‹ Cours de littérature grecque moderne, donée à GenèveChapitre 40 sur 46 · EXHORTATION · texte numérisé non relu

EXHORTATION

« Pallicares, pourquoi dormez-vous? Bacchus vous appelle. N'avez -vous pas pitié de votre verre, qui vous regarde et soupire? Malheu^ reux ! sa malédiction tombera sur vos têtes , parce que vous le délaissez. Lorsque vous irez aux enfers, lui aussi Sescendra tout en larmes dans les champs de l'Elysée , poftr vous accuser. Alors vous serez tous condamnés par Minos à recevoir le châtiment sévère que subit ce fameux Tantale ; vous aurez soif éternellement , et vous ne pourrez jamais vous rafraîchir de la douce liqueur , pas même d'une seule goutte ! »

L'ode suivante est adressée au mathématicien Etienne Dounkas :

« Ami Etienne, je t'en prie ; toi qui enseignes que la nature a le vide en horreur; par notre unique amitié , la vérité est une , j'en conviens

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avec toi : je souhaite que le vide ne puisse se trouver dans la nature, qu'il ne puisse être admiâ dans la création , et qu'il ne soit nulle part; que les tonneaux soient toujours pleins , quils remplissent les verres , les coupes , les bouteilles et les amphores, les fontaines, les vallons, les campagnes , et le monde entier tout ensemble. »

Je n'ajouterai plus rien sur le mérite des odes de Christopoulo. Ce poète , natif de Castorie en Macédoine , a passé la plus grande partie de sa vie à Constantînople ; le dialecte dont il se sert est celui qu'on parlait au Fanal. Retiré depuis quelques années à HermanStadt, en Transylvanie, Christopoulo s'occupe à traduire l'Iliade en vers grecs modernes. Quglque talent qu'il puisse déployer dans gette nouvelle production, je ne crois pas qu'elle augmente sa gloire littéraire : à cet égard , du moins , il n'a plus rien à souhaiter.

Les odes de Calbo sont tissues d'images brillantes; elles offrent même quelquefois de la profondeur et de l'originalité ; mais la diction en est souvent obscure. Calbo , d'ailleurs , s'est créé un mètre arbitraire , différent de celui qui est généralement employé ; et , tant que l'usagé n'aura pas consacré cette innovation littéraire, ses vers auront quelque chose d'insolite et d'étrange , et

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ne paraîtront qu une prose poétique à celui qui n'aura pas étudié le système de Fauteur , d'après les règles que propose Fauteur lui-même. Le premier recueil des odes de Calbo a paru à Genève en 1824 ; le second vient d'être imprimé à Paris, avec la traduction française.

Les poésies de Salomos de Zante sont parsemées d'expressions et de tournures dont l'emploi devrait uniquement appartenir à la conversation familière ; elles ont cependant le rare mérite d'une verve énergique et entraînante, d'une imagination pleine de hardiesse et de fécondité. Plusieurs strophes du Dithyrambe à la Liberté (imprimé dans le recueil de Fauriel), contiennent des beautés admirables. Je citerai quelques fragmens de ce poème , d'après la traduction de M. Stanislas Julien , auquel on doit aussi la traduction française des premières odes d e Calbo:

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