Cours de littérature grecque moderne, donée à Genève
è^i cet ouvrage paraissait à Vienne, à Venise , ou dans la Grèce , la préface que j'écris serait superflue : M/ Rizo est assez connu en Allemagne et dans les provinces de l'Orient, Mais comme on ignore peut-^tre en France »
et ses ouvrages et son nom , je crois convenable d'offrir en peu de mots sa biographie, et de montrer comment ses travaux antérieurs et la place qu'il occupait dans le monde, l'ont
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mis à même d'étudier les hommes et les chases, et de les juger sainement. Dans ce moment où la Grèce attire tous les regards , on s'intéressera sans doute à Fhomme d'État, au poète qui, jet^ p^ les coups du sort loin de sa Patrie , n'a cherché d'autre plaisir que de parler d'elle , et de lui concilier de plus en plus le respect et l'admiration.
Jacovaky Rizo Néroulos, l'un des meilleurs écrivains de la Grèce moderne, est né à Constantinople, en 1778, d'une famille connue dans les lettreis et la diplomatie. Orphelin à l'âge de quatre ans, sa première éducation fut confiée à son oncle Saix^uel, archevêque d'É-. phèse. Daniel Philippidès lui enseigna la philosophie morale^ et l'abbé de la Fontaine les mathématiques. A peine âgé de vingt ans, il fut appelé par l'hospodar Ypsilanty, père de ceux qui ont illustré ce nom, à l'honorable emploi de grand-Écuyer , dans la prin-
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cipautë de Moldavie ; c'est là cpi'il consacra ses loisirs à étudier la Uttëratuve firrançaise , et à se perfectionner dans les langues orientales. Ypsilanty fut déposé. Son successeur , Alexan* dre Soutzo, nomma en 1801 le, jeune Rizo son agent à Gonstantinople. Mais la Russie et la Porte ayant commencé à cette époque une guerre qui dura six ans , et pendant laquelle les provinces de Moldavie et de Valachie , envahies parles Russes, furent privées de leurs gouverneurs, M.^ Rizo passa tout ce temps à Gonstantinople , au sein de la retraite ^t de l'étude. La paix fut conclue; les hospodars rentrèrent dans leurs principautés. Le prince Jean Garadza , * hospodar de Valachie , s'attacha M/ Ris^o , et réleva successivement jusqu'à la dignité de grand-postelnik ou premier mi-
* C'est le même prince qui a passé six mois à Genève , en 1819, accompagné de George Argyropoulo, son gendre, et du célèbre Maurocordalo, son grandposteiniÂ,
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nktre. Profitant de son crédit, M/ Rizo s efr forç^ d'améliorer les diverses branches de Tin-r struction publique , et surtout de faire fleurir le lycée de Bucharest, en y attirant d'habiles professeurs, tek que Néophyte Doukas et Etienne Gomita. Son séjour en Yalachie fut alors de quatre ans. En 1818, il fut nommé secrétaire-traducteur de \ Interprétât au ministère des afiaires étrangères de la Porte , à Gonstantinople. En 181 9, le prince Michel SoutsLO, hospodar de ftfoldavie, et qui, dès longrtemps, connaissait le mérite de M.'^ Rizo, rappela auprès de lui, et le revêtit une seconde fois de l'importante charge de grand -postelnik. Le collège de Jassy devînt l'objet principal de ses soins , et il fonda dans cette capitale plusieurs écoles d'enseignement mutuel.
Actif, persévérant, modeste, il avait gagné l'approbation et l'estime universelles, lorsque l'insurrection éclata au mois de février 1821 , et termina la carrière politique de M."^ Rizp.
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Proche parent d' Ypsilanty , M/ Rizo n'avait pas ignoré les mouvemens qui se préparaient ; ce fiit même dans la principauté de Moldavie, où il était premier ministre, que la révolte commença. L'apparition des troupes d'Ypsilanty jeta le désordre et l'épouvante; les boïards et le clergé s'enfuirent; Fhospodar et sa cour abandonnèrent Jassy, et se retirèrent àKischnefF, près d'Odessa. M.'* Rizo y séjourna deux ans , occupé du sort futur de son épouse et de ses onze enfans; il ne partit pour la Grèce qu'en 1823, emmenant avec lui ses fik aînés, qu'il destinait à la carrière des armes. La route par mer était fermée ; il fallut traverser la Pologne , la Saxe et la Suisse. Arrivé à Genève , il jugea convenable d'y laisser un an ses fils , pour qu'ils étudiassent, auprès du colonel Dufour , les principes de l'artillerie ; il alla les attendre à Pise. En tout autre temps , le séjour de Pise eût été pour lui plein de charmes ; il y fivait retrouvé ses anciens amis, le prince