THEOLOGIE
Pendant long-temps les ouvrages ecclësiastiqtt€s composèrent seuls la littérature grecque moderne. Après la chute du trône impérial, après la perte de l'indépendance et des droits ci-
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vils , il ne resta plus aux Grecs d'autre refuge que leur religion ; elle seule constitua leur exis-* tence politique et littéraire.
Pour s'opposer au prosélytisme de l'égUse romaine, d'autant plus redoutable qu'une partie de la Grèce était sous la domination des Latins, le patriarche de Constantinople se servit de l'arme de la prédication comme moyen efficace de. retenir les Grecs dans la communion de leurs pères. Cette circonstance fit naître une foule de sermons; mais différentes causes contribuèrent à la perte du plus grand nombre; la principale est la censure de l'imprimerie vénitienne , auprès de laquelle ne trouvaient aucun accès des discours entremêlés de dissertations dogmatiques dictées par le schisme grec. C'est ainsi que furent plongés dans l'oubli les sermons de pli^ sieurs prédicateurs célèbres, tels que Damodus, Cory datée, Chrysanthe Notara, Mélétius , le patriarche Samuel , etc.
Parmi les sermons qui ont vu le jour, on peut citer ceux de Miniati , de Macarius , de Basile ^ de Cornélius et de Théotoky.
La plupart de ces prédicateurs , nés et élevés dans les contrées de la Grèce soumises aux Francs , apportèrent dans leur diction grecque . une couleur étrangère. Ainsi le style de Miniati
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(orateur à d'autres égards très-habile), moulé sur celui du fameux prédicateur italien Segneri, avait Texpression des missionnaires dltalie. Damodus et Scouphos de Candie poussaient encore plus loin le même défaut; plus ils employaient d'italicismes , plus ils croyaient donner à leur diction de noblesse et de charme. Des ampUBcations ampoulées ) des déclamations hors de propos, un continuel abus de métaphores, un emploi aftecté d'adjectifs composés de trois ou quatre mets; teb sont les traits distinctifs de quelques-uns de ce»prédicateurs, trop imbus de la littérature italienne. Cependant Miniati , dont on a un recueil de sermons imprimés à Venise (1700), passait en Grèce pour un modèle d'éloquence évangélique ; à tel point qu'Âthanase de Paros , professeur de belles-lettres au collège de Scio , prédicateur lui-même , et auteur de commentaires sur la rhétorique d'Hermogène , analysait régulièrement les sermons de Miniati, dans ses leçons de rhétorique.
Eugène Bulgaris , avant d'être professeur au collège du mont Athos, avait prêché dans l'église patriarcale de Gonstantinople. Doué d'une riche imagination , mais peu versé dans la lecture des livres saints et des Pères de l'Église, il réussissait mieux dans le genre démonstratif; ses Éloges
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des Saints et ses Oraisons funèbres sont dignes de la réputation qu'ils ont obtenue. Les sermons de Théotoky sont d*un tout autre genre ; privé d'imagination , mais possédant à fond les livres ecclésiastiques , il tirait ses motifs plutôt de Chrysostôme , de Basile et de Grégoire y que de son propre cœur; point d*ornemens dans son style, point dinvention, point de figures; toutefois ses sermons nourrissent la piété malgré leur sécheresse. Us ont été imprimés à Moscou en 1796, sous le titre de Dominicale.
L'ordre des temps m'appellerait à parler ici du patriarche Samuel , de Mélétius , de Corydalée ^ de Dorothée , de Cacavellas ; mais leurs sermons sont inédits ou perdus.
Le savant professeur et curé Constantin Œconomos se distingue dans sa prédication par des connaissances positives , par une étude approfondie des livres saints et des écrits des Pères , surtout par la justesse et la vivacité de son esprit, par la fécondité de son imagination, et par ce goût exquis , sans lequel il n'y a ni grands orateurs, ni grands poètes. Cest Œcoiiomos qui a prononcé à Odessa l'oraison funèbre du patriarche Grégoire, martyrisé au commencement de l'insurrection; cette oraison funèbre a été imprimée à Moscou , avec la traduction en langue
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russe y et Tempereur Alexandre, pour récompenser les talens de l'orateur grec , lui conféra la charge de prédicateur dans toutes les églises grecques situées en Russie.
Je crois avoir nommé les principaux auteurs de sermons; ils forment une partie considérable de notre littérature. La nature du rit grec , qui diffère de celui des autres communions , donne une heureuse originalité aux écrivains ecclésiastiques , en les forçant d'étudier avant tout les doctrines, les traditions et les coutumes nationales. Outre des sermons , le clergé grec n'a jamais cessé de composer des ouvrages théologiques, soit d'édification, soit de controverse; niais comme la nomenclature complète de ces livres n'intéresse que le théologien , je me contenterai d'indiquer les suivans : Entretiens théologiques sur le Pentateuque , par Eugène Bulgaris ; Moscou, 1802. Défense du Nouveau Testament contre Voltaire , par Théotoky ; Vienne , 1794. Commentaires sur le Pentateuque , le livre des Rois et le livre de Job , par le même Théotoky ; Commentaires sur les Épitres de saint Paul, par Nicodème de Naxos; Venise, 1806.
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