‹ Cours de littérature grecque moderne, donée à GenèveChapitre 34 sur 46 · TRADUCTIONS · texte numérisé non relu

TRADUCTIONS

Le principal but de nos écrivains étant d'éclairer la Nation , Us ne peuvent mieux y parvenir qu'en transportant dans notre langue les chefsd'œuvre scientifiques et littéraires dont l'Europe s'honore; on ne doit dcmc pas s'étonner de trouver en grec moderne beaucoup plus de traductions que d'ouvrages originaux. Je ne prétends pas donner un catalogue com,pkt des traductions, même des plus répandues ; j'çft^ déjà cité plusieurs; je nommerai encore les suivantes:

l'Histoire ancienne de RoUin, traduite par George CanceUarius;la Grandeur et la Décadence des

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Romains, par George Emmanuel; l'Histoire grecque de Goldsmith , par Démétrius Alexandrides; l'Histoire d'Amérique de Robertson, par Bendoti; Télémaque, par GobdellajlesÉlémens d'Euler, par Cavras; l'Histoire de la Philosophie, de Tennemann , par Koumas ; les Métamorphoses d'Ovide , et les Vies de CornéUus Népos, par Blandi , etc.

Le prince Démétraky Mourouzy avait traduit en vers la Phèdre de Racine; mon cousin Jacovaky Rizo avait pareillement mis en vers grecs les plus belles tragédies de Voltaire. Cokkinaky a publié une trad^uction du Tartufe de Molière. Les chefs-d'œuvre de SchiUer, de Goethe, de Kotzebue, de Gessner, de Wieland, du Tasse d'Alfiéri, de Monti, de Métastase, ainsi qu'un grand nombre d'ouvrages philosophiques, soit français , soit allemands , ont passé dans notre langue. Le Voyage du jeune Anacharsis a été traduit deux fois. Spyridon Valetas a fait connaître aux Grecs les meilleurs ouvrages de I. J. Rousseau. Le Fanariote Jacovaky Argypopoulo , qui fut secrétaire-interprète de la Porte homïne de grands talens et d'une vaste érudition, a traduit l'Esprit des Lois. Son frère, George Argyropoulo , un des savans les plus distingués de la Grèce, littérateur habile et diplo-

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mate digne d*être remarqué même en Europe , encourageait à l'étude les jeunes Grecs de Constantinople, et dirigeait habilement ceux qui montraient des dispositions. Depuis deux ans , George Argyropoulo s'occupe à recueillir les mots grecs. anciens qui jusqu'à présent ont échappé aux recherches des lexicographes.

Les dames grecques elles-^mêmes ont enrichi de traductions la littérature nationale. Catherine Soutzo a traduit avec une rare fidélité les 'Entretiens de Phocion, par Fabbë Mably. La princesse Ralou Argyropoulo, fille de Thospodar Caradza, a fait une excellente traduction de l'Histoire de la Grèce , par Gillies. Hélène et Catherine , filles de Démétrius Schinas; la princesse Euphrosine, fille de rhospodar Callimachy, ainsi que plusieurs femmes de Constantinople , de Jannina et des Sles de l'Archipel , ont fait passer dans l'idiome moderne divers ouvrages de prose ou de poésie; quelques-unes de ces traductions ont été imprimées ; quelques autres mériteraient de l'être pour leur pureté , leur précision et leur élégance.

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