‹ Cours de machines (volume 2)Chapitre 44 sur 117 · CHAPITRE X TURBINES · texte numérisé non relu

CHAPITRE X TURBINES

«iénAralités sur les roues m. axe vertical

187 — Les récepteurs assujettis à tourner autour d'un axe vertical se prêtent moins facilement que les roues à axe horizonlal à l'action immédiate de la pesanteur. Pour quelques-uns même, comme la turbine Fourneyron (n" 191), le parcours de l'eau est ri-

goureusement horizontal. Dans d'autres , tels que la turbine Fontaine {n" 190), le liquide traversant de haut en bas l'épaisseur de l'appareil, sa trajectoire possède une projection \erticale propre au développement direct du travail de la gravité, mais d'une manière relativement très efTacéc. Nous pouvons dire, d'après cela,

que la première catégorie (n° 151), celle des moteurs à poids proprement dits, disparait d'elle-même. Nous ne rencontrons donc que les deux autres, à savoir les récepteurs à choc ou à réaction.

Fig. I[3. — RouG à cuve (éliiïalioD).

wchoc a été, en effet, employé sous cette forme ('), et a donné

Fig. lli. — Houe i cuve (plan horiionul).

ni»saQ(ig ù divers appareils appelés rodets , roues à cuillei's , à ""*. nouling à trompe, àcannelle (fig. 112, H5, H4), auxquels

U Btlidor. Archiitcture hydraulique, t.l.cli. l.—Oavùtaiaaon. Hydraulique, p. M2-

on peut joindre la roue Adamson. Ces moteurs ont aujourd'hui complètement disparu. Outre que le principe du choc y conservait son infériorité fondamentale (n° 151), son mode de réalisation s'y compliquait encore, en raison de la nouvelle situation de Taxe. On était tombé à des rendements de 0,20 ou 0,25 qui^ dans les plus mauvaises conditions, s'abaissaient encore jusque dans les environs de 0,10. Il serait donc bien inutile de nous arrêter aujourd'hui à la théorie de semblables machines.

188 — Le mode de fonctionnement par réaction reste, par suite,

le seul pratique dans ces conditions; son emploi est déjà ancien, car on le rencontre dans le tourniquet hydraulique, qui a été réalisé en grand sous le nom de roue de Segner (fig. 115).

Un tuyau vertical amenait l'eau suivant l'axe lui-même, et se ramifiait en six ou huit rayons horizontaux, recourbés à leur extrémité tangentiellement à un cercle. Les effets de

'"■ (iian'hoZnui?"" rccul donnaient lieu, par rapport à

l'axe, à des moments de même signe, dont l'ensemble déterminait la rotation du système.

De Mannoury d'Ectot a simphlié cette donnée dans son levier hydraulique (fig. H6), en le réduisant à deux bras diamétralement opposés (*).

Dans les danaïdes (*) et les roues en poire ('), on obtenait un effet semblable à l'aide de canaux à double courbure.

La roue d'^Euler (*) et plus tard la turbine Burdin (*) se rapprochent progressivement des dispositifs actuels, qui font enfin leur

(*) Journal des mines ^ 1813.

(*) Rapport de Carnot (Journal des mines, t. XXXIV, p.. 213) . — Burdin (Annales des mines, 1836, p. 504).

(') BéUdor. Architecture hydraulique, 668. (*) Mémoires de l'Académie de Berlin, 1750 et 1754. (') Annales des mines, 3« série, t. HI, 1833.

première apparition en 1825, entre les mains de Foarneyron (').

Fi;. 113. — Levier bjdraalique de Haimourj dUctoL

(') H. G. Richard a publié sur les turbines, dans le journal la Lumière éleclrique [im. p. 35, 58, 74, 1(», 130, 170, 304. 332, 401, 434), une série d'articles 1res inléresiaats. que j'ai largement mis k coDtribiilion. Je suis tieureui de saisir celle occasion pour signaler, en outre, l'utile concours que m'a fourni cet lisbile ingénieur, en me procurant, sur diierd sujets, de norabrem renseignements. La plupart des souices suiwiles relatives aux turbines se trouvent citées dans les articles dont je viens de parler.

ïtllel. Coattruetion det turbinfs, Dejey, 1875. — Combes. Bechercliea llUariguea et ftpérimeulala tvr Itt rouet à réaction ou à tuyaux, Paris, 1845. — Gérard. Mémoires diwrs. — .Armengauii. Traité det viotcuri kydrautiquet. — Armengaud {Pabticalïon iniattrietU. I, IV, VI, XI, ÏXI, XXII, XXIII, XXV). — H. Mangon. Machine/ agricolet, Klb. — Horin. Leçon» de mécanique praligue. II. — Bresse. Court de tndcani^He appligiUe, 11. — Gallon. Court de machine», J. — Oppermann (Portefeuille det madiàa, 1858, 1859,1872,1876). —Fliegner. Théorie des turbines * réaction {DeuUcher Ingemeure, 1878, p. 450). — Lehnunn. Théorie des turbines {ibidem, XXlil, 31). — Lehmun. Turbine Girard ((ii<iei7i, XXV,3S8). — Seemann. Essai d'une turbine ((((rfein. XXTI, 301). — Redtenbacber. Théorie und Bau der Turbinen mit Taffeln. — Alterberg. Tbeorj for Turbine Waterwheels (Van fioitrand. Engineering Magazine, févi'icrlSSS).

— Towbridge. Turbine Wlierit, Van ?<ottrand, New- York, 1879. — Donaldson. WalerxheeU. Spon, Londres. — Cullen. Horizontal and vertical Watencheeli, Spon, Londres.

— Gmenon, Tetting of Waterifheelt and Machinery. Weaver Sprînglield, Ohio. — Fnmcit. Leœl and hydravlici Experimentt. Van Nostrand. — Glyun. The Power of iFoIff, Lockwood, Londres. — Perry, Fluid molort, Gassell, Lotidree. — Tumbull. On naienrheebind Turbines {Traniactioni of Initilulitin of Engineert andShipbaitdert

DISPOSITIFS FONDAIHENTAIIX

189 — Dans toute turbine, on peut distinguer deux parties essentielles : le distributeur et le récepteur proprement dit. Le premier consiste en une couronne, généralement symétrique sur toute sa circonférence (*), le long de laquelle des contre-aubes fixes subdivisent la masse liquide en courants partiels, qu'elles dirigent vers des compartiments analogues du récepteur. Celui-ci, toujours symétrique, est lui-même cloisonné par une série d'aubes mobileSy destinées à dévier les filets pendant leur traversée, de manière à leur attribuer, à la sortie, une vitesse relative sensiblement égale et opposée à celle d'entraînement, conformément au principe des appareils à réaction (n** 151).

Nous baserons sur la forme des aubes une classification des turbines. Dans une première catégorie, les trajectoires liquides peuvent ôtrc considérées comme situées sur des cylindres concentriques, de manière que la distance à l'axe reste invariable. Nous les appellerons i\xT\À\x&& parallèles. Dans les autres, le mouvement n'a plus de composante parallèle à l'axe, et s'effectue dans un plan de section droite. Si le rayon va en augmentant, on obtient les turbines cenlrifuges, et, quand il diminue progressivement, les turbines centripètes. Nous réunirons, sous les noms de turbines mixtes et de turbines composées^ certains types dans lesquels plusieurs des caractères précédents se trouvent réunis.

in Scotland, 19 décembre 1882. — Efficiency of Turbines as afTected by Form of Gale [American Machinist, 23 décembre 1882, p. 6). — Turbines for small Industries [Sciaili fie American Supplément^ 14 avril 1885, p. 6056).

(*) On rencontre, sous ce rapport, quelques exceptions. La turbine rurale de Gaiison n'est alimentée que par deux points diamétralement opposés (Bonnet. Étude sm* la turbine Canson, 1870, in-8®. — Armengaud. Traité des moteurs hydrauliques^ p. 412).

La roue à injection extérieure de Poncelet ne diffère pas de la roue verticale de même nom, que l'on aurait, par la pensée, coucbée sur le côté. On alimente en un seul point de la circonférence, au moyen d'un coursier latéral, et Teau s'échappe par le centre en traversant la couronne de part en part, au lieu de prendre le mouvemenl alternatif qui est caractéristique de la roue en dessous à aubes courbes (Résal. Traiié de mécanique générale ^ IV, 46).

■ Turbine$ parallèlex {'). — Type Fontaine. — Le corps

Fig. tl7. — Tarbinp Fontaine {coupa Terlicale).

delà turbine Fontaine (fig. 1 17) est relié à un arbre creux, à l'aide d'un système de bras, ou d'une cuvette continue qui présente l'avantage de moins brasser le liquide, si l'appareil est noyé. Ce fourreau coiffe, à sa partie supérieure, le sommet d'une colonne immobile. 11 repose sur cette crapaudine au moyen d'un pivot ('). Le liquide traverse le ré-

CITurbiaes Bourgeois, Burdin, Euler, Girard, T>kL

(*) On peut employer aTiaUgcusemeot le pitol i tchelaat, qui permet de répartir, sous la roroM de CDuroanes superposiics, une surface

d'appui ■Dssi grande que l'on voudra, en vue de soulager le métal, tout en conservnni, poar les rraitemeniB, de* bras de levier sensiblement moindres qu'avec un disque unique.

283 MOTEURS HIDRAULIQUES.

cepteur de haut en bas. Les aubes ont la forme de conoïdcs droits, décrits par une génératrice horizontale, qui s'élèverait en s'appuyant à la fois sur l'axe vertical et sur des courbes directrices tracées sur un cylindre de révolution. La ligure 118 représente les transformées de ces lignes, obtenues par le développement du cylindre. Le rendement des turbines Fontaine ne dépasse guère 0,70 en pleine marche.

IM — Turbines centrifuges (') . — Type Foumeyron. — Un aie vertical (fig. H9, 120, 121) porte, par son pivot, sur une crapau-

fig. 119. — Turbipe Founie}roa coupe ïerUeale}-

dine. Celle-ci est recouverte d'une cloche, que l'on maintient pleine d'huile dans le but de réaliser un graissage continu. Pour com-

(') Turbines Boïden, Canson, DuforI, Koster. Hsgel et Kaemp, Shiele, Treni.

penser les perles, on y refoule le corps gras au moyen d'une petite pompe actionnée par le récepteur tui-méme, ou en se servant de la simple pression hydrostatique d'un tube, lequel devra être plus élevé que le niveau du bief d'aval, aûn de tenir compte de la dilTérence des densités. L'arbre moteur porte, à l'aide d'un système de bras ou d'une cuveltc complète, le corps de la turbine. Un luyau porte- fond enveloppe l'axe vertical et supporte , comme . l'indique son nom, le fond du distributeur; celui-ci présente une série de cylindres verticaux formant les contre-aubes direc-

trices. La roue elle-même a ses deux fonds, supérieur et inférieur, réunis par des aubes cylindriques. La section du puits d'amenée doit être au moins quadruple du débouché offert par le récepteur. Le rendement de la turbine Fourneyron atteint souvent 0,80 ; mais il s'abaisse rapidement lorsque le débit se réduit d'une mani^ notable, pendant les basses eaux.

IM — TurHneè centripètes ('). — Type Thomson. — La tur-

(■) Tuitiaes neti, HaoConoeU (fig. 135), Stoui Hills et Temple.

DcQEur. Turbines cenUipèles [Bulletin de la Hoeiélé iTencouragement pour rindat-

bine vortex du professeur James Thomson (') réalise, en Amérique, le type centripète, depuis une trentaine d'années. L'eau est amenée (ûg. 122) par le conduit A dans la couronne B, et pénètre, à travers les passages C, à l'intérieur de la roue D. Elle est ensuite évacuée par l'intervalle E. à la fois vers le haut et vers le bas. Des becs mobiles jouent ù charnière sur les extrémités des directrices, auxquelles

f'\f. lis. — Turbine Tbomion (coupe Terlicale).

ils servent de partie terminale, variable à volonté. Tous ces becs, solidaires entre eux, sont manœuvres à t'aide de l'arbre F, (lo manière à modifier arbitrairement la section offerte au courant. La crapaudine G en bronze, graissée par une rainure de l'arbi-e H, tourne sur un pivot d'acier.

Le rendement de la turbine Thomson a été évalué par M. Emerson à 0,80.

trie nalioluile.jaia 1877, p. 272. — Knnkine. JHiinuc' de ta mafkine à vapeur el dn autre» moleara. — Engineering, 10 décembre 1880 et îi norembre 1882. — Iran, 27 oclobre 1882. — Richard (ta liimifre élecirique, jsnïier 1883, p. 139). ('] James Tliompson. Complo rendu» de la réunion de V Attociation Britannique de

Le système centripète, dont la première idée paraît due 5 Poncelet, présente l'avantage de diminuer le tourbillonnement de l'eau à sa sortie, en la mettant en contact avec la partie de l'appareil qui est animée de la moindre vitesse de giration. En outre, le récepteur acquiert, dans une certaine mesure, la propriété de régulariser lui-même son allure. Si, en effet, par une diminution subite des

Fig. 123. — Turbine centripète Mac-ConneU (coupe horizontale).

lêsislances, il a tendance à s'emporter, la force centrifuge s'accroît comme le carré de la vitesse de rotation, et ralentit le mouvement de l'eau vers te centre, d'une manière plus marquée qu'auparavant. La pression exercée sur les aubes se trouve donc diminuée, et par suite aussi le travail transmis. L'inverse se produira pour un accroissement des résistances. Dans les turbines centrifuges, cette faculté de régularisation se trouve, au contraire, remplacée par une aggravation des irrégularités.

t93 — Turbines mixtes ('). — Type Risdon. — Les turbines

(') Turbines Alcott, Burnhain, Gornick {turbine Hercule), Houston, Pery et Taylor, Soccess, Swain, Taif, Tyler, Victor, Wemple.

mixtes présentent les dispositifs les plus variables. L'écoulement y cst le plus souvent centripète, mais avec une composante parallèle à l'axe, et il en résulte, pour les aubes, des courbures compliquées.

Dans la turbine Risdon, l'eau est amenée par les directrices A (tig. 124, 125) sur les aubes dont le premier élément 6 se présente

(lue perspoctlTe).

presque radialement. A partir de ce point, une double courbure entraîne le liquide dans la profondeur, et il sort en G presque tangentiellement au mouvement de rotation. Celte disposition a pour but d'éviter les engorgements.

Le rendement de la turbine Risdon atteint, d'après M. Emerson. 0,85 et aurait même dépassé 0,90 (').

(*) Il conTÎent sans doute d'apporler cei'Uîncs réserves daus l'enregistremeot des brillanis rendements des turbines américaines, si l'on vout les rappiiKlicr de celles de l'ancien continent. En effet, si l'on comjiare les formules de jaugeage de Francis, souveut cni])lo;i!es aux Éiats-Vnis, avec celles de l'oacclet et Lcsbros, qui sonl adoptées ca

194 — Turbines composées. — Type Leffel. — Nous distinguerons à part, sous le nom de turbines composées ('), des appareib dans lesquels les trois combinaisons fondamentales, au lieu de s'amalgamer d'une manière plus ou moins confuse, conservent tcur individualité dans un dispositif qui est, en quelque sorte, constitué par la juxtaposition de deux dispositifs simples.

Fie. 1^' — Turbioe Lerrei;(élévatioi>).

La turbine Leffel (') peut servir de type à cet égard (fig. 126). On y voit deux roues venues de fonte ensemble. Dans la première, une moitié du débit agit suivant le mode parallèle, et, dans l'autre, la seconde moitié présente le fonctionnement centripète. On renferme ordinairement cet ensemble (fig. 127) dans une enveloppe

France, ou reconnaît ta oécessiU de correclions qui pcucent atteindre, dans certains eu, 30 pour tOO. On «errait ainsi des i-endemenls dépassant 0,00 (omLer au-dessous de O.ï.'i [tUdurd. La iumiire flictrique. 1SS3, p. 402).

(') Turbines Blaclislo ne, Walsli.

n »■ James Leffel de SprineGeld (Ohio] annonce avoir liïré plus de 10 OOO de ces ■ppareii!, reprcsenlant une force totale qui approche de 500000 clievaui. Celte énonùatioa permet de te Taire une idée de l'ùnonne dévelop|>cniciit qu'a piis, aui Élalsnnit. la force bjdrauliqne sous la (orme des nouvelles turbines.

S88 MOTEUKS UYDRAULIOVES.

sphérique en fonte (Globe caging), munie de deux regards pour faciliter la surveillance, et d'un trou d'homme avec autoclave pour les réparations.

Fig. lîî. — Turbiite Leffcl (enveloppe sphériquel.

Le rendement de la turbine LefTel parait varier, suivant les circonstances, entre 0,65 et 0,80.

n*DES D'INSTALLATION

19E> — Lorsque l'on a fait choix de l'un quelconque des types précédents, il reste à fixer son mode d'installation, ce qui comporte encore un grand nombre de solutions distinctes.

L'emplacement le plus simple en principe, mais non le plus avan-

TURBINES. -i^f)

lagcux, consiste à disposer la turbine à (leur d'eau par rapport au bief d'aval. On perd alors, par cette cascade, une partie delà chute pendant les sécheresses, tandis que la turbine patouille au moment des crues.

On préfêre, pour éviter ces inégalités, le type noyé, dans lequel le récepteur tourne sous l'eau, et môme sous la glace en hiver, tandis qu'il se (louvcrait alors paralysé par la congélation, avec

fig. IJS. — Turbine hydropntumatique Glnixl-Callon.

le mode précédent. Il est inutile d'avertir que l'on ne saurait altendre, dece genre d'emplacement, un supplément de hauteur de chute. On peut bien, il est vrai, considérer lu hauteur motrice comme accrue de loule la profondeur de l'installation en contrebas; mais, en même temps, la contre-pression qui s'oppose à la sortie du liquide n'est plus alors limitée à la pression atmosphérique. 11 s'y ajoute, par compensation, cette même hauteur d'eau. Son influence disparaît donc ea théorie; mais on sait bien qu'en

300 MOTEURS HYDfiAULlQllËS.

réalité loute complication se traduit inévitablement par une a^ravation des résistances passives.

t'Lg. Ii9. — Turbine suspendue Icoape vcrlkale).

L'une des plus importantes provient de ce que la rotation de la i-oHC au sein du bief inférieur entrelient celui-ci dans un état de tourbillonnement très favorable à la déperdition du la force vive.

l'our remédier à cet inconvénient, Girard a introduit le système byâropneumatique, dans lequel Iq turbine, bien qu'installée en conlre-bas du bief inférieur, reste cependant dégagée du contact du liquide (fig. 128). Elle se trouve, en efîet, sous une cloche remplie d'air comprimé, à une tension supplémentaire marquée par cette buteur d'eau. Cet air, à la vérité, ne larderait pas à disparaître par dissolution ou par entraînement mécanique; mais on a soin d'entretenir son approvisionnement à l'aide d'une petite pompe foulanle. qui est actionnée par la turbine elle-même.

En partant d'un point de vue diamétralement oppose, Jonval a rréé le type suspendu, souvent appelé turbine Kœcklin ('). La roue est alors située dans une sorte de tour ou de puits métallique, à un niveau intermédiaire entre les deux biefs (fig. 129). 11 est bien clair que l'on ne perd pas, pour cela, toute la parlie de la chute qui se trouve au-dessous du récepteur. On peut encore, comme dans le cas précédent, admettre que la hauteur motrice se trouve effectivement diminuée de cette portion: mais, en revanche, au lieu de la pression barométrique, on n'a plus, pour s'opposer à la sortie de l'eau, que cette même tension diminuée de la dépression qui est provoquée par la suspension <lcla masse liquide au-dessus du niveau inférieur.

L'avantage de cette disposiliun ronsiste dans les facilili's qu'elle procure pour les réparations. Il suffit, à cet ''gard , de fermer la vanne en laissant tout passer au déversoir, et l'on peut alors

aborder la turbine par des- ^^ .y,. -Turbin. i.Lphoo(*ié.viion).

sus et par dessous.

Le type à siphon (') est destiné, avec les très faibles chutes, à re-

';Uaul£. Surun pcrrectioDHement applicable ù la lurbino Jonval {Coiuptetreiidutde firadémU éateiencet, 9 avril 1883, p. 1031).

■'j Girard. flialUalion de Ire» grandi tiphimi. — Ai-niecigaud. Turbine de Hoisiel VUfkolioH indmtrittle, l. ÏXIl), — Oiipercnaiiii. TiHbiue de Genève [Portefeuille iet madùnet, 1873).

lever l'eau pouren améliorer la distribution (fig. 150). C'est encore une disposition qui, camme les précédentes, ne saurait théori(|uement ajouter ni perdre quant à la hauteur motrice effective. Elli^ permet seulement d'utiliser des chutes excessivement réduites, telles que O^.SO.

Le type à sous-pression do Cadiat (') admet l'eau en cliarçc sous une cuvette renversée, dans le hut de soulager les supports par cette pression ascendante. On a employé, dans le môme ordre d'idées, un effet dynamique de refoulement, en prélevant la puissance nécessaire sur celle du récepteur; ou, inversement, une succion

(') Armengaud. Traité det moleuri hydrautiquei, \i. Ô03.

OU dépression exercée au-dessus de la surface supérieure. Un résultat analogue se trouve encore réalisé dans la turbine Nagel et Kaemp(*), dont l'admission se fait par-dessous, de manière à alléger le pivot. Ce dispositif se prête, en même temps, à l'utilisation de chutes aussi minimes que l'on voudra. On est ainsi descendu jusqu'à 0",15.

Le type à axe horizontal (flg. 131), le type à axe incliné^ rarement employés , l'ont été cependant quelquefois , en vue de convenances spéciales pour la transmission du mouvement (*). La rouehélice de Girard, installée dans ces conditions à l'usine de Noisiel, a 6 mètres de diamètre, 1 mètre de chute, une vitesse de 15 tours par minute et une force de 1 80 chevaux (*) .

¥AN!VJtC!E

196 — Généralités» — 11 serait impossible de régler avec précision le régime d'une turbine, si Ton ne possédait un moyen d'y tenir compte des variations qu'éprouve le débit du cours d'eau. C'est ce que Ton appelle le vannage, et il en existe plusieurs sortes (*).

L'équation de continuité :

Q = Qv,

lorsque le premier membre vient à changer de valeur, exige que lun au moins des facteurs û ou r se modifie corrélativement. Il est

V Richard {la Lumière électrique, 1883, p. 454).

1*, Girard {Turbine à axe horizontal et à libre déviation, 4863). — Turbine Bell la Jlature, 4883, p. 83). — Meunier [Portefeuille économique des machinée, 2" série, t. Vni, p. 150).

i'j Richard (la Lumière électrique, janvier 1883, p. 43). — Oppermann [Portefeuille det machines, 1858 et 1868).

[*) La plupart du temps, le vannage est manœuvré à la main. S'il prend beaucoup d'importance et exige trop de force, on le commande au moyen d'une petite turbine spéciale, que Ton engage au moment voulu.

inutile, pour plus de simplicité, de les faire varier à la fois tous les deux. Or nous avons tout intérêt à laisser v constant. En effet, le bon fonctionnement de l'appareil réclamera, comme nous en avons eu déjà tant d'exemples (*), une certaine vitesse spéciale que la théorie nous fera connaître. C'est, par suite, le facteur û qu'il convient, de préférence à v, de rendre variable à volonté; c'est-à-dire la section totale offerte à l'écoulement du cours d'eau.

Ceci même peut se faire suivant deux modes distincts. On peut donner au distributeur, soit un nombre constant d'orifices variables, soit un nombre variable d'orifices constants. Avec le premier système, le vannage s'abaisse dans son ensemble, de manière à diminuer à volonté la section vive de toutes les aubes également. Pour l'autre, des organes indépendants ouvrent en grand, ou ferment complètement f un nombre arbitraire de ces orifices. Ce nombre est toujours pair; car on s'attache, en vue de conserver la symétrie de la distribution, à procéder par couples d'aubes diamétralement opposées.

Il est facile de comprendre que ce dernier mode est préférable au précédent. En effet, une fois que l'un de ces débouchés a été constitué suivant toutes les règles , au point de vue de son meilleur fonctionnement, il agit ou il cesse d'agir, mais, quand il fonctionne, c'est toujours dans les mômes conditions. Au contraire, avec le premier système, les orifices sont dénaturés par le jeu variable du vannage, et les relations que l'on s'était attaché à établir entre leurs éléments se trouvent complètement troublées. Il se développe notamment, dans les anfractuosités ainsi produites, des remous qui déterminent une déperdition importante de force vive.

Pour ces motifs, on tend de plus en plus à s'en tenir aux vannes indépendantes ; mais alors une dernière précaution est encore nécessaire, pour conserver à ce système ses qualités, lorsque le récepteur doit être installé au-dessous du plan d'eau inférieur. Si, en effet, il se trouve directement noyé au sein de l'eau du bief, il se produit dans ce milieu un trouble très fâcheux. Au moment où une aube ouverte est amenée par la rotation dans un certain plan méridien,

(») Voy. les équations 77, 82, 87, 91, 95.

l'ticoulement refoule le liquide environnant, et détermine un courant dans cette direction. Une aube fermée venant à lui succéder, l'alimenlation cesse brusquement. Le liquide déjà en mouvement lendrail à s'éloigner encore en raison de la vitesse acquise; mais il sera promptement ramené en arrière par le jeu des pressions, et tout juste pour recevoir le choc d'un nouveau jet fourni par une aube libre, que la rotation amène dans le plan en question. De ià une eilréme agilation et un ensemble tumultueux de mouvements désorilonnés, absolument contraires à un bon régime. Si l'on suppose, au contraire, que le fonctionnement ait lieu dans l'air, il s'y produira assurément des effets du même genre, mais ils n'affecteront qu'un fluide d'une densité incomparablement moindre, et d'une constitution élastique, de telle sorte que, pour cette double raison, les chocs y perdront toute importance. La conclusion qui ressort de ces explications est donc que le système des vannes indépendantes, pour les turbines noyées, exige, comme corollaire indispensable, huv hydropneumatisation (n* 195).

Page 1