inapplicable des exemples antiques, il joint une certaine rigueur de logique qui va jusqu'au bout du principe abstrait, dût-il en faire sortir la négation ou l'abus du pouvoir.
Sous ce rapport, le Contrat social est inférieur aux ouvrages de Sidnev et de Locke, auxquels Rousseau a beaucoup emprunté, sans le dire. Les ouvrages po-
litiques de Sidney et de Locke, écrits au milieu d'une guerre civile et d'une révolution , posent le principe de la résistance populaire au nom de la justice , mais avec des conseils de prudence contre la victoire du peuple, c'est-à-dire contre la domination de ceux qui régneraient en son nom. Sidney, qui devait périr pour ses principes sous le despotisme royal , concevait la souveraineté du peuple par le maintien des anciennes libertés, des droits populaires, et non par l'emploi d'un autre despotisme appelé national. C'est le même esprit qui se fait sentir dans le Gouvernement civil de Locke. Il réclame pour le peuple le droit de se défendre : mais il prévoit le moment où la victoire devient oppression ; et, indépendamment de toute souveraineté populaire, il réclame certains principes de liberté, de justice, de morale politique qui doivent exister toujours, et dont le maintien est nécessaire pour légitimer la souveraineté même du peuple. Mais Locke et Sidney sont peu lus. L'ouvrage du premier est méthodique et froid ; et Sidney , dont nous avons une lettre comparable pour l'éloquence à la fameuse lettre de Brutus, a composé ses trois Discours sur le gouvernement civil, plutôt en théologicien qu'en publiciste, et les a hérissés de formes scolastiques et de citations.
En prenant beaucoup d'idées à l'ouvrage de Sidney , qu'il connut surtout, je crois, par la réfutation latine du chevalier Philmer, Rousseau donnait à ses emprunts une forme neuve et piquante. La division en courts chapitres, le style impérieux et précis, les axiomes tranchants, le mélange de dialectique et d'humeur, d'abstractions et de saillies amcres, firent beaucoup lire le Contrat social. La révolution y puisa des principes, et toute une nomenclature politique. Deii. i«
puis la déclaration des droits de l'homme jusqu'à la constitution de 1773, il n'est aucun grand acte de cette époque où vous ne trouviez l'influence bien ou mal comprise de Rousseau. C'est lui , et non pas l'éducation des collèges, comme on l'a dit, qui avait créé cet enthousiasme de l'antiquité, fécond en parodies et en crimes. Que de fois , en parcourant les annales de la tribune d'alors, on trouve les principes, les pensées, les phrases de Rousseau imités, commentés, copiés, et souvent par quels hommes ! Rousseau fut, à quelques égards, la Bible de ce temps.
Une telle influence n'est pas celle qui convient au caractère et au progrès de la liberté moderne; et de nos jours un célèbre publiciste1 a pu dire, sans être démenti :
Je ne connais aucun système de servitude qui ait consacré des erreurs plus funestes que l'éternelle métaphysique du Conirai social.
Mais ne reprochons pas trop ces erreurs à l'homme qui déclarait que la révolution même la plus juste serait., à ses yeux, trop achetée par le sang d'un seul citoyen. Si Rousseau avait inexactement défini et laissé sans limites la souveraineté populaire, ou plutôt, s'il n'avait pas songé à se précautionner contre elle, alors qu'elle n'était qu'une spéculation et un principe, certes en la voyant réalisée, ou plutôt usurpée par une force démagogique, il en eût détesté les violences, autant que celles du despotisme même, et sans renoncer aux droits des peuples, il n'eût pas placé l'infaillibilité dans la foule.
1 Benjamin Constant, Cours de politique constitutionnelle, t. Ier, p. 329.