PRÉFACE. V
le caractère nouveau que prit notre littérature, considérée non plus comme le premier des arts , mais comme la première des puissances, dans un siècle où toutes les autres avaient failli.
L'histoire littéraire du xviir siècle, si souvent traitée , et quelquefois avec une précision supérieure, n'était pas épuisée , et ne le sera pas après ce livre. On la recommencera. Aujourd'hui même, elle anime d'un intérêt nouveau , sous le point de vue moral , les vives et spirituelles leçons d'un professeur de la Faculté des lettres *, dont j'aime encore plus le succès que je ne redoute sa concurrence ; et , il y a quelques années , elle inspirait , dans une chaire du collège de France , de brillantes improvisations devenues un livre de philosophie sur l'influence politique de la France en Europe.
C'est que le xvnr siècle , quoiqu'il ait malheureusement plus détruit que fondé , a laissé partout des traces durables. Ses idées , ses opinions , ses espérances , en partie corrigées , en partie réalisées , forment le fonds principal de la société présente. On pourra donc souvent blâmer ou contredire les écrivains de cette époque ; mais on ne peut cesser de s'occuper d'eux ; et l'opinion indépendante qui les juge atteste leur puissance. En introduisant , même au prix de l'erreur, la libre discussion , en la portant partout, ils préparaient la loi de notre temps , cette loi qui doit ramener le sentiment religieux
' M. Saint-Marc Girardin.